Selembao toujours sous la botte des malfaiteurs

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De nouveau, les ballades nocturnes dans les quartiers de Selembao       procurent la chair de poule. En effet, depuis que les hommes en armes et en tenue civile sont en constante divagation dans les ruelles sombres de cette commune, aucune nuit ne se passe sans qu’on ait enregistré des plaintes des habitants pour des cas d’extorsions. Le butin prisé par ces délinquants : des téléphones cellulaires avec bluetooth, radio ou T.V., torche, caméra photo, vidéo et internet, des devises étrangères et la monnaie locale. Ils ne laissent jamais passer les bijoux, les montres-bracelets et autres sacs à main. 

            A en croire un pharmacien braqué la nuit, par ces membres de la pègre, toute résistance peut déclencher leur courroux et être à la base des tirs de coups de feu en l’air ou sur des personnes.

            Matusila, 45 ans, propriétaire d’une boutique de vente de quincaillerie, se rappelle avoir été braqué une nuit par ces bandits. Ils étaient six dont quatre en tenue civile et deux en tenue des forces de l’ordre. Il a été interpellé alors qu’il se situait à plus de six avenues de son domicile. Dès que Matusila s’est présenté, les inciviques l’ont attiré dans l’ombre et soumis à une fouille systématique.  

            A la lumière de nombreux rapports de la police, plusieurs bandes des malfaiteurs, quelquefois en tenue, se cachent au sortir de certains croisements, pour surprendre les piétons qui regagnent leurs domiciles. Ils sont entre trois et six, ont indiqué des victimes, avant d’ajouter qu’ils opèrent par groupes séparés. Ces truands qui insécurisent la commune et ses environs, ont également fait plus d’une victime dans les mairies voisines de Bumbu et Makala. Leur champ de prédilection, signalent certains commerçants, est le quartier Camping où après les coups, ils vont se réfugier dans les érosions et les champs qui bordent la rivière. C’est peut-être là que se trouve leur cache d’armes.

            Rarement, on a appris qu’il y a eu accrochage entre ces délinquants et une patrouille régulière de la police. Et généralement, aucun malfaiteur n’est appréhendé.

            Le tableau de cette insécurité persistante a fait l’objet de plusieurs réunions à l’état-major du Bataillon de la police d’investigations criminelles où la décision a été prise de lancer des équipes d’enquêteurs sur le terrain.  

            Les chefs des quartiers baignés dans l’insécurité ont élevé dernièrement la voix pour déplorer le laxisme de la police de proximité. Aux nombreuses plaintes exprimées contre cette vague incessante des braquages, les éléments des postes de police ou de sous-commissariats sont inopérants, justifiant leur attitude passive par l’insuffisance des effectifs de policiers pour entreprendre une action répressive et la carence des moyens logistiques.

            L’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa n’a-t-il pas attiré dernièrement l’attention des responsables de la police territoriale placée sous son commandement, au sujet de l’insécurité grandissante dont se plaignent les habitants des quartiers de leurs ressorts territoriaux, et de leur inefficacité chaque fois que les victimes des agressions des bandits appellent au secours. Aucun policier ne se déplace, préférant se terrer au poste de police.

            Au cours de la dernière parade, l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko, on se rappellera, avait promis d’user des pouvoirs disciplinaires lui conférés par les instances supérieures, pour distribuer des sanctions allant de 8 à 15 jours d’incarcération et de la suspension jusqu’au remplacement au poste par des éléments plus compétents et plus efficaces sur le terrain. Et ce, depuis le petit poste de police jusqu’au district. Enfin, il a placé l’action de la police pour cette fin de l’année, sous le signe de l’efficacité. Car, le policier du peuple ne peut être taxé d’inefficace dans son ressort.

            Selembao devenu le bastion du banditisme urbain, mérite de subir une vaste opération de ratissage de fond en comble, de manière à débarrasser tous ses coins et recoins du spectre de la criminalité.

            Tel est le vœu maintes fois exprimé par la paisible population de cette mairie aujourd’hui, en proie à une insécurité entretenue par des hommes en armes et en tenue, et qui doit être concrétisé, afin de lui garantir la quiétude dont elle a droit.

                                                        J.R.T. 

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