Suite aux divergences profondes entre les deux familles politiques : CENI : Impossible indépendance !

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 Il fallait s’y attendre ! Les deux camps antagonistes, à savoir la majorité et l’opposition parlementaire, ne pouvaient pas s’entendre sur la liste des candidats devant composer le bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Déjà lors des débats en plénière sur l’examen de la loi y afférente, les divergences profondes avaient éclaté au grand jour, surtout au niveau du Sénat, mais comme d’habitude la majorité mécanique est parvenue à enlever le challenge et nous voilà avec une loi qui présente les signes évidents de sa propre mort programmée d’avance. Comme disaient les Latins, « in cauda venenum », autrement dit le venin se trouve dans la queue.           

Divergences profondes ! 

            Tout d’abord, les critères soit disant objectifs de sélection avaient péché par leur naïveté, notamment le principe de l’indépendance vis-à-vis des partis politiques. Alors que la même loi avait accordé la part du lion aux partis politiques quant à la désignation des candidats. Croyait-on que les partis politiques allaient porter leur choix sur des gens sortis de la planète Mars ?

 C’est à ce niveau que les violons ne se sont pas du tout accordés entre les deux camps. Une fois finie l’éphorie de la désignation des candidats dans chacun des camps, les mêmes divergences ont apparu au grand jour et c’est le début des contestations réciproques. Chaque camp accuse l’autre d’avoir porté son choix sur des candidats affichant ouvertement leurs couleurs politiques. Que faut-il faire alors? Va-t-on revisiter une loi qui n’a pas encore connu un début d’application ? Va-t-on prendre le taureau par les cornes en procédant à l’annulation pure et simple de cette loi ? 

Mauvais souvenir  de la CEI ?        

            Si à l’époque de la CEI, d’aucuns avaient dénoncé l’abbé Malumalu  comme un ancien membre influent d’un bureau d’études de la présidence de la République, le Pasteur Daniel MULUNDA est accusé d’être plus kabiliste que Kabila lui-même. Pire, dans certains milieux, il semble que son nom aurait figuré sur la liste des membres fondateurs du PPRD. Et qu’il est toujours dans le pré carré du Raïs qui ne se gêne pas de lui confier certaines misions délicates et confidentielles. Voilà la dernière cartouche que l’opposition garde dans sa gibecière comme moyen de chantage sur la majorité pour imposer ses candidats ; a-t-on indiqué.

            On vient d’apprendre que le candidat du PALU Matthieu PITA,  a jeté l’éponge pour permettre à son parti de se choisir un autre candidat. Mais à ce stade des débats, quelle gage d’indépendance l’autre candidat que le PALU choisirait pourrait-il présenter ?         C’est le cas du professeur NDJOLI apparenté MLC, de l’honorable NDAYE crédité proche de Roger LUMBALA et enfin de Kankonde qui a le malheur d’être ressortissant de la même province que NDAYE.

            Des remous consécutifs à la désignation des candidats de l’opposition  ont été à la base des déchirements additionnels suivis des humiliations à l’endroit de l’opposition non parlementaire plus particulièrement au niveau de l’UDPS dont le rejet de la candidature du propre fils du président national. 

L’opposition victime de ses propres turpitudes  

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. L’opposition parlementaire paie le prix de ses contradictions sempiternelles. ON rappelle qu’à Sun City, l’opposition avait été considérée pour un enfant pauvre dans la mesure où elle s’était présentée en ordre dispersé au motif qu’elle était plurielle. Ainsi, faute d’un chef charismatique face aux mouvements politico-militaires très soudés et disciplinés, l’opposition s’est retrouvée reléguée au dernier rang ou confinée dans le rôle ingrat de souffle-douleur ou de marchepied des seigneurs de guerre. La moisson avait été maigre et ingrate pour ce camp qui pouvait s’enorgueillir d’avoir les mains propres face à ceux-là qui sont aujourd’hui épinglés dans le Rapport Mapping de l’ONU. Aujourd’hui, elle récolte le fruit de se turpitudes, car elle s’est montrée incapable de se choisir un chef pour jouer le rôle de modérateur en cas de malentendu. 

Recours aux confessions traditionnelles    

            Aux yeux de nombreux observateurs, il serait sage de faire appel aux confessions traditionnelles, notamment l’Eglise catholique, l’Eglise Protestante, les Musulmans et enfin les Kimbanguistes. Au moyen de critères objectifs au niveau du cursus universitaire, notamment l’obligation de présenter un diplôme de licence en Théologie et de faire preuve d’une bonne moralité, chacune de ses quatre églises pourrait choisir des candidats au regard de son poids dans la société Congolaise. Comme les catholiques constituent 75 % des congolais, ils pourraient obtenir quatre sièges suivis des protestants avec trois sièges, les kimbanguistes avec deux sièges et les musulmans se contenteraient d’un siège. Donc au total dix sièges pour le bureau de la CENI composé cette fois par des gens qui n’appartiennent à aucun parti politique. Et toute la société congolaise se retrouverait représentée par des personnalités affichant une indépendance vis-à-vis des partis politiques. 

                                       F.M.                       

 

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