La souveraineté nationale a montré ses limites

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Plus d’un Congolais a tiqué hier en entendant le président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) citer les diplomates accrédités à Kinshasa dans le lot des personnalités qu’il a rencontrées pour échanger autour du report des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales. Dans quel but a-t-il pris langue avec des représentants de la communauté internationale, dans un problème strictement interne à la République Démocratique du Congolais ?

La Ceni avait-elle besoin, avant de décider du report des élections, des avis des diplomates étrangers, dont beaucoup se sont illustrés, ces derniers mois, par des ingérences caractérisées dans les affaires internes congolaises ? On peut citer, dans ce créneau, l’exigence du respect de l’Accord global et inclusif, les mises en garde au Chef de l’Etat de ne pas rempiler pour un 3me mandat, les violences préélectorales, les sanctions financières et consulaires contre des personnalités congolaises jugées coupables du blocage du processus électoral et d’atteinte aux droits de l’homme en période électorale, etc.

Tout au long de l’année 2018, l’opinion publique était fatiguée de compter les invectives du pouvoir en place à Kinshasa contre les Nations Unies et l’Union Européenne, avec en point de mire les USA, la France et la Belgique, perçues comme des puissances tutélaires d’une colonie appelée RDC, pourtant indépendante depuis 1960. Certains Etats, comme la Belgique, étaient machinalement accusés d’être nostalgiques de l’époque coloniale, où tout ce qui concernait l’avenir du Congo et des Congolais était décidé à partir de Bruxelles.

En recherchant la caution de la communauté internationale pour le report des élections, qu’est-ce qui était recherché par les hommes au pouvoir à Kinshasa ? N’est-ce pas son adhésion à une décision visiblement mal tombée au regard de l’excès d’optimisme affiché par le président de la CENI et les autorités congolaises quant au respect strict de la date-butoir du 23 décembre 2018. En associant les représentants de la communauté des Nations à la prolongation de 7 jours, l’effet attendu ne peut être que leur indulgence face à ce couac électoral.

Kimp

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