Sindika Dokolo : «Aucun accord politique ne pourrait remettre en cause l’exigence sacrée pour le changement»

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Les lampions des premières assises nationales du mouvement citoyen ‘’Les Congolais Debout’’se sont éteints le samedi 30 novembre 2019 dans la salle des conférences du centre culturel Boboto. Placée sous le thème : « Engagement citoyen, Les Congolais Débout face aux défis et enjeux de l’heure », cette rencontre a permis aux membres venus de tous les coins du pays et de l’extérieur de faire une introspection pour une bonne projection sur l’avenir.

            A la clôture, l’initiateur de ce mouvement citoyen, Sindika Dokolo,  a lancé un message fort : «Le changement n’est pas négociable. Aucun accord politique ne pourrait remettre en cause l’exigence sacrée pour le changement ».

            Selon lui, après l’alternance démocratique intervenue au sommet de l’Etat, il est temps pour chaque citoyen de consolider les acquis de la démocratie.

Après avoir profondément réfléchi avec les membres de son mouvement, Sindika Dokolo a dévoilé les objectifs autour desquels la lutte citoyenne devra désormais s’articuler, notamment la sauvegarde des acquis démocratiques, et singulièrement le principe de l’alternance au pouvoir. « Il n’est plus possible qu’à travers des institutions peu rigoureuses ou instrumentalisées, notre Etat soit fragilisé à chaque fois que la respiration démocratique prévue par le constituant, le droit sacré de chaque citoyen de choisir librement et de manière crédible et à intervalles réguliers ses dirigeants, que ce principe soit battu en brèche ou soit remis en cause » a-t-il indiqué.

            En second lieu, son combat porte sur la promotion de la culture citoyenne via un travail de terrain, de sensibilisation, de formation et d’information des citoyens. « …Nous nous sommes bien rendu compte, à travers nos différents débats, que le Congo ne sera pas sauvé ni par un homme providentiel, ni par un petit groupe qui ne représenterait qu’une élite. Notre idée, c’est que ce n’est pas un bon leadership qui produit de bons citoyens mais c’est bien le contraire. C’est la qualité de citoyens et leur exigence qui déterminent la marge de manœuvre à la qualité de nos mandataires et de nos élus ». 

Le Congo n’est pas un gâteau à partager

            Sindika Dokolo a placé le curseur du troisième axe de son engagement citoyen sur la ‘’constitution d’une force de suivi’’. Et dans le cas d’espèce, le mouvement « Les Congolais debout » se veut une force de pression non violente destinée à garantir la mise en œuvre effective des réformes que le peuple congolais appelait de tous ses vœux lors des dernières élections.

            « Nous nous rendons compte, lorsque nous faisons le bilan, en tant que citoyen de l’histoire récente et même moins récente de notre pays, qu’à chaque fois que nous avons été dans des situations de blocage, plutôt que d’avoir une vraie réflexion commune, et le bon sens garanti par la légitimité et le consensus national, nous aboutissons toujours à des processus politiques qui sont des négociations en petits clubs fermés, qu’on appelle chez nous des dialogues et qui généralement accouchent de violations de la Constitution et de mise en place d’un système sur mesure pour continuer ce que les politiciens appellent souvent eux-mêmes, le partage du gâteau » a déploré Sindika Dokolo.

             Au niveau du quatrième axe du plan d’action de LCD, on note ‘’ la Construction d’un Etat de droit’’. Cela ne sera possible qu’en consolidant la justice et les institutions judiciaires. « Nous, Les Congolais Debout, nous sommes conscients qu’il n’y a pas d’avenir pour le Congo sans renforcement d’un Etat de droit. Et aujourd’hui, ce renforcement de l’Etat de droit passe notamment par une réforme de la Justice, afin que nous ayons un système judiciaire plus crédible, plus respectable, plus soucieux du droit et de la justice.

            Le travail, pour nous Les Congolais debout, n’est pas terminé. Ce nouveau cap requiert un engagement au quotidien de chacun de nous. Au niveau interne, notre mouvement fera l’objet d’une réorganisation structurelle afin d’améliorer l’efficacité de notre action », a-t-il fait savoir.

 Selon sa vision,  les Congolais d’ici comme d’ailleurs doivent se remettre en question, afin de comprendre d’où est venu le pays, et  pourquoi le mouvement citoyen « Les Congolais debout » a fonctionné, pendant deux ans, avec un  siège à l’étranger. Avec  l’avènement progressif d’un Etat de droit, a promis Sindika Dokolo, le siège sera bientôt installé en RDC. « La confiscation des libertés de notre expression et de nos réunions qui a marqué l’ancien régime, notamment le fameux glissement de triste mémoire, nous a obligé à fonctionner un peu d’une manière atypique, presque comme une organisation clandestine. Une partie d’entre nous étions en exil, une grande partie d’entre nous ont eu à subir les affres d’une justice télécommandée, d’autres enfin ont subi la torture, la prison», a-t-il rappelé.

 Il a par ailleurs relevé que lors des échanges, les participants ont particulièrement insisté sur la nécessité de réformer la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), ainsi que la Cour Constitutionnelle.

            Quant à l’avenir de ce mouvement, il est prévu le recrutement, dans les prochains jours, de nouveaux adhérents, la tenue des formations de renforcement des capacités des membres ; l’encadrement des jeunes, etc. « Tous ces aménagements importants vont concourir à la concrétisation des objectifs et de nos principes, dont le dénominateur commun est l’instauration d’un Etat de droit et la promotion d’un nouveau Congo, d’un Congo des valeurs, d’un Congo du cœur, d’un Congo de l’esprit et non pas seulement d’un Congo du ventre», a conclu Sindika Dokolo.Dorcas NSOMUE

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