Scrutins de 2011 à 2013 : les femmes en ordre de bataille

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 Des acteurs sociaux, en majorité de sexe faible, échangent depuis le mardi 5 octobre 2010  au centre Liloba à Lemba  sur l’éligibilité de la femme congolaise. Ces cogitations sont initiées par le Réseau d’Education Civique au Congo «  Recic » Kin, dans le cadre de « l’Espace femme, gagnons les élections ». Elles vont prendre fin ce mercredi. 

            Pour Gérard Bisambu et Florence Mbwiti, respectivement coordinatrice et secrétaire exécutif de Recic Kin, l’objectif principal de cet atelier est de remobiliser les femmes pour qu’elles soient des électrices réellement responsables lors de prochaines échéances électorales. Il s’agit aussi d’inciter les participants à  étudier les stratégies censées  promouvoir des candidatures féminines à l’avenir.

            Evaluation de la participation de la femme  aux élections de 2006, les causes des échecs et réussites des femmes aux dernières élections, les contraintes et opportunités pour la gent féminine des scrutins de 2011 à 2013, stratégies électorales des femmes engagées…. sont les modules retenus pour cet atelier. Ils ont été développés par Grâce Lula, membre de la  plénière de la CEI et activiste des droits des femmes, Faida Mwangilwa, ministre honoraire des Affaires Sociales, Boni Yemba, vice-gouverneur honoraire du Maniema… 

Discrimination 

            Grâce Lula a fait ressortir la faible présence des femmes dans les structures techniques et des antennes provinciales de la CEI. En ce qui concerne le recrutement du personnel d’appoint, les considérations ethno- tribales ont prévalu à la CEI, a-t-elle indiqué. Par ailleurs, les textes et le système électoral mis en place n’ont pas favorisé une grande réussite des femmes. 

            L’analphabétisme d’une frange importante de l’électorat féminin, l’absence d’une politique cohérente d’encadrement des candidatures féminines, les stéréotypes, l’impréparation, l’insuffisance des moyens financiers … n’ont pas permis aux femmes de tenir tête aux hommes. En fait, elles ont fait l’apprentissage de la problématique des élections, a conclu Lula. 

Engagement personnel 

            Faida Mwangilwa a parlé de son expérience personnelle. Cadre d’un ex-mouvement rebelle, il ne lui était pas facile de se faire accepter par ses consœurs ou de battre campagne sous le label d’un parti soupçonné d’être à la solde des Rwandais. Ayant échappé de peu à un attentat en 1999, elle a eu la force  morale de continuer à militer pour le compte du RCD, en dépit des pressions de ses proches. 

            Faida Mwangilwa a fait remarquer que dans un pays post- conflit, beaucoup d’obstacles se sont dressés devant les femmes. Elles ont payé un lourd tribut aux guerres à répétition , à l’insécurité, à l’analphabétisme, à la pauvreté, aux pesanteurs culturelles, à la longue dictature mobutiste… En dépit d’une faible représentativité de la femme dans les institutions, on se console de la présence de certaines d’entre elles aux bureaux des deux Chambres, a-t-elle souligné.

            Selon elle, au Rwanda, en Ouganda, en Afrique du Sud…, la parité est effective..

            Boni Yemba, de son côté , a fait une sorte d’inventaire des mécanismes légaux et possibilités qui s’offrent à la femme pour mieux se comporter dans l’arène politique. Se référant à la Constitution, il a relevé les articles relatifs à l’égalité des chances entre homme et femme aux élections, la possibilité de renforcer la volonté politique ou de  modifier légèrement la loi électorale, les manifestations pacifiques pour amener les hommes à respecter les textes…

            La journée de mercredi 6 octobre 2010 sera consacrée aux travaux en commissions. 

Jean- Pierre Nkutu

 

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