Sextape et cybercriminalité : l’évêque Mukuna éventre le boa ce lundi

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Les Congolais viennent de passer une semaine horrible. Oui : vraiment HORRIBLE ! Tenez.

Acte 1. Dans une émission de Télé 50, le directeur général de cette chaîne demande à sa régie de diffuser une image de Vital Kamerhe qui est en détention à la prison centrale de Makala. L’image s’affiche sur tous les écrans. On y voit VK sur un lit d’hôpital, la tête presque plus grosse que le corps. Et la question tombe : « Pourquoi l’Udps victimise-t-elle Vital Kamerhe ? ». L’interlocuteur du DG est surpris et tente de s’assurer de l’effectivité de l’hospitalisation de Vital Kamerhe. Le directeur général de Télé 50 confirme.

            24 heures après l’émission, un internaute dénonce, après analyse de l’image, la supercherie. VK n’a jamais quitté la prison de Makala et la photo diffusée par Télé 50 était en réalité celle du basketteur américain Kevin Durant ! Un montage vil.

Acte 2. Le jeudi 30 avril au Palais du Peuple. Les Congolais entendent leurs oreilles siffler. Alors qu’ils attendaient des chiffres et leur réelle affectation concernant les travaux de réfection de la salle où les sénateurs siègent, ils voient le Président de la Chambre haute prendre la parole pour leur servir le bruit des verres et des casseroles. Au Sénat, on mange et on boit le champagne et c’est pour ça que les femmes sont là. Les élus au second degré se déculottent et perdent même leur voix. Ça sent la pourriture. Ne nous parlez plus d’Honorables là où le déshonneur est total.

            A travers le pays, on ne parle que de ce scandale. Les Sages ont montré combien ils manquent de sagesse. La femme, même revêtue du titre de sénatrice, est présentée comme un simple objet de plaisir. On boit le champagne. Et après ?

Acte 3. Samedi 2 mai, fête du Travail. Dans une ville où le confinement est à la mode, une vidéo obscène est mise en ligne sur les réseaux sociaux. Elle expose des ébats sexuels impliquant un homme qu’on présente comme étant l’évêque Pascal Mukuna. L’espace de quelques heures, les internautes oublient le scandale du Sénat et se focalisent sur le dernier scandale.

            Mais comme pour la prétendue photo de Kamerhe, quelques heures vont suffire pour exposer la supercherie.  « L’image est modifiée numériquement. Pas depuis la caméra. Il s’agit de photos truquées à l’aide de techniques judiciaires numériques », tranchent les spécialistes.

            Manifestement, la RDC vient d’entrer dans une nouvelle ère, où les coups sont constamment donnés en-dessous de la ceinture.

            Aujourd’hui, les balles sont tirées vers une seule direction mais qu’arrivera-t-il demain, lorsque les commanditaires de ces attaques recevront à leur tour des missiles ?  La guerre paraît certes déclarée mais elle n’a pas encore réellement commencé. Imaginez un peu ce qui se passera en période électorale maintenant que l’on sait ce dont les hommes sont capables de faire. Voilà pourquoi il faut agir. Ici et maintenant contre la cybercriminalité.

Première réaction d

e Pascal Mukuna

            «Je savais que ce coup allait arriver. Au contraire, ça renforce notre combat». C’est la première réaction du chef spirituel de l’Assemblée Chrétienne de Kinshasa (ACK), l’évêque Pascal Mukuna dans un entretien téléphonique avec l’équipe de presse de son église.

            Il réagissait ainsi à la mise en ligne des sextapes montées, selon lui, par ceux qui le considèrent comme la bête noire à abattre du fait qu’il dénonce à haute et intelligible voix les divers crimes commis contre le pays par l’ancien régime.

            Pascal Mukuna promet de revenir sur le sujet ce lundi 4 mai dans une émission de «Bosolo na politik», sur Congo Web TV, à 11 heures. A cette occasion, annonce-t-il, il va répondre de manière appropriée et en détails aux auteurs de ce montage grossier.

            Le chef de l’église ACK dit ne pas être surpris par ce qui est arrivé. « C’est l’œuvre de ceux qui ont pillé le pays », avant d’énumérer quelques cas illustratifs de cette vieille pratique reconnue comme marque déposée de l’ancien régime.

            Ce type de montage a été fait à l’endroit d’Eugène Diomi Ndongola accusé de viol sur mineures parce qu’il fallait trouver un prétexte pour le faire taire et le mettre en prison.

La même technique a été appliquée contre le pasteur Kutino Fernando en plaçant des armes là où il allait tenir sa campagne de prière pour trouver le motif de l’incriminer.

            Enfin, l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga Katumbi Moise a été aussi victime du même type de montage au lendemain de sa rupture avec le régime Kabila.

            Le président du mouvement citoyen «Éveil patriotique» réaffirme sa détermination à accompagner le peuple congolais pour se débarrasser définitivement de l’ancien régime  qui est à la base de la situation déplorable dans laquelle le pays a été plongé.

            Il promet de continuer son combat en vue de la concrétisation de la philosophie de son mouvement à travers le slogan «Kabila Dégage».

Vivement le vote de la loi sur la cybercriminalité

            La cybercriminalité se porte bien en République Démocratique du Congo.  Des montages de toutes sortes, oeuvre des acteurs politiques et sociaux, sèment le trouble dans les esprits.  Il faut arrêter ça en adoptant une loi qui sanctionne sévèrement tous ceux qui s’adonnent à ces activités criminelles. La sanction doit cibler autant les auteurs que les commanditaires.

            Le député national Tony Mwaba a saisi l’importance de la question et demande, au regard de la situation actuelle, que la proposition de loi sur sa cybersécurité et la cybercriminalité déposée à l’Assemblée nationale au mois de février passé pour examen et adoption, soit examinée en urgence en vue de réguler les mœurs et lutter contre les activités criminelles sur le cyberespace.Dom

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