Sonas : Carole Agito A tient solidement la barre de direction

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Gérer une entreprise publique est une expérience exaltante mais, souvent, traumatisante. Une confidence.
” L’action dont je suis et serai toujours fière, aujourd’hui et demain, c’est de servir loyalement le pays, de sécuriser sans cesse son patrimoine à travers les polices d’assurance et de ne ménager aucun effort pour  que notre entreprise, la Sonas, répare dans les délais les préjudices subis par les tiers.” Cette profession de foi émane de Madame Carole Agito Amela, Administrateur directeur général a.i. de la Société nationale d’assurances. Ce credo, elle le proclame avec conviction. Presque avec passion.

L’une de rares femmes exerçant actuellement les fonctions de chef d’une entreprise publique, elle n’use pas de langue de bois. Notamment pour reconnaître que l’entreprise ” se porte relativement bien “, en raison de difficultés liées à la conjoncture. Les gros contribuables, essentie

llement les sociétés minières, ayant fermé au Katanga.
Cet argument n’empêche cependant pas l’ancienne diplômée de l’Institut supérieur de commerce de conduire l’entreprise vers sa transformation dans le cadre de la Réforme des entreprises décidée par le gouvernement. Contre un environnement pervers, la haute direction s’est organisée pour faire face au déficit financier créé. Elle a ainsi réussi à assainir ses finances en adoptant des comportements de gestion orthodoxe.

Pour sa crédibilité, la Sonas a renoué depuis 2009 avec sa mission fondamentale : indemniser régulièrement et correctement les victimes des sinistres subis ou causés par ses clients. Une innovation ! Bien mieux, Madame l’administrateur engage la Sonas à s’acquitter de ses obligations fiscales et parafiscales afin de participer à la reconstruction du pays.

Critères de performance

 Le ministre des Finances ne vient-il pas, en mai 2011, de féliciter l’entreprise, au travers de son numéro 1, pour avoir fourni ” des preuves de paiement représentant la totalité des assignations ” fixées par la Direction générale des impôts (DGI) ? Une première ! Le ministre estime, par ailleurs, que le respect par les mandataires des obligations fiscales des entreprises sous leur gestion ” devrait être un des critères de leurs performances “.
Nonobstant ces avancées, à l’intérieur comme à l’extérieur, il est de notoriété publique que, depuis sa création, la Sonas, comme beaucoup d’autres offices publics, était confrontée à la fronde de contribuables qui n’ont jamais adhéré à la culture de l’impôt. Ca commence à changer.
Autre volet à l’honneur : l’accent tout naturellement mis sur la rémunération des agents. La Sonas d’aujourd’hui considère ses collaborateurs, quels que soient leurs titres et grades, comme les vrais ” facteurs de production “. Et rémunère leur rendement.

Une ombre au tableau. L’exercice des plus hautes fonctions à la tête d’une entreprise qui charrie des scories n’est pas une sinécure. Carole en fait l’expérience depuis qu’elle en a pris la direction en août 2009. Cadres et agents avaient, dans le passé, imprimé leurs marques, leurs travers. Les systèmes qui prévalaient alors n’avaient rien d’engageant pour promettre une gestion transparente.
Les nostalgiques, les prédateurs font de la résistance. A moins d’être contraints, ils acceptent difficilement de se laisser arracher un beefsteak illicite. D’où des coups bas. Des colportages. Des campagnes de dénigrement.
C’est dans ce registre que s’inscrit une certaine agitation contre le numéro 1. Voici le dossier des agents faussaires. Ils ont remué ciel et terre pour se faire maintenir en service alors qu’ils sont passibles de peine pour faux et usage de faux.

Expérience exaltante

En effet, un contrôle des titres scolaires et académiques, initié de septembre à novembre 2010, a révélé que des 531 agents recrutés depuis 2006, seuls 374 détenaient des titres authentiques. Est-il rationnel de s’apitoyer sur le sort réservé aux faussaires ?
Un deuxième dossier sulfureux met en scène une brochette des directeurs, sous-directeurs, sous-chefs de service œuvrant tant à Kinshasa qu’en provinces. Convaincus d’indélicatesses financières (de 8 mille à plus de 200 000 dollars volatilisés et non justifiés), doublées pour quelques-uns de désertion de poste, ces cadres ne méritaient pas mieux qu’un licenciement. Avec ou sans préavis. L’administration de la Sonas a tranché dans le vif. Plus de place à l’impunité.
La lutte pour la bonne cause place la haute direction dans la ligne de mire des déstabilisateurs de tous poils. Par méchanceté. Tenez. Il y a eu plus de chaleur que de lumière dans l’affaire dite du renouvellement de la police 2010-2011 couvrant la flotte de l’aviation présidentielle ainsi que du yacht présidentiel. Arthur J. Gallagher Ltd, le réassureur londonien, ayant balayé la suspicion de détournement de deniers publics. Ce que voyant, la justice congolaise a classé l’affaire sans suite.

Les syndicats ? Le banc syndical bouge. Pour des raisons qui tiennent à son organisation interne, le Bureau de la délégation syndicale nationale Sonas tente, en ce mois de juin, de défenestrer son président. Les violons ne s’accordant pas entre les protagonistes, le ministère de l’Emploi et Travail intervient et entend aplanir le différend entre syndicalistes, dans l’intérêt de la Sonas.
Tout compte fait, gérer une entreprise publique est une expérience exaltante mais, souvent, traumatisante. Mais elle vaut le coût tant que le gestionnaire, moralement blindé, se met résolument au service du pays, de l’intérêt public. Telle semble la leçon que retient Carole Agito Amela.               B.C.

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