Sécurisation des élections : la psychose de 2011

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IMG_3154L’initiative de la hiérarchie de la Police Nationale Congolaise de battre campagne auprès de toutes les parties prenantes en prévision de la sécurisation du processus électoral de 2015 à 2016 est saluée positivement par tous les compatriotes soucieux de vivre des élections réellement libres, transparentes et apaisées. S’il est vrai que la mission de sécuriser les candidats, les électeurs, les kits électoraux, les résultats, les membres de la CENI, les témoins des candidats, les observateurs électoraux et les journalistes incombe avant à ce corps spécialisé, il n’en demeure pas moins vrai que pour obtenir une sécurisation optimale, il faut absolument l’accompagnement d’autres « services spéciaux ».

L’on pense notamment aux éléments des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), de l’ANR (Agence Nationale des Renseignements) et de la DGM (Direction Générale de Migration), dont l’activisme lors des opérations préélectorales, électorales et post-électorales est souvent générateur de dérapages regrettables. La psychose de 2011 continue de hanter de nombreux esprits, au regard du « potopoto » créé par les structures chargées de la protection des élections.
On rappelle qu’à cette occasion, la RDC avait offert l’image d’un Etat policier, où il était extrêmement risqué pour les candidats étrangers à la majorité au pouvoir et à leurs militants de battre campagne à Kinshasa comme en provinces. On avait assisté, à l’époque, à l’interdiction systématique de leurs meetings, à leur répression brutale et sanglante en cas de résistance, à la saisie des urnes et bulletins de vote par des hommes en uniforme aux fins de tripatouiller les résultats.
Les journées les plus noires étaient celles ayant marqué le retour à Kinshasa d’Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe, deux candidats de l’Opposition ayant postulé pour la présidence de la République. Violences policières avec morts et blessés avaient émaillé celle qui allait être leur dernière journée de campagne, au point qu’ils n’avaient pas s’adresser à leurs sympathisants, car «enlevés» et conduits de force vers leurs résidences.

Police citoyenne oui, mais…

L’engagement des responsables de la Police Nationale Congolaise à sensibiliser leurs partenaires sociaux et politiques à la protection citoyenne du processus électoral et de ses différents acteurs constitue déjà un bon signal de la part d’un corps souvent critiqué à cause de son instrumentalisation par certains hommes au pouvoir, candidats déclarés aux mandats électifs ou assujettis à ceux-ci. Ce sera l’occasion ou jamais, pour les policiers, de faire montre de la bonne application de toutes les notions et pratiques apprises en vue de l’encadrement du processus électoral.
Mais, comme dit plus haut, si les autres « services spéciaux » s’avisent à installer le bordel, ainsi qu’on l’avait vécu en 2011, rien n’aura changé sous le ciel congolais. C’est le lieu d’en appeler à un changement des mentalités de la part des donneurs d’ordres perturbateurs de l’environnement électoral. Il serait fort dommage que le professionnalisme encore en chantier de la PNC sur le terrain de la sécurisation des élections soit remis en cause par des ennemis de la paix et de la démocratie en RDC.

Des millions de Congolaises et Congolais ont le sentiment que chaque fois que s’annoncent des échéances électorales, leur situation sécuritaire se détériore de façon inexplicable. Au lieu d’être sécurisés, ils se trouvent plongés dans une insécurité totale, qui les empêche de participer librement au débat sur les projets de société des candidats à la gestion future des affaires publiques et de voter selon le choix de leur cœur. Il est anormal que des compatriotes meurent gratuitement ou deviennent physiquement invalides parce qu’ils ont eu le tort de participer au processus électoral, en qualité de candidats ou d’électeurs. Le challenge de la sécurisation des élections que cherche à gagner la Police Nationale Congolais serait une mission impossible si d’autres « services spéciaux » refusent de lui laisser les coudées franches.

Kimp

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