Sicomines : le premier lingot tombe en octobre

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lingot-cuivreSauf imprévu, la Sicomines pourra produire son premier lingot de cuivre métallique au mois d’octobre prochain et non en 2017 comme programmé au moment du lancement de la Sicomines. Sun Rui Wen, DG de la Sicomines, a annoncé cette bonne nouvelle à un groupe d’invités spéciaux triés sur le volet du fait que leurs pays ou les organismes qu’ils représentent constituent les principaux partenaires au développement de la RDC.

Conduite par Moïse Ekanga Lushyma, Secrétaire Exécutif du Bureau de coordination et de Suivi du Programme sino-congolais (BCPSC), la délégation était notamment composée de Jean-Michel Dumond, ambassadeur de l’Union européenne, Jon Lambe, ambassadeur intérimaire du Royaume Uni, Wang Tong Qing, nouvel ambassadeur de Chine, Eric Madison, ministre conseiller à l’ambassade des Etats Unis, Stephane Doppagne, consul général de Belgique à Lubumbashi, Ndiaye Ahmadou Moustapha, chef des opérations de la Banque mondiale pour les deux Congo, Mme Priya Gajraj, directrice pays du PNUD – Programme des Nations Unies pour le Développement, Oscar Melhado, représentant résident du FMI.

Côté Gouvernement de la République, on a noté la présence de Antoine Boyamba, vice-ministre en charge des Congolais de l’étranger diplomates.

Selon Ekanga, cette visite d’information entrait dans un cadre de transparence et de redevabilité. «De la Sicomines, on en parle beaucoup mais peu saisissent réellement la portée de ce projet. L’objet de la présente visite est de toucher du doigt la réalité du projet à son stade actuel », a-t-il indiqué, en liminaire.

La visite a notamment permis aux invités de la Sicomines de se rendre compte que toutes les installations à même de fournir à la Sicomines un siège social digne de ce nom sont, à ce jour, déjà en place. Un personnel local évalué à 3.000 travailleurs représentant 75% de l’effectif sur le site d’exploitation a été légalement embauché et bénéficie sans cesse de nombreuses formations qui devraient lui permettre de remplacer petit à petit le personnel expatrié chinois à certains postes.

L’embauche du personnel local a été effectuée de manière à favoriser les populations riveraines du Projet. Par ailleurs, la société a consenti à indemniser systématiquement ceux des paysans qu’elle a été obligé de délocaliser pour rencontrer les nécessités de l’exploitation.

            La délégation a aussi constaté de visu que les mesures les plus strictes et les technologies les mieux adaptées pour garantir la protection de l’environnement et la sécurité de l’ensemble du personnel ont été prises.

            « Plus de 60 millions de dollars sont  inscrits au budget de la Sicomines pour la mise en œuvre de la protection environnementale », a indiqué Sun Rui Wen, DG de la Sicomines

            Mais plus que tout, la délégation a eu à se rendre compte que les travaux pour lancer la phase d’exploitation avancent à grands pas. Les travaux de dénoyage lancés depuis avril 2013  dans les deux mines de Mashamba Ouest et de Dikuluwe, restées noyées et abandonnées depuis l’époque par la Gécamines, sont terminés.

            Les membres de la délégation ont assisté au spectacle incroyable du va-et-vient d’une noria de camions-bennes  descendant dans la mine et remontant avec des tonnes de roches. A ce jour, près de 40 millions de tonnes de roches (minerais et roches stériles compris) ont déjà été extraits. Ils sont visité les installations d’un concentrateur pimpant neuf fraîchement sorti du sol et déjà en phase d’essai de production depuis février 2015.

            Ils ont vu de leurs yeux que la construction de deux nouvelles usines hydro-métallurgiques, diverses autres infrastructures ainsi que des équipements auxiliaires  à l’industrie minière sont déjà très avancée afin de ne pas louper le rendez-vous d’octobre 2015.

            A cette date, la production annuelle de la Sicomines sera d’abord plafonnée à 125.000 tonnes de cuivre métallique par an. Une fois les problèmes actuels d’approvisionnement du site en électricité résolus, la production annuelle devrait rapidement grimper à 250.000 tonnes de cuivre.

            Pour rappel, l’aventure Sicomines a commencé il y a 8 ans,  lorsque la République Démocratique du Congo a pris la courageuse décision de se tourner vers la Chine pour trouver les financements supplémentaires nécessaires à  la mise en œuvre de son ambitieux programme  de reconstruction et de modernisation.

            En septembre 2007, un protocole d’accord était signé entre la RDC, d’une part et, d’autre part, un groupement d’entreprises chinoises.

            Le 22 avril 2008, le protocole d’accord avait permis la signature, entre la RDC et le Groupement d’entreprises chinoises, d’une Convention de collaboration mieux connue sous le nom de Projet de coopération sino-congolais.

            Outre la réalisation d’infrastructures, ce projet met en place une joint-venture dénommée Sicomines pour l’exploitation commune des minerais entre la RDC et le Groupement d’entreprises chinoises. Celle-ci constitue la clé de voûte du Projet puisque cette entreprise de droit congolais joue un rôle de plateforme financière.

            C’est, en effet, la Sicomines qui emprunte et finance les deux volets de la Convention , à savoir,  le Projet Infrastructures et le Projet Minier. C’est elle aussi qui a la responsabilité d’assurer le remboursement de la dette à partir des revenus d’exploitation minière.

            C’est aussi elle, en tant que détentrice des droits et titres miniers, qui garantit, côté congolais, les fonds levés par les entreprises chinoises dans le cadre du Projet. La Convention prévoit qu’après avoir commercialisés les produits issus du traitement métallurgique des minéraux aux prix les plus rémunérateurs du marché international, la Sicomines est chargée d’assurer le remboursement à hauteur de 66% des financements du projet Infrastructures et du projet minier et de redistribuer les 34% autres aux actionnaires à titre de dividende.

            Avec l’annonce de l’entrée prochaine en phase d’exploitation de la Sicomines, les Congolais pourront se permettre de rêver ! Rêver aux flux d’investissements dont le pays pourrait alors bénéficier pour sa reconstruction! A la matérialisation de nombreux projets d’infrastructures annoncées puis ajournées faute de financements ! A l’ouverture de nouvelles lignes de crédits !

 LP

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