Révélation de Leila Zerrougui : la Monusco a déjà réduit ses effectifs de 22000 à 13000 hommes

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Après un long séjour aux USA où elle a mené une intense activité diplomatique, la cheffe de la Monusco, Leila Zerrougui, était hier jeudi 3 octobre 2019 devant les médias pour faire la restitution du travail abattu aux USA et répondre aux préoccupations de ses hôtes. Le message essentiel lâché par la Représentante spéciale du Secrétaire général  de l’ONU est que les effectifs de la Monusco, évalués jadis à 22000 hommes, sont réduits à 13000. La Monusco n’est pas une armée d’occupation et partira le jour où le Conseil de Sécurité le lui demandera.

            S’agissant du séjour de la Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, elle a  pris part à la 74ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies et s’est intéressée à la rencontre des Chefs d’Etat et officiels de haut rang  axée sur le réchauffement climatique. Dans la foulée, la cheffe de la Monusco a affirmé avoir échangé avec le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, à New York.

Questions « coups de poings »

            Leila Zerrougui a expliqué aux médias avoir plaidé le cas de  la RDC auprès de ses interlocuteurs lors de son récent séjour aux USA.  A tous, a-t-elle insisté, elle a fait passer le message d’un pays aux énormes potentialités et où les choses se remettent en place. Et   si la RDC  redécolle, elle peut servir de locomotive d’une grande partie de l’Afrique en ce qui concerne le  développement. Elle a souligné que la RDC a réalisé  des avancées, épinglant le cas  des coins où jadis les FARDC étaient invisibles  ou celui des galonnés de l’armée reconnus fautifs et déférés en justice…. En outre, l’autorité de l’Etat  commence à s’installer dans tous les coins du pays….

            Néanmoins, d’énormes défis restent encore à relever, plus précisément au Kasai, un coin peu développé, longtemps considéré comme un oasis de paix mais secoué récemment par la violence, le Tanganyka, l’Ituri …. . Dans le même registre, elle a relevé le cas des miliciens  prêts à se rendre  et aimeraient être réinsérés dans la vie civile.

            La diplomate algérienne  a fait état aussi  des échanges qu’elle a eus avec un des ténors de la Banque Mondiale et un autre du Fonds de Consolidation  de la Paix et qui est attendu en RDC l’année prochaine.

            Elle envisage de se rendre à Londres et Bruxelles d’ici là.

Les questions des médias ont été centrées sur les extraits du discours de Félix Antoine Tshisekedi à l’ONU, plus précisément le problème de la reconfiguration du prochain  mandat de la Monusco et la nécessité pour la RDC de bénéficier encore de l’accompagnement des  Casques bleus. Un confrère s’est demandé si  contrairement au président sortant, l’actuel Chef de l’Etat n’était pas devenu l’avocat de la Monusco aussi.

Un autre confrère a déploré la résurgence de la violence, assimilant ces violences à répétition  à un échec  de la Monusco. La question sur les  causes profondes de la déstabilisation de la RDC a été  soulevée.

            Reprenant la parole, la cheffe de la Monusco a expliqué posément qu’il y a encore certaines choses à parachever et Félix Antoine Tshisekedi tient à ce que les Casques bleus restent encore pendant un certain temps en RDC.

            La Monusco est présente dans 6 de 26 provinces de la RDC, a-t-elle précisé, ajoutant  qu’il y a la revue stratégique qui pointe à l’horizon. Ce sera pour  déterminer ce que la Monusco peut faire dans un avenir proche.   Dans la foulée, elle est revenue sur le dégraissage  enregistré récemment avec la suppression de 800 postes et la fermeture de certains bureaux. Cela a provoqué un tollé.  En outre,  deux bataillons vont quitter incessamment la RDC

            Les missions onusiennes de maintien de paix présentes en Côte d’Ivoire, Tchad et Sierra Leone ont déjà plié bagages et il serait intéressant qu’il en soit aussi le cas pour la RDC.

            Quant à la préoccupation sur la résurgence de la violence dans certains coins du pays, elle a insisté sur la nécessité de connaître les causes profondes d’une menace pour espérer y faire face. Elle a ajouté qu’au Nord Kivu, il y a les ADF, les groupes armés locaux, des tensions intercommunautaires….. et même Ebola.

            Il est nécessaire d’associer le développement de  la RDC  aux problèmes de réconciliation des communautés, de contrôle des minerais par l’Etat  et faire en sorte que les pays voisins ne se mêlent pas des problèmes du Congo Kinshasa, ou encore que les populations ne prêtent pas leur concours  aux miliciens…

            Autres causes des tensions : les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les frustrations des populations tirant leur survie de la forêt et craignant d’en être dépossédées….

            Quant à l’idée de la  création d’une sorte de Commission Vérité et Réconciliation en écho à la suggestion  du Dr Mukwege sur la mise sur pied d’un Tribunal Pénal Internationale pour la RDC, Leila Zerrougui a indiqué que c’est aux Congolais eux-mêmes de choisir s’ils veulent une justice transitionnelle ou autre chose. Mais avant de réconcilier le bourreau et sa victime, il est nécessaire de donner du pain et du travail à ceux qui ont tout perdu. Jean-Pierre Nkutu

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