Suppression de la « Contribution au développement » : Mines, nouvelle fuite en avant de Kabwelulu

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Deux membres du gouvernement sont en train de s’agiter terriblement depuis l’annonce, par le cabinet du Chef de l’Etat, de la décision de la « très haute hiérarchie » suspendant tout recrutement, toute mise en place et toute sortie des fonds non liée aux charges du personnel au niveau des cabinets ministériels, services et établissements publics. Il s’agit du ministre des Mines et de son collègue de la Fonction Publique. Pendant que le premier est occupé à rapporter tous les arrêtés signés dans la précipitation, à la veille de l’investiture du nouveau Président de la République voire le jour même de son entrée en fonctions, le second s’évertue à solliciter une dérogation de la présidence de la République pour la mise en œuvre de ses arrêtés relatifs à la mise en place des Secrétaires généraux et de nouvelles unités.

S’agissant singulièrement du ministre Martin Kabwelulu des Mines, après avoir signé puis annulé les arrêtés portant nomination de nouveaux membres du Conseil d’Administration du CEEC (Conseil d’Expertise et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses), il vient de se mettre de nouveau en évidence en annulant son arrêté de juillet 2012 imposant une taxe spéciale aux opérateurs miniers basés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema, sous prétexte de mettre à la disposition de leurs gouverneurs des fonds nécessaires au financement des projets de leur développement.

En somme, l’initiative était louable, compte tenu de la précarité des trésoreries des provinces mais aussi de la spécificité de celles du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema, grands réservoirs des produits miniers. Ce qui cloche dans la démarche du ministre des Mines, c’est la fuite en avant qu’il vient d’amorcer pour certainement ne pas se mettre, une fois de plus, en porte-à-faux par rapport à l’instruction présidentielle relative au gel des opérations de recrutement, mise en place et sortie des fonds publics.

La question qui se pose présentement est de savoir combien des millions de francs congolais et dollars sont entrés dans les caisses des trois provinces précitées de 2012 à 2019 et à quoi a servi cet argent. Puisque la taxe intitulée « Contribution au développement » avait été instituée pour développer le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema grâce aux royalties des mines, c’est le lieu d’exiger non seulement du ministre Kabwelulu mais aussi des gouverneurs de ces trois provinces le bilan des projets financés dans le domaine des infrastructures agricoles, routières, sanitaires, scolaires, culturelles, sportives et autres.

Martin Kabwelulu ne peut, comme par un coup d’épée magique, « effacer le tableau » et prétendre qu’il n’a aucun compte à rendre aux compatriotes du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema, qui sont tout étonnés d’apprendre qu’il a existé, pendant sept ans, des fonds spéciaux destinés à les sortir de la pauvreté. En tous cas, ceux qui ont transformés la « Contribution au développement » en mangeoire individuelle devraient être interpellés, audités et, au besoin, traduits devant les instances judiciaires. Ils n’ont décidément pas tort, ces compatriotes qui exigent la tenue des Etats généraux du Portefeuille de la République en ce début de mandat de Félix Tshisekedi. L’évasion de 15 à 20 milliards de dollars américains par an évoqué par le nouveau Chef de l’Etat dans son discours d’investiture pourrait y trouver un début d’explication.                                                                                       Kimp

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