Secope : la fin de la récréation

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Créé dans les années’80, sous le régime de Mobutu, pour traquer les cumulards, les faussaires, les écoles et enseignants fictifs au sein du ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Secondaire,  le Secope (Service de Contrôle de la Paie des Enseignants) est tombé, depuis plusieurs décennies, dans les antivaleurs des « opérations-retour » ( renvoi aux initiés des reliquats de paie générés par des écoles, administratifs et enseignants fictifs), de recrutement et affectation anarchiques de nouvelles unités, d’agrément d’écoles non viables ou fictives, de trafic de grades, etc.).

            Comme résultat de tripatouillages des effectifs des personnels, des grades, des salaires et des mécanismes d’agrément des écoles, l’Etat congolais a perdu, de longue date, la maîtrise de l’enveloppe de rémunération du ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique. Le cafouillage est tel que le Conseil des ministres est appelé, à la demande du Président de la République, de diligenter une enquête en vue de savoir ce qui se passe réellement au sein du Secope.

            Ce qu’il faut noter d’emblée est que dans leurs manifestations de la semaine dernière contre le ministre de tutelle, les enseignants mobilisés par leurs divers syndicats sont unanimes sur un point : il y a une maffia organisée au sein du Secope. Malheureusement, le ministre Willy Bakonga est abondamment cité, par les manifestants, avec calicots à l’appui, comme un des architectes du gonflement inconsidéré des effectifs et des écoles au sein de son département.

            Accusations vraies ou non fondées : c’est à la commission d’enquête à mettre urgemment sur pied par le gouvernement de la République de fixer l’opinion. Dans les milieux des enseignants et de leurs syndicats, l’on se réjouit de l’initiative gouvernementale car convaincus que si les investigations sont menées avec sérieux et transparences, la maffia qui gangrène le Secope va rapidement être mise à nu.

            Il est attendu des enquêteurs qu’ils se penchent, avec le maximum d’attention, sur les fameux « bureaux gestionnaires » érigés en administration parallèle ainsi que les commissions d’affectation délivrées en désordre depuis l’avènement de la gratuité de l’éducation de base. Dès l’instant où le gouvernement a été instruit, par le Président de la République, de supprimer les frais scolaires au niveau du cycle primaire officiel et de prendre en charge les frais de fonctionnement des écoles, il a été constaté un gonflement subit des effectifs de « nouvelles unités » et des écoles publiques.

            En réalité, le Secope a embauché à tour de bras et accordé des agréments, dans la précipitamment, à un nombre incontrôlé d’écoles privées.

            Selon les statistiques du mois de janvier 2020 par exemple, plus de 200.000 enseignants fictifs étaient signalés comme « nouvelles unités ». L’heure a sonné de mettre fin à la récréation.                                                                                  Kimp

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