RVA : non à la politisation

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Une quinzaine de cadres de la Régie des Voies Aériennes (RVA) ont ficelé, le vendredi 13 août 2010, une note d’information à l’intention du Premier ministre, Adolphe Muzito. Il s’agit en fait d’une réplique au mémorandum qu’a fait parvenir, quelques jours plus tôt, la Délégation syndicale de cette entreprise au même destinataire. Il convient de noter que dans leur document, les syndicalistes imputent tous les malheurs du personnel au contrat liant la RVA au groupement ADPI/KPMG. 

            A en croire les cadres, leur syndicat-maison est instrumentalisé et politisé par une structure syndicale externe, pour des raisons inavouée. S’agissant de la nouvelle levée des boucliers, les cadres s’étonnent que le président de la délégation syndicale, qui continue d’être associé aux réunions de la haute direction, en dépit de la suppression du Comité de Gestion par le décret du Premier ministre daté du 24 avril 2009, ne puisse pas donne la bonne information à la masse laborieuse de la RVA.

            Les cadres révèlent que depuis le mois d’août 2008, date de la signature par le Copirep du contrat formalisant le partenariat entre ADPI/KPMG et la RVA, celle-ci connaît un redressement spectaculaire tant au plan de la trésorerie, des infrastructures aéroportuaires que du renforcement des capacités du personnel. 

La fin de la « zone rouge » 

            L’espace aérien congolais était considéré jusqu’il y a peu, dans les annales de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) et de l’IATA (Association Internationale des Transporteurs Aériens), comme une « zone rouge », entendez un couloir à hauts risques pour les aéronefs. Cela tenait à la vétusté d’instruments d’aide à la navigation aérienne, à l’état désastreux des installations aéroportuaires, à la faiblesse du dispositif anti-incendie ainsi qu’à l’expertise limitée du personnel technique.

Plus d’une fois, des menaces d’embargo étaient brandies à l’endroit de notre pays, notamment par la suppression des escales des compagnies aériennes étrangères. Il a fallu ainsi faire une course contre la montre, en vue de remettre la RDC au diapason des standards internationaux.

A ce propos, les cadres de la RVA retiennent à l’actif de Jean Assice, exécutant principal du mandat signé avec ADPI/KPMG, plusieurs actions dans le secteur de la sûreté et de la sécurité des vols.

            Ils citent à cet effet la dotation de tous les aéroports du pays des procédures d’approche grâce aux émetteurs-récepteurs VHF pour les communications air-sol, de la couverture anti-incendie des aéroports de N’djili avec un véhicule d’une capacité de 12.000 litres, de Kisangani avec 2 véhicules de 10.000 et 6.000 litres, de Mbuji-Mayi avec un véhicule de 10.600 litres, de Goma avec un véhicule de 2.500 litres et de Muanda avec un véhicule de 2.500 litres.

            On signale aussi la surveillance visuelle et automatisée de notre espace aérien grâce à l’installation de 15 stations ADS-B, d’un centre ATC à Kinshasa, d’un mini-centre ATC à Lubumbashi, d’un mini-centre ATC à Kisangani et d’une capacité CPDLC.

            Des travaux de réhabilitation des pistes, des tours de contrôle, de nouvelles casernes anti-incendie, de nouvelles centrales électriques et du système de balisage ont été effectués sur les aéroports de la Luano (Lubumbashi) et de Bangoka (Kisangani). 

La confiance des banquiers retrouvée 

            Parmi les indices de la bonne gestion des finances, du produit commercial et des ressources humaines de la RVA, les cadrent citent la confiance retrouvée auprès des bailleurs de fonds, notamment la Banque Africaine de Développement et la Banque Mondiale. Héritier d’un passif de 58.000.000 de dollars américains et des litiges se chiffrant à plus de 208.000.000 de dollars américains, Jean Assice et son équipe ont dû se battre sur deux fronts : celui de la modernisation de la gestion, de la traçabilité des recettes et de la maîtrise des effectifs.

Le besoin pressant des fonds a été satisfait par la BAD et la BM, qui ont accepté d’accorder à la RVA des crédits de l’ordre de 150.000.000 Usd et 10.000 Usd, en vue du financement de son vaste chantier de modernisation des équipements et des installations aéroportuaires. 

IDEF : vaine controverse 

            Dans le souci de financer la construction et le maintien des infrastructures aéroportuaires de la RDC, le comité Assice a instauré, en accord parfait avec le gouvernement, une redevance spéciale baptisée « IDEF » (Infrastructure Development Funds). Elle oblige chaque passager à payer 50 dollars à l’embarquement pour un vol international et 10 dollars Us sur le réseau domestique. Mensuellement, ce fond représente une cagnotte variant entre 390.000 et 450.000 Usd.

            Ce fond est géré en toute transparence. La preuve : elle a permis le financement des travaux d’aménagement du Pavillon présidentiel à l’aéroport international de N’Djili, à hauteur de 23,5 millions Usd. Il a fallu recourir à un crédit de la BIAC de l’ordre de 20.000.000 Usd, garanti par la redevance « IDEF » dont le solde à payer est de 12.000.000 Usd. 

Lourd fardeau financier et social 

            Estimé à 3.300 unités en 2005, pour une masse salariale mensuelle d’environ 1,2 millions Usd, le personnel de la RVA a enregistré un contingent de 1.850 cadres et agents entre 2006 et 2007, ce qui a porté la rémunération mensuelle globale autour de 2 millions de dollars Usd. Le fardeau financier et social s’élève aujourd’hui à 53 millions Usd (arriérés des salaires, des décomptes finals et de cotisations sociales).

Le comité Jean Assice, pour éviter l’asphyxie de l’entreprise, n’avait d’autre choix que de dégraisser : la compression des effectifs a conduit à un rabais de 5.115 à 4.714. Petit à petit, la paie est devenue régulière. En plus, six mois d’arriérés de salaires ont été épongés à Kinshasa. Quant aux personnels oeuvrant dans des aéroports et aérodromes à faible production (Gemena, Gbadolite, Mbandaka, Inongo, Butembo, Isiro, Buta, Tembo, Basankusu, Kasongo, Lisala, Abuzi, Kabinda, Lusambo, Ilebo, Kiri, Bumba, Boende, Lodja, Libenge, Kisangani, Bukavu et Bandundu), et qui accusaient plusieurs années d’arriérés de salaires, un montant de 752.497,10 Usd a été décaissé en 2009 en leur faveur pour les soulager tant soit peu. Pour l’exercice 2010 ( jusqu’au mois d’avril), la direction générale a déjà libéré 232.220,38 Us à leur intention. Auparavant, ils étaient complètement ignorés de l’ancien comité de gestion.

La RVA a payé, en 2009, 358.942 Usd au titre des décomptes finals et 192.635 usd pour les arriérés des décomptes finals de 53 retraités. 

2me palier Smig : patience

            L’employeur n’est nullement opposé au paiement du second palier du Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti). Après avoir intégré le premier palier dans l’enveloppe de paie, la haute direction est occupée à évoluer progressivement vers le second palier. Comme geste de bonne foi, un acompte du second palier du Smig est disponibilisé. Son impact mensuel est de 250.000 dollars sur la masse salariale. En l’état actuel de la trésorerie, l’employeur juge suicidaire le paiement automatique du second palier, car cela exigerait un supplément mensuel de 500.000 dollars, somme non disponible pour le moment.

Néanmoins, en deux ans de mandat, Jean Assice et ADPI/KPMG sont en droit de revendiquer l’uniformisation du barème salarial depuis juillet 2008, le paiement régulier des salaires à Kinshasa et en provinces, le paiement progressif des décomptes finals, l’octroi du prêt scolaire août 2009 (505.600 usd), réhabilitation des bureaux, bâtiments et installations sanitaires,  organisation des élections syndicales, octroi des crédits voitures pour cadres de direction, parrainage d’acquisition des véhicules neufs de marque Lifan pour cadres et agents (150 personnes), parrainage des crédits bancaires pour cadres et agents (Biac, Rawbank), etc.

S’agissant des relations entre l’employeur et le syndicat, la RVA a décaissé, au titre des consultations syndicales (organisation des élections, réunions paritaires, formation syndicale, commission de suivi, commission sur Smig) 148.635 usd en 2009 et 150.325 usd depuis janvier 2010. Ce montant ne concerne que la Direction générale. En prenant en compte l’ensemble des entités provinciales, cela donne 700.000 usd.

Il n’y a donc pas péril en la demeure. L’employeur est totalement ouvert au dialogue et aux activités syndicales. D’où les cadres exhortent le chef du gouvernement à faire attention à la politisation des problèmes sociaux de la RVA et à contrecarrer la campagne de déstabilisation en cours, car de nature à décourager les bailleurs et hypothèquer les fonds attendus.    

Jacques Kimpozo

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