Sénatoriales : non à la solidarité des corrompus !

0
390

Alors que le Parquet général près la Cour de Cassation ainsi que les Cours d’Appels implantées dans les 24 des 26 provinces où étaient organisées, le vendredi 15 mars 2019, les élections des sénateurs, procèdent déjà aux auditions de certains présumés députés provinciaux corrompus, des messages inquiétants émanent de certaines personnalités politiques. Pour l’essentiel, il est demandé à tous ceux qui sont en train d’être entendus au niveau des instances judiciaires, de se montrer solidaires. Autrement dit, personne ne devrait avouer avoir touché des pots-de-vin ni se comporter en témoins à charge à l’égard d’un suspect.

            En clair, ceux que l’on peut désormais considérer comme des « parrains » des opérations de corruption des députés provinciaux sont en train de pousser les incriminés à se montrer solidaires dans le mal. Il est écœurant de constater que dans ce pays où les modèles sont devenus rarissimes et où le nouveau leadership de la République se bat pour restaurer les valeurs, dès ses premières semaines de prise démocratique du pouvoir, il se trouve au sein de notre société des concitoyens qui estiment qu’ils peuvent continuer à tirer le pays par le bas.

            C’est le lieu de condamner sévèrement ces appels à la solidarité des députés provinciaux corrompus et d’interpeller la justice en vue de se saisir des auteurs de ces appels à la solidarité afin qu’ils subissent la rigueur de la loi. Ceux qui pensent que les députés provinciales corrompus devraient rester les bienvenus au sein des assemblées provinciaux mesurent-ils le degré d’opprobre jeté sur ces institutions de base et sur le futur Sénat ? Comment peut-on se permettre de soutenir des adeptes de la corruption dans un environnement où le souverain primaire, roulé dans la farine par des élus à la moralité douteuse et fâché comme il n’est pas permis, a déjà réglé, à sa manière, des comptes à certains d’entre eux ?  Est-ce possible d’imaginer l’émergence d’une chaine de solidarité en faveur des corrompus dans un pays qui a failli brûler le 15 mars 2019 à cause de l’irresponsabilité et du mercenariat des députés provinciaux ?

            Le dossier de la corruption de ces « grands électeurs » était tellement pris au sérieux au sommet de l’Etat que le Président de la République avait dû convoquer, en urgence, une réunion interinstitutionnelle qui avait pris, comme mesures conservatoires, la suspension de l’installation du nouveau Sénat et l’ouverture des enquêtes judiciaires à charge de présumés corrompus et corrupteurs. Pendant que le pays tout entier attend, avec impatience, les résultats des investigations du Parquet général près la Cour de Cassation et des Cours d’Appels provinciales, il est curieux que des individus se positionnent en torpilleurs de la procédure. Si le Procureur général de République peut se saisir de telles personnes, cela pourrait briser automatiquement la chaine de solidarité de la honte qu’elles tentent de constituer.

                                   Kimp

  • 17
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •