RVA : «la Note de don» et «la Lettre de décaissement» des fonds des banquiers signées par le gouvernement

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Tunis, la capitale de la République de Tunisie, a accueilli du lundi 16 au mardi 17 août 2010, une délégation du gouvernement congolais. Celle-ci était composée de quatre ministres dont Matata Ponyo Mapon des Finances (chef de la délégation), Jeannine Mabunda Lioko du Portefeuille, Olivier Kamitatu Etsu du Plan et Laure-Marie Kawanda Kayena des Transports et Voies de communication. Le ministre des Finances a signé, au nom du gouvernement congolais, la « Note du don » ainsi que la « Lettre de décaissement des fonds » de l’ordre de 160 millions Usd dont 150 millions Usd de la Banque Africaine de Développement (BAD) et 10 millions Usd de la Banque mondiale. Cette cagnotte devait permettre à la Régie des Voies Aériennes (RVA) de  financer son vaste chantier de modernisation des équipements et des installations aéroportuaires. C’est l’Adg de la RVA, Jean Assice lui-même qui a livré cette information, au cours d’un point de presse qu’il a tenu samedi, 21 août 2010, au salon Lubumbashi du Grand Hôtel Kinshasa. 

            Jean Assice a rappelé à la presse que l’espace aérien congolais était considéré jusqu’il y a peu, dans les annales de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) et de l’IATA (Association Internationale des Transports Aériens), comme une « zone rouge», entendez un couloir à hauts risques pour les aéronefs. Cela tenait à la vétusté d’instruments d’aide à la navigation aérienne, à l’état désastreux des installations aéroportuaires, à la faiblesse du dispositif anti-incendie, ainsi qu’à l’expertise limitée du personnel technique. Plus d’une fois, des menaces d’embargo étaient brandies à l’endroit de notre pays, notamment par la suppression des escales des compagnies aériennes étrangères. Il a fallu ainsi faire une course contre la montre, en vue de remettre la RDC au diapason des standards internationaux. Le pari est déjà gagné par son comité de gestion de gestion.             

Embauches sauvages           

            Estimé à 3.300 unités en 2005, pour une masse salariale mensuelle d’environ 1,2 millions Usd, le personnel de la RVA a enregistré un contingent de 2.000 nouveaux cadres et agents entre 2006 et 2007. Ce qui a porté la rémunération mensuelle autour de 2 millions Uds. Le fardeau financier et social s’élève aujourd’hui à 52 millions Usd (arriérés des salaires, des décomptes finals et de cotisations sociales).

Pour éviter l’asphyxie, le comité Jean Assice a dû dégraisser, ramenant ainsi le nombre du personnel de 5.115 à 4.714. L’on a décelé de nombreux faux contrats (des secrétaires de direction engagés comme des techniciens…), de même que plusieurs cas des faussaires sans titres académiques ou utilisant des titres académiques des tiers; des D4N qui sont payés comme des licenciés…Ce dégraissage a permis d’améliorer les conditions socio-économiques et salariales des travailleurs.  

Grève : les syndicalistes pour la politique de la chaise vide !             

            Une grève paralyse, depuis le jeudi 12 août 2010, la RVA. Déclenchée en l’absence de l’Adg Jean Assice, celle-ci a failli tourner au drame le vendredi 20 août 2010 avec l’intervention musclée de la police nationale qui a procédé à l’arrestation de quelques agents de cette régie, pour trouble de l’ordre public. 

Pour l’Adg Jean Assice, « on fait semblant de découvrir des problèmes qui datent de plus de quarante ans. Le succès de la RVA dérange, et qui dérange-t-il ? » s’est-il interrogé. Le comité Jean Assice a déploré la politique de la chaise vide pratiquée par la délégation syndicale qui continue à briller par son absence à la table des négociations sous la supervision de l’Inspecteur général du travail. Vendredi 20 août 2010, elle s’est absentée pour la troisième fois consécutive, comme si elle a délibérément opté pour la politique de la chaise vide. Et pourtant, elle avait une bonne occasion de défendre sa cause.

   Abordant le dossier du second palier du Smig (Salaire minimum interprofessionnel garanti), l’Adg Assice a indiqué qu’il n’est nullement opposé à son paiement. Après avoir intégré le premier palier dans l’enveloppe de paie, la direction générale, a-t-il déclaré, est occupée à évoluer progressivement vers le second palier. Comme geste de bonne foi, un acompte du second palier du Smig est disponibilisé. Son impact mensuel est de 250.000 Usd sur la masse salariale. En l’état actuel de la trésorerie, Jean Assice juge suicidaire le paiement automatique du second palier, car elle exigerait un supplément mensuel de 500.000 Usd, somme non disponible.

            Le comité Jean Assice se dit totalement ouvert au dialogue et aux activités syndicales. Mais, il fustige la politisation des problèmes sociaux de la RVA et la campagne de déstabilisation en cours, car de nature à décourager les bailleurs et à hypothéquer les fonds déjà dans le pipe-line.

            Ce mouvement de grève a-t-il tenu à souligner, n’a pas suivi la procédure en la matière. Surtout qu’il existe un dialogue permanent entre le comité de gestion et la délégation syndicale. De toutes les entreprises de la capitale, il n’y a que l’Ogefrem, a reconnu l’Adg Jean Assice, qui applique le second palier. La RVA figure sur la liste de la dizaine qui a dépassé le seuil du premier palier. Mais, partout ailleurs on ne demande pas le départ des mandataires, ni des Adg.

            Ce mouvement de grève, a-t-il noté, est une fuite en avant des faussaires et des détenteurs des faux contrats de travail, qui craignent le contrôle dans les tout prochains jours des dossiers des agents et cadres de la ville de Kinshasa. Mais, en dépit de l’agitation actuelle, la RVA est décidée à placer la personne qu’il faut à la place qu’il faut. Affaire à suivre. 

Michel LUKA

 

 

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