Sit in des jeunes médecins au  ministère du Budget : le Synamed renvoie la balle au gouvernement

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Bien qu’inscrit au Conseil de l’Ordre des Médecins où ils ont obtenu leur quitus pour exercer l’art de guérir en République Démocratique du Congo et dans le secteur public, beaucoup des jeunes médecins du secteur public ne sont pas payés par   l’Etat.

Autrement dit, ces jeunes médecins, sans matricule  de la fonction publique, qui se vante de travailler  pour le compte de l’Etat ne sont pas officiellement reconnus en tant que tels. Pour preuve, la direction de la paie du ministère du Budget ne leur  versent aucun franc à titre de salaire à la fin du mois, comme cela est le cas d’autres agents et fonctionnaires de l’Etat.  Ils presteraient alors illégalement et gratuitement.

Ainsi, lundi 10 août dernier, après  plusieurs  promesses non tenues par l’Etat et les démarches infructueuses menées par le Syndicat National des Médecins à cette fin,   près de 600 d’entre eux ont  fait une sortie bruyante dans la rue pour se faire entendre par les autorités.

Abandonnant malades, salles des soins, urgences et d’autres services,  ces frondeurs ont organisé un « sit in »  pacifique et inattendu devant le ministère du Budget,  situé sur le boulevard du 30 juin,  pour exprimer leur mécontentement et réclamer  leur mécanisation urgente afin de bénéficier eux aussi de tous les droits et avantages  reconnus aux agents et fonctionnaires  de l’Etat, dont le versement d’un salaire régulier pour service rendu. Car, dans ce lot, il y a des médecins qui attendent d’être régularisés depuis près de cinq ans. Ce groupe a alors profité de cette action spontanée  pour déposer un mémorandum au cabinet du ministre Bongongo. Bien que le contenu ne soit pas révélé à la presse, on croit savoir que  ce cahier de charges est un document de travail qui va permettre au ministre de résoudre cet épineux problème qui concerne la survie des gens.

Alors que les jeunes médecins disaient n’avoir plus confiance en leur syndicat dans ce dossier de mécanisation, le journal Le Phare pour raison d’équité, a joint au téléphone, Docteur Mankoy, son Secrétaire général, pour en avoir le cœur net. Dans sa réponse,  loin de fustiger l’action de ses jeunes confrères, celui-ci a déclaré qu’« ils ont bien compris que  le gouvernement refuse d’écouter les syndicats. La leçon des jeunes magistrats est bien comprise ».   Si à Kinshasa ces jeunes médecins non mécanisés ont réussi à donner de la voix publiquement, la situation reste malheureusement aussi préoccupante sur l’ensemble du pays, où  les autres qui y prestent dans les hôpitaux publics sont aussi sans salaires.  On ne peut pas jouer avec la santé de milliers des Congolais qui n’ont que ces hôpitaux publics pour se faire soigner.  Ne par régulariser la situation de ces nouvelles unités qui vivent dans la précarité, c’est mettre en péril à la fois leur carrière et leur vie de famille. Comment vont-ils continuer à travailler s’ils ne sont pas payés ? Comment vont-ils assurer la survie de leurs ménages ?  Autant des questions qui restent sans réponses.

Comme on peut bien s’en rendre compte, du point de vue des manifestants et celui de la centrale syndicale, la balle est visiblement dans le camp de l’Etat-employeur, qui doit remplir sa part de contrat.

VAN

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