Soutenance de thèse a l’Unikin : le Dr Malemba Kabasele Muboyayi admis dans le cercle fermé des agrégés de l’enseignement supérieur

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unikinLe corps professoral de l’Université de Kinshasa vient d’accroître ses rangs depuis le samedi 18 janvier 2014 avec l’entrée dans ce cercle très fermé du professeur Malemba Kabasele Muboyayi. Médecin spécialiste en médecine interne (avec option pour la rhumatologie) et chef de travaux à la faculté de médecine de l’UNIKIN, le récipiendaire a obtenu le grade d’agrégé de l’enseignement supérieur à la suite d’une thèse défendue avec brio dans la salle du sénat académique Maurice Louis Plevoets de l’Université de. Kinshasa. Intitulé  «La polyarthrite rhumatoïde à Kinshasa: profil épidémiologique, phénotypique et immunogénétique», cette thèse rapporte des travaux qui ont été menés à Kinshasa, tant dans la communauté qu’aux Cliniques Universitaires de Kinshasa, entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2010.

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie cosmopolite avec une prévalence mondiale d’environ 1%. Elle touche toutes les races et les femmes sont les personnes les plus concernées. Dans les pays occidentaux, cette maladie est un véritable problème de santé publique.

            En Afrique subsaharienne, très peu d’études ont été réalisées sur l’épidémiologie, la clinique et  surtout sur l’impact socio-économique de la maladie. Pour souligner le caractère original de sa thèse, Jean-Jacques Malemba Kabasele Muboyayi a soutenu qu’en RDC, les études réalisées  auparavant avaient porté uniquement sur les maladies rhumatismales et ne s’étaient donc pas appesanties sur la polyarthrite rhumatoïde, laissant ainsi ouverte la question relative à la situation de cette maladie. C’est pour rejoindre cette préoccupation que l’auteur de l’étude s’est soumis à plusieurs interrogations, notamment, celles de savoir quels étaient la fréquence de la polyarthrite rhumatoïde, non seulement à Kinshasa mais sur l’ensemble de la République. Il s’agissait aussi d’évaluer  son niveau réel de sévérité parmi les patients, son profil évolutif et les facteurs qui déterminaient la fréquence et l’expression clinique dans le milieu kinois.

            Les hypothèses posées étaient que la polyarthrite rhumatoïde à Kinshasa était rare, que son tableau clinique était peu sévère et que les facteurs génétiques de prédisposition étaient peu fréquents dans la population congolaise. Il pourrait même exister dans l’environnement kinois des facteurs qui protègent la population congolaise contre la polyarthrite rhumatoïde, particulièrement de ses formes  sévères. Le travail de Jean-Jacques Malemba Kabasele Muboyayi a donc consisté à déterminer le profil épidémiologique de la maladie, son profil clinico-radiologique ainsi que ses aspects immunogénétiques dans la ville de Kinshasa.

             Pour cela, il a été question de déterminer la fréquence de la  polyarthrite rhumatoïde à Kinshasa, évaluer sa sévérité clinique et radiologique auprès des patients, son profil immunogénétique, rechercher l’association entre le statut épidémiologique des malades et le phénotype qu’il présente et évaluer le profil évolutif de cette infection chez les malades.

            Cinq quartiers ont été tirés au hasard. Il s’agit de Cité Verte à Selembao, Dondo à Matete, Kauka II, Libulu à Barumbu et Mama Yemo à Binza Ozone. Et dans chaque aire de santé, des rues ont été tirées au hasard également et des enquêteurs ont fait le porte à porte, s’attachant a chaque rencontre à n’interroger que les personnes se plaignant des douleurs articulaires.

            Après enquête, il s’est révélé une prévalence de la maladie de l’ordre de 0,9%. Celle-ci était plus élevée chez les femmes que les hommes, ainsi que chez les sujets âgés d’au moins cinquante ans. Et du point de vue appartenance linguistique, il a été constaté que le groupe linguistique Kongo était le plus touché.

            Au regard des données récoltées, il y a lieu d’affirmer que cette maladie n’est pas plus rare à Kinshasa qu’en Occident. Le chercheur note, au plan du profil radio-clinique, l’arrivée tardive des malades aux consultations, mais il prend soin de signaler que le tableau qu’ils présentent est peu sévère. Ce qui le conduit sur la piste des facteurs de protection et ici, il signale notamment la faible consommation des cigarettes chez les femmes considérées comme les principales cibles de cette maladie.

            Pour l’auteur de la thèse, le profil de la polyarthrite rhumatoïde dans le milieu kinois est moins évolutif, probablement en raison d’un profil génétique particulier.

            Soumis au feu roulant des questions des membres du jury où l’on notait la présence des professeurs ordinaires Punga (doyen de la faculté de médecine), René Westhovens (KUL, Belgique), Mokasa, Kayembe Ntumba, Nazaire Nseka  et Jean- Marie Mbuyi Muamba (tous de la faculté de médecine de l’Unikin), le récipiendaire a répondu aux préoccupations exprimées avant de donner une grande leçon publique au titre de seconde et dernière partie de l’examen.

    C’est a l’issue de cette leçon publique que le Jury s’est retiré pour la seconde fois pour délibérer à huis clos et proclamer, à son retour dans la salle, l’admission du Dr Jean-Jacques Malemba Kabasele Muboyayi dans les rangs des agrégés de l’enseignement supérieur. Les insignes de professeur d’université lui ont été remis à cette occasion et c’est le Recteur de l’Universite de Kinshasa en personne, le Pr Jean-Berchmans Labana Lasay’Abar qui lui a fait porter la toge d’enseignant de la première institution universitaire congolaise.

            Prenant la parole peu après son admission dans le cercle des professeurs, le Dr Malemba a dit toute son émotion d’avoir franchi une étape déterminante dans sa carrière. Il a remercié avec énormément de chaleur le Recteur et tous les membres du Comité de gestion de l’Unikin, les autorités de la faculté de médecine, les membres du corps professoral de la même faculté ainsi que les chefs des travaux, les assistants et le personnel infirmier. Il a adressé des remerciements particuliers aux professeurs René Westhovens et Jean-Marie Mbuyi Muamba respectivement co-promoteur et promoteur de sa thèse d’agrégation. Il a enfin remercié sa famille ainsi que ses amis.

            Le Pr Punga qui a pris la parole en second lieu a insisté sur l’importance du travail accompli et promis des conseils avisés au nouveau professeur. Il a invité ce dernier à toujours prendre pour modèle dans ses enseignements futurs la magistrale leçon publique qu’il venait de donner à l’occasion de la défense de sa thèse. C’est cela l’exemple à suivre et rien d’autre.

            Clôturant la série d’interventions, le Recteur Labana a tenu à souligner l’importance du travail de rajeunissement du corps professoral entrepris à l’Unikin et particulièrement à la faculté de médecine qu’il a présentée comme un modèle à suivre pour les autres facultés. Il a insisté sur le fait que les efforts fournis par l’Unikin doivent d’abord et avant tout profiter à cette université. Dispensez vos enseignements comme il se doit et dans les délais, au lieu de vous laisser distraire par les offres des universités périphériques, a-t-il conclu.

C’est sur ces mots que la cérémonie a pris fin.

 Yves Kadima

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