Sachets plastiques: bataille perdue d’avance pour Ngobila

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Le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka a pris la décision, la semaine dernière, d’interdire l’utilisation des sachets plastiques à travers la ville. Il l’a aussitôt communiquée aux bourgmestres des 24 communes que compte la capitale pour exécution immédiate.

            Hélas, la mesure semble n’avoir pas produit d’effets. Car, les emballages plastiques sont toujours d’usage comme par le passé partout à travers la ville, en commençant par le centre-ville où logent toutes les institutions étatiques (nationales et provinciales), les sièges des organisations internationales, la plupart des représentations diplomatiques, ainsi que les sièges des entreprises publiques et privées.

            On rappelle, à ce sujet, que cette « bataille » contre l’usage des sachets plastiques fut déjà lancée au niveau plus élevé et cela à maintes reprises, sans succès.

            C’est le ministre en charge de l’Industrie de l’époque, en l’occurrence Rémy Musungayi Bampale, qui fut le premier à se lancer dans cette bataille, en accordant un moratoire aux producteurs comme aux usagers.

            Emporté par le remaniement gouvernemental, l’ultimatum de Rémy Musungani restera lettre morte. Le dossier sera récupéré au niveau du gouvernement. Le Premier ministre Bruno Tshibala Nzenze avait décidé à son tour d’attaquer le mal à la racine en interdisant la fabrication et l’importation des sachets plastiques servant d’emballages. Un ultimatum de 6 mois avait été accordé aux Kinois et Kinoises pour se débarrasser de ces emballages considérés comme la principale source d’insalubrité dans la capitale.

            Les ministres de l’Environnement et celui de l’Economie avaient été particulièrement mobilisés en vue de faire appliquer la mesure gouvernementale. Le ministre de l’Economie avait même effectué le tour de quelques alimentations installées au centre-ville pour se rendre compte de l’observation de la mesure.

Malheureusement, encore une fois, la mesure n’avait pas produit d’effets attendus. Si au niveau des alimentations, on avait dû changer de modèle d’emballages en recourant à ceux dits biodégradables, ailleurs, notamment dans les marchés, « wenze », boutiques ainsi qu’au niveau des vendeurs à la sauvette, rien n’avait changé. Les Kinois ont continué d’en faire usage jusqu’à ce jour.

Des préalables à remplir

            De l’avis des analystes, la réussite de la bataille contre les emballages plastiques exige un certain nombre de préalables à remplir.

            D’abord, la question étant d’ampleur nationale, il serait mieux de laisser l’initiative au chef de l’exécutif national. Car, le gouverneur de Kinshasa a un champ trop limité pour gagner la bataille.

            En plus, il faudra beaucoup investir dans la campagne pour le changement des mentalités parce que ces emballages seulement ne sont pas d’usage en République Démocratique du Congo. On en trouve un peu partout à travers le monde. Mais, les utilisateurs ne les jettent pas n’importe où.

            C’est ici que la question des poubelles de proximité se pose avec acuité aussi bien à Kinshasa que dans les grandes villes de l’arrière-pays. Le gouverneur devrait commencer par faire fabriquer des poubelles et les placer des intervalles rapprochés sur les grandes artères (100 à 150 mètres par exemple) pour ne pas décourager les bonnes volontés de trimballer ce qu’on a à jeter sur une longue distance à cause de l’absence de poubelles.     

            Les opérateurs économiques, fabricants et importateurs, devraient être associés en amont parce qu’une fois qu’eux auront arrêté d’importer et de fabriquer les sachets, les revendeurs ne sauront plus se ravitailler dès que leurs stocks seront épuisés.

            Voilà comment il faudra procéder pour la réussite du combat contre l’usage des sachets plastiques que le gouverneur a tendance à croire qu’ils sont l’unique source de l’insalubrité à Kinshasa. Alors que la question exige une étude approfondie si on veut réellement gagner la bataille, au lieu d’y aller de manière caporaliste, sans méthodologie appropriée.

            Au départ, l’autorité devrait s’interroger sur les causes profondes de cette situation. Le chômage aigu observé dans la capitale constitue l’une des grandes causes, parce que quand on n’a pas d’emploi, on s’adonne à n’importe quelle petite activité pour gagner son pain quotidien. Ce qui explique qu’on trouve même des petites maisons dont l’activité principale est la vente des sachets.

            Sans prendre en compte ces préalables, la bataille de Gentiny NGobila sera certainement vouée à l’échec. C’est la raison d’ailleurs qui fait que son programme de « Kin bopeto », bat de l’aille quatre mois après son lancement.Dom

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