Sales temps pour les détourneurs !

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Qui aurait cru que la Prison Centrale de Makala allait grouiller de « Kuluna en cravate », par ces temps de pandémie de coronavirus, où les esprits sont plus tournés vers la recherche de la survie au quotidien que la chasse aux antivaleurs ? C’est pourtant le cas, avec en tête de liste le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat en personne, Vital Kamerhe.

         On retrouve, dans les cellules de ce site pénitencier, des mandataires publics ( le DG Mutina Sakrini de l’Office des Routes, le DG Benjamin Wenga de l’OVD, le DG Fulgence Bamaros Lobota du Foner), des entrepreneurs privés ( le DG Samih Jammal de Samibo, le DG David Blattner de Safricas, le DG Modeste Makabuza de Sococ), des fonctionnaires de la Présidence ( Célestin Muambi, Directeur financier de la Maison Civile du Chef de l’Etat, Jeannot Muhima, chef de division chargé de l’Import-Export à la Présidence de la République, Daniel Nkingi Shangalume ( agent à la Sonas), etc.

         « Sales temps pour les détourneurs des deniers publics » : c’est vraiment le cas de le dire, au regard la traque lancée contre eux par les limiers de la justice. Le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, a passé pratiquement toute l’année 2019 à lancer des mises en garde aux adeptes des antivaleurs (corruption, concussion, détournements des deniers publics, trafic d’influence, abus de pouvoir, vols), sans que ses discours n’éveillent l’attention des compatriotes qui ont toujours cru à l’impunité leur garantis par leurs parrains politiques ainsi que des magistrats appartenant à la célèbre école des trois « V » (Veste – Villa – Voiture).

         Depuis le changement radical intervenu au niveau de la haute magistrature, avec la nomination, en début d’année, de nouveaux porteurs de la toge noire, les choses ont radicalement changé. La justice est réellement passée aux actes, en interpellant indistinctement des membres du cabinet du Chef de l’Etat, des ministres, des mandataires publics, des opérateurs économiques privés, de hauts comme petits fonctionnaires, mais surtout en envoyant en détention préventive en prisons, ceux sur qui pèsent de lourdes présomptions de culpabilité.

         Il est loin, le temps où ceux et celles qui avaient le privilège de la gestion des fonds publics, pouvaient fêter leurs nominations en grande pompe, piller impunément les caisses de l’Etat et ne rien craindre de la justice, car la mode était la solidarité entre les affameurs du peuple et leurs parapluies protecteurs. La tolérance-zéro ainsi enclenchée contre les détourneurs des deniers devrait constituer un message fort en direction des mandataires publics récemment nommés par le Chef de l’Etat, et dont certains, trahis par un passé peu propre, sont sévèrement critiqués au sein de l’opinion nationale. Si ces « revenants » rêvent de réitérer les pratiques de prédation du passé, ils devraient savoir ce qui les attend au tournant de leurs turpitudes de gestion.

         La peur a effectivement changé de camp. C’est la panique chez ceux qui étaient convaincus qu’il ne leur arriverait jamais rien. Dans leur fuite en avant, certains crient à la «République des juges», entendre l’excès des pouvoirs des magistrats. Pourtant, ceux-ci ne font que leur travail, celui de dire le droit. Si l’on veut élever la Nation, tout le monde devait être égal devant la loi.

         C’est le lieu de souligner que les actes palpables de lutte contre les antivaleurs au sein de l’administration publique, des entreprises publiques, des institutions publiques ne sont pas passés inaperçus aux yeux des bailleurs de fonds de la RDC, qui est en train de retrouver leur confiance. Les derniers gestes des institutions de Breton Wood en faveur de notre pays se présentent finalement comme ses « primes » à cette politique de tolérance-zéro.Kimp

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