Révision constitutionnelle : l’ambassadeur de France prône un consensus national

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A54Comme à l’accoutumée, du beau monde a rempli les jardins de la résidence de France sur rue Kalemie, à Gombe, hier lundi 14 juillet 2014, à l’occasion de la fête nationale de ce pays. Ministres, sénateurs, députés nationaux et provinciaux, gouverneur de la ville de Kinshasa, diplomates, scientifiques, artistes, journalistes, ont répondu présent à l’invitation de l’ambassadeur de France en RD Congo, Luc Hallade. Ce dernier, après 3 ans de présence, a prononcé une adresse en territoire congolais, à l’intention de ses convives, axée sur trois sujets paraissant illustrer à la fois les enjeux et les défis d’une relation bilatérale entre la France et la RDC : le triangle élections-stabilité et sécurité ; l’ENA congolaise qui vient de naître ; et, enfin, la semaine française tenue en mai dernier.

 Concernant le premier point, Luc Hallade a fait noter que, pour se développer, un pays, quel qu’il soit, a besoin de la stabilité et de la sécurité pour réussir à enclencher une dynamique positive. « La stabilité n’est pas synonyme de statu-quo. C’est le fonctionnement régulier des institutions et des pouvoirs publics, le respect des libertés publiques consacrées par la Constitution. La stabilité dans une démocratie, c’est aussi le respect des prérogatives et de l’indépendance des différents organes qui ont, chacun dans leur sphère propre, un rôle éminent à jouer : le législatif, l’exécutif et le judiciaire » a-t-il souligné, avant d’insister sur le respect d’une règle de base du fonctionnement de toute démocratie : la possibilité d’une alternance au pouvoir, sanctionnée par des élections libres, transparentes et inclusives.

Rappelant à cette occasion quelques règles de base s’appliquant universellement dans tous les pays du monde qui aspirent à la démocratie, l’ambassadeur de France a indiqué qu’aucune Constitution n’est intangible. Il a pris en exemple celle de la Vème République de son pays qui a connu de nombreuses modifications au fil du temps. « Mais derrière la Constitution, il y a son fondement, qui est le consensus national autour de règles communément admises de fonctionnement de la société et des pouvoirs publics » a-t-il soiligné.

Enfin, au sujet de la stabilité toujours, le diplomate français a salué la nomination des juges de la Cour constitutionnelle qui seront chargés, dans la période délicate qui s’annonce, à veiller au respect de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi, de connaitre des recours en interprétation de la Constitution, mais aussi de juger le contentieux des élections présidentielles et législatives, les conflits de compétences entre le pouvoir exécutif et le législatif ainsi qu’entre l’Etat et les provinces, selon les articles 160 à 164 de la Constitution congolaise du 18 février 2006.

Coopération économique : les Français veulent venir, mais…

Avouant qu’il est anormal que très peu d’entreprises françaises soient présentes en RDC, alors même que plusieurs manifestent, quelques fois depuis plusieurs années, leur volonté de développer leurs activités et leurs investissements dans notre pays, Luc Hallade a solennellement émis le souhait de voir, dans les années à venir, de nouveaux projets français se développer sans entrave en RDC. « Il faut pour cela que des décisions soient prises, sur des dossiers qui ont trop longtemps tardé. Et aussi que des groupes ou dirigeants français ne soient pas trainés en justice sous de faux prétextes, avec quelquefois des menaces à peine voilées sur leurs personnes ou les intérêts de leurs entreprises », a-t-il relevé.

Néanmoins, il a salué la tenue, du 26 au 31 mai 2014, de la 1ère semaine française qui a accueilli plus de 10.000 visiteurs venus découvrir la vingtaine de stands d’entreprises françaises installées en RDC.

Abordant le chapitre de l’Ecole Nationale d’Administration(ENA), l’ambassadeur a agréé le début des cours dans cet institut, depuis le 1er juillet, et souhaité plein succès aux 60 futurs hauts fonctionnaires composant la 1ère promotion symbolisant le levain et la fierté d’une nouvelle Fonction publique attachée aux vertus républicaines et au service de l’Etat congolais.

Tshieke Bukasa

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