Secteur pharmaceutique : coup de balai annoncé

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Le  monde entier a célébré hier jeudi  le 7 avril la journée mondiale de la santé pour marquer la création de l’organisation mondiale de la santé. Pour cette année 2011, le thème retenu est «  la résistance aux médicaments : pas d’action aujourd’hui, pas de guérison demain ». En République démocratique du Congo, ministre, parlementaires, médecins, pharmaciens ainsi que des partenaires se sont retrouvés pour célébrer avec faste cette journée au siège du Programme nationale multisectoriel de lutte contre la sida (PNMLS).

Le ministre de la Santé Publique, Victor Makwenge Kaput a indiqué, à cette occasion, que le gouvernement a reconnu dans sa réunion du 31janvier 2010, le désordre qui a élu domicile dans le secteur pharmaceutique et pris l’engagement d’y mettre fin.  Il a souligné que les établissements pharmaceutiques œuvrant dans le pays sans autorisation du ministre de  la Santé publique, en violation flagrante des textes réglementaires sur les conditions d’ouverture et de fonctionnement, ne peuvent qu’introduire, dans le circuit de distribution, des médicaments antimicrobiens de qualité douteuse qui, à leur tour, augmentent  le risque de  résistance des  microbes.

Devant la menace de la résistance aux microbes,  Dr  Makwenge Kaput a déclaré que le ministère de la Santé a pris l’engagement d’assainir le secteur pharmaceutique  en menant un certain nombre d’actions. Il s’agit de promouvoir le secteur de la santé en  favorisant l’émergence d’un bien-être durable de la population qui dépend largement aussi de la bonne qualité des médicaments ; promulguer la politique pharmaceutique nationale ; faire voter par le parlement la loi-cadre de la santé  ainsi que la loi sur l’exercice de la pharmacie. Il s’agira aussi de maitriser tous le phénomène de la pharmaco-résistance en vue de la  réalisation des objectifs du millénaire pour le développement d’ici 2015.
De ce fait, le ministre a lancé un appel pressant aux responsables politiques, à la société civile, aux praticiens et prescripteurs, aux pharmaciens et distributeur, à l’industrie pharmaceutique et aux patients eux-mêmes en vue de réfléchir, agir, et prendre leurs responsabilités aux fins de combattre la pharmaco-résistance.

Les mauvaises habitudes de prescription

Pour sa part, le représentant du secrétaire général de l’Oms, Leo Degale Bazira,  a, au nom  du directeur régional du bureau de  l’Oms pour l’Afrique, insisté sur le fait que la surveillance de la pharmaco résistance contribue de façon cruciale au traitement efficace de diverses maladies infectieuses et aux résultats positifs obtenus en la matière. Au nombre des causes de la pharmaco résistance figurent, a-t-il dit, l’utilisation prolongée et parfois sous-optimale de ces médicaments, l’utilisation de médicaments faux et contrefaits, les mauvaises habitudes de prescription et le non respect du traitement prescrit. il a noté qu’une résistance importante a été signalée pour les maladies telles que la diarrhée sanguinime lente due à la dysenterie, la tuberculose, le paludisme et le SIDA. Concernant cette dernière maladie, il a rapporté qu’une enquête récente,  menée dans  des cliniques de plusieurs pays de la région, a estimé que la résistance à toutes les catégories de médicaments contre le sida se chiffrait à moins de 5%.
Il a recommandé la surveillance comme la principale stratégie  permettant la détection de la résistance émergente au sein de la population. De plus, a-t-il ajouté, il faut doter les laboratoires de surveillance de la pharmaco résistance d’effectifs capables de produire des données significatives pour appuyer la surveillance. Il faut également mener une action urgente et coordonnée à tous les niveaux en vue de préserver les médicaments d’importance vitale à l’intention des  générations futures.

Au gouvernement, il a été demandé d’élaborer et mettre en œuvre des politiques et des stratégies qui prennent en compte la menace de la pharmaco résistance afin de limiter l’évolution et la propagation éventuelle des germes résistants
Aux Etats membres, il a été recommandé  de prendre conscience de la menace de la pharmaco résistance dans la région et conjuguer des efforts pour la combattre et mobiliser les  ressources à cet effet.
Auparavant, clinicien, pharmacien et directeur de la direction de la pharmacie et aux médicaments se sont étalés sur  les facteurs favorisants la résistance, chacun dans son domaine.

Sylvestre Saidi Nyota

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