Routes : le Sénat tire la sonnette d’alarme !

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senat-congo-kinshasa-rdc (1)Les routes nationales, urbaines tout comme celles de desserte agricole, et la quasi-totalité des grandes artères de la capitale sont dans un état de délabrement très avancé. La plupart sont impraticables depuis belle lurette. Si rien n’est fait, le pays risque de disparaître par manque des voies de communication d’ici 10 à 15 ans, s’inquiète la chambre haute du parlement.

Le constat est du Sénat. Il relève du rapport de sa commission spéciale mise sur pieds à la faveur d’une question orale du sénateur Ndolela Siki Konde Léopold adressée au gouvernement en  date du 6 mai 2015, en vue d’obtenir de la lumière sur la planification et la programmation des travaux de réhabilitation et de construction des routes à travers le pays. Plusieurs ministres concernés par la question ainsi que les directeurs généraux des quatre services publics (Fonds National d’Entretien Routier, Office des Routes, Office de
Voirie et Drainage, ainsi que l’Agence Congolaise des Grands Travaux) ont été entendus par la commission.

En clair, il était question d’obtenir des explications sur
l’affectation des fonds que gère le FONER (Fonds national d’entretien
routier), parce que l’état des routes demeure dans une situation
extrêmement pitoyable.
Parlant de la politique générale des routes, le ministre des
Transports et Voies de communication a renseigné que le plan directeur
de l’aménagement du territoire et la cartographie de routes actualisée
tous les 3 ans existent, mais souffrent du manque d’application, faute
de financement conséquent. Tout comme le plan des routes élaboré
pendant la colonisation n’a été réalisé que partiellement.
Avant de reconnaître l’avance des pays voisins qui ont des routes de
qualité supérieure par rapport à la RDC. La maintenance et la
réhabilitation des routes existantes constituent un épineux problème à
résoudre : « …contrairement à d’autres pays, les ressources mobilisées
par le gouvernement de la RDC en matière des routes sont dérisoires,
avec une moyenne annuelle de 850 millions USD dont la moitié sur
ressources propres», a déclare le ministre, en fustigeant des
promesses souvent non tenues de la BAD ainsi que d’autres partenaires
en la matière.
En ce qui concerne les recettes mobilisées par le FONER, il a indiqué
qu’elles s’élèvent actuellement à 586 millions de dollars, avec une
moyenne annuelle de 120 millions USD.
Pour ce qui est des ouvrages d’art et contrats sino-congolais, on
signale que seulement 46 bacs sur les 103 prévus ont été réhabilités,
contre 20 ponts sur les 200 prévus.
Les routes de desserte agricole dont le ministre n’a pas pu fournir
le nombre exact, sont aussi dans un état déplorable par manque de
budget conséquent. Le ministère se limite à coordonner les activités
autour desdites routes à travers le recrutement des attributaires, en
collaboration avec des structures comme la FEC, la BM, la BAD ainsi
que la Coopération belge qui interviennent aussi dans le financement
sur quelques axes.
Sur les 87.000 km prévus, seuls 23.000 km ont été réhabilités par les
Comités Locaux d’Entretien Routier, CLER. Par ailleurs, sur 87.000 km
de routes de desserte agricole, seulement 57.000km sont qualifiés de
prioritaires, et 30.000 restants ne sont pas encore évalués.
Cette triste réalité est bien visible dans la capitale où les routes
praticables constituent seulement 28%. Le réseau routier disponible à
Kinshasa est de 3.364 km sur les 12.000 évalués.
Pour s’en rendre compte, l’audition du rapport a été interrompue pour
procéder à la projection d’images sur quelques routes de la capitale.
Les avenues Bokassa, Tombalbaye, Ebeya, Wangata, de l’Hôpital,
Université, Bongolo, de Carigres, Plateau, Commerce… ne restent que
de simples vestiges, leur état n’a laissé personne indifférent. Un
sénateur n’a pas caché sa déception pour lancer : « où est donc la
révolution de la modernité tant vantée ? ».
Pour sa part, dépourvu d’allocations budgétaires, l’OVD (Office des
Voiries et Drainage) assiste impuissant à la dégradation de la voirie,
pour s’appuyer sur le FONER. L’OVD ne reçoit que 20% des prévisions
annuelles. Ses projets démarrés de 2009 à 2011 sont à l’arrêt à part
quelques uns financés par le FONER.
Comment les recettes mobilisées par le FONER sont-elles affectées ?
Pourquoi les routes d’importance se trouvent-elles dans un tel état
pitoyable pendant qu’il y a un service public créé pour cette fin ? Ce
sont quelques questions qui ont été posées aux différents responsables
lors de leur audition à la commission.
Deux jours ont été accordés à la commission pour préparer des
réponses aux préoccupations des sénateurs.
Dom

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