Requiem pour la pépinière de Bandalungwa

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Le martyre  de la province de  Gansu, au Nord Ouest  de la Chine ,cruellement  frappée  par des  calamités naturelles , s’efface déjà  de la  brûlante actualité mais reste néanmoins encore frais  dans  nos mémoires. 

            Ce n’est pas de sitôt qu’on oubliera que  des pluies diluviennes ayant  provoqué   des  glissements  de terrain, ont  surtout  charrié   des coulées  de  boues    sur le   passage  desquelles   corps et biens ont été engloutis.   

            Les  chiffres  officiels des milliers  des  morts et  disparus sont  en  eux-mêmes  effrayants, même  si  au  sujet  de la gestion  du  recensement macabre  consécutif aux  victimes  d’accidents  ou des meurtres d’Etat,  le gouvernement  communiste  chinois  sacrifie  toujours   , dans le domaine , à sa solide tradition d’opacité qui n’a été que  rarement  démentie dans son histoire ancienne ou récente. 

Toujours  est – il  que  pour   la Pépinière de  Bandalungwa  à laquelle dans sa livraison sous n° 3891 du 16 / O8 / 2010 votre  Journal  a  consacré un article  d’ Adieu  en  tant qu’espace  vert,  nous ne perdons pas d’attendre  qu’elle soit  demain à  son  tour  un   cimetière de boue et de gravats pour ses  futurs  occupants.

            Ce n’est pas là une  malédiction mais nous ne voyons pas un autre  le destin  pour  ses futurs résidents  quand  à sa place  y  seront  érigés des  logements  « en préfabriqué ou  en béton »,  matériaux qu’à  GANSU , n’ont pas pu ,  résister  aux  furies  de la nature actuellement  en révolte et continuellement  déchaînée  à la suite des  fameux  changements  climatiques .

            Il a fallu le  drame de  GANSU, pour découvrir  , qu’en fait  de  béton  à la base de ses bâtiments , tout  n’était  que  du sable  d’où  leur  degré de  résistance   proche de zéro à l’épreuve  de cette   calamité qui les a naturellement  emportés . 

            Exposé aux intempéries  –  ce sera plus tôt qu’on ne se l’imagine- le  futur quartier de la Pépinière    s’écroulera   aussi comme château  des cartes dans le désert,  ses  habitants  futurs  rescapés du  sinistre ainsi  annoncé   ne manqueront  pas  de rendre coupables  de leurs détresses  ou de  leur  agonie,  les  Chinois  et  les responsables  gouvernementaux actuels .

            C’est exclu  cependant qu’ils le fassent gaiement  en chantant   à l’image de Gavroche , personnage de Victor  HUGO, blessé  à mort  par balles  et  moribond sur les barricades  ,  était  néanmoins parvenu  en  fredonnant  désigner   dans  son ultime  râle  le duo  par la double faute duquel il finissait si tristement :    ROUSSEAU  et    VOLTAIRE.

            Soyons  cependant  justes, les Chinois  ne  seront  pour rien dans le scénario  catastrophe   que nous nous autorisons  d’annoncer sur la foi de l’expérience.

            Ce qui est et sera  toujours  mis en  accusation plutôt,  sera en  effet l’incommensurable  bêtise humaine  qui   certes est  la chose du monde  la mieux partagée, mais qui en RDCongo est  pratiquée en culte.

            A cela que peuvent  les Chinois  même s’ils savent  comme  tout le monde  partout   ailleurs  dans le monde , que  le couvert végétal  est  extrêmement  important  et indispensable  dans  la prévention  des calamités  naturelles  telles  que les pluies, les inondations, les tempêtes,  etc. ..

            A GANSU,  cependant,  on a   eu  certainement affaire  aux   irresponsables    avaient  avec hargne rasé l’essentiel  des  végétaux  qui garnissaient   les  flancs  de ses  collines.

             A la Pépinière de Bandalungwa  où  certainement  le béton supplantera  bientôt  toutes les cultures et plantes   sur ce  terrain au départ marécageux  mais  progressivement  récupéré  au profit  de la  profession maraîchère aux abois , les clones congolais des  irresponsables  de Gansu ont   fait la même preuve de  « sylvaphagie »  . 

            A  Gansu, les  gens  ne voyaient  dans les arbres  de la  forêt  que le bois mort  que celle-ci  produisait pour eux  jusqu’à  son épuisement  pour tous usages  avant  qu’ils ne la  remplacent  , par le fameux béton.

            En RD Congo, la situation et  l’état d’esprit  vis-à-vis  des  terrains réservés ,  plantés  ou  cultivés  sont  à peine différents .En tout cas ,  les espaces verts aménagés comme tels par la Colonie  ont  appâté  et assouvi  la boulimie immobilière dans  tout  le Pays en général, et  à KINSHASA en particulier.

            Aucun  gouvernement   depuis l’indépendance  jusqu’à ce jour n’y a mis bon  ordre de manière  crédible.

Il est vrai que de tout temps et n’importe où, tout terrain nu, vert ou pas, dès qu’il présente un intérêt  surtout  financier  ne peut qu’attiser  de  la convoitise de toutes  sortes.

La ruée  est  universelle  de la part des pays  dits riches vers  les terres  supposées qu’on croit toujours et  encore vides et disponibles dans les pays pauvres.  Exemple : Tout un pan des terres malgaches  que  RAVOLOMANANA  a louée  pour  un  demi-siècle ou plus à la Compagnie DAEWOO. Le mécontentement  de  ses compatriotes fut à son comble. La suite est connue.

            Mais le mouvement  a été même   plus  vertigineux  chez nous aussi , notamment  dans les terrains miniers  et  forêts  et  apparemment  il n’est pas prêt de se  tempérer  à  la faveur  de l’absence d’Etat de droit  qui  rend souvent inaudibles  toutes  les  voix de discordance et de résistance locales ou internationales même  et surtout  si elles sonnent  juste.

            La conférence nationale  souveraine a été de celles-là, hélas en vain. Bien que  décriée avec constance  , c’est  la politique de  tout béton qui reprend  de la même  manière  du poil de la bête malgré   les précédents  malheureux ici ou ailleurs qui  plaident pour  son application nuancée  si pas son arrêt total  .

            La  forêt  de météo  qui n’y  a pas échappé n’offre pas en rechange  une mine extraordinaire  qui peut nous consoler  de notre deuil  de sa perte.

            Cette  amertume  était venue raviver une autre  que nous couvions   à la  suite de la  destruction de la forêt de Lovanium domaine réservé de zootechnie pour les étudiants en agriculture. Par  la volonté du régime de l’époque  elle avait été transformée  en Cité Salongo.

            Le prétexte était d’y ériger  comme, aujourd’hui,  pour la Pépinière de Bandalungwa  des milliers de  logements  sociaux en faveur des gens aux revenus modestes.

 Au final, on a eu droit , sauf quelques exceptions ,  à  des  huttes  en dur  dépourvus  de cour , de jardin , et plus grave de garages même  pour des vélos  et motos.

            Ces logements  furent, curieusement  cédés   en grande partie à des  spéculateurs   qu’à leurs  destinataires  naturels  proclamés.

La destruction  de la forêt de Lovanium, est un exemple type  d’un double  crime  dont  était coutumier le régime dictatorial défunt ,   commis contre la nature  mais aussi et  surtout contre la  science. Difficile, en effet,  de nous convaincre que le  Guide éclairé  pouvait  manquer  de choix, alors qu’on a vu  se bâtir pendant ce temps ou après   les cités  dites  Verte, de  Badiandingi,  de MIMOSAS, sur des terrains sans vocation scientifique ou à tout le moins non   sujets à grande polémique .

            Parlons également  un instant  des  entreprises  de construction, en charge de ces sites.

            A quoi avait-il servi de  mettre  sur pied la CNECI à la place de l’Office National de Logement, lui-même héritier  du défunt  Office colonial des Cités  Africaines en abrégé l’OCA ? En quoi l’ONL avait –il démérité ? Ne pouvait -il pas trouver une formule de collaboration avec la CADECO qui malgré ses infrastructures à travers tout le pays  a été  superbement ignorée ? 

            Notre   crainte est que les promoteurs immobiliers  actuels,  s’ils sont  étatiques,  nous la jouent pareille, tant les mauvaises  pratiques  ont la vie dure surtout dans ce domaine.

            Nos partenaires chinois  qui sont tout sauf des anges , ajouteraient  à notre mégestion immobilière  le poids  formidable de leur  « expertise » rôdée  dans une  population démographiquement   énorme , sur  un  territoire  immense et  au sein d’une  culture dénuée de moindre esprit  de contradiction.

            De sorte que quand  il  arrive à nos partenaires   de  commettre  des bourdes, c’est à l’avenant, hélas. Illustration : le barrage dit  non d’une mais  de Trois  Gorges.

            A la base de cette œuvre  monumentale  d’immenses et sérieux  besoins  d’énergie pour son irrésistible croissance, aux allures d’une  véritable croisade  pour subjuguer  les US A  et pas moins.

En filigrane aussi, l’ambition à la limite de la mégalomanie  de la part des  Communistes  Chinois  de rivaliser avec les Dynasties impériales  qui les ont précédés  de l’Antiquité  aux Temps Modernes,  bâtisseuses   de la Grande Muraille, une œuvre sans pareille dans le monde .

            En fait,  même s’il ne pouvait  pas égaler cette dernière, beaucoup s’en faudrait du reste, le Barrage de  Trois GORGES n’en  est  pas  moins un projet  de tous les superlatifs absolus que le gouvernement  communiste a  exécuté , comme le fut  la Grande  Muraille  , sans  états d’âme. Et cela, en dépit  du contexte et  des mentalités  actuels  recommandant  une extrême circonspection  à cause  des  conséquences  humaines, écologiques, culturelles et  environnementales que comportait ledit  projet.

             A défaut d’une solution de rechange,  les aménagements en termes de temps étaient possibles. Rien n’a  arrêté le gouvernement dans ses délais. C’est avec une rare brutalité qu’on  a déplacé plus de 2 millions de personnes  sans  des réparations équitables  pour  elles toutes  mais avec beaucoup de désolation.

            Les protestataires  ont été arrêtés  et  traités  sans  grande aménité comme seuls les Chinois Communistes  savent le faire et  peuvent  se le permettre ;  des vestiges et  des  sites  archéologiques de plus de 5000 ans  ont été  anéantis ; le réservoir de biodiversité endémique que constituait la région a été également  détruit.  Fin  de  la litanie pour rappeler seulement  que ce faisant, les Communistes  Chinois  ont  oublié ou plutôt feint d’oublier au passage, que  la région de Trois Gorges  était aussi une région de tremblement de terre.

            Prévus  pour dix  sept ans, les  travaux débutés  en I994  se sont terminés en 2006 et le barrage devenu réellement  opérationnel en 2008. L’œuvre  imposante donnée  pour durer  500 ans avait déjà en 2003 arraché  ce commentaire dithyrambique   des autorités officielles  chinoises  un brin présomptueuses : le barrage a la capacité d’encaisser  les pires  inondations  depuis 10.000 ans !

            C’était sans compter avec le coup  de semonce des inondations de 2007 dans la province du barrage qui ont  fait  réduire les prévisions  à 1000 ans puis  à seulement  100 ans en 2008 après  le séisme dévastateur  ayant  fait  près de 70.000 victimes . Auteur de tous ces fléchissements : Monsieur  CAI GUANGJING,  Directeur  de la Corporation des Trois Gorges, soi même.

            Mais bien avant  le sinistre de GANSU, l’agence de presse officielle de la  Chine Rouge  avait  lancé une alerte orange  sur la région  de l’énorme Barrage et  sur ce dernier lui-même : risque d’obstruction des portes d’écoulement du barrage ,car les tonnes d’ordures déversées  dans le lac de retenue  par plus de 150 millions des  riverains  sont si compactes qu’on peut  marcher à la surface. Ces immondices se sont accumulées par pénurie du personnel de ramassage et faiblesse de leur équipement.

            Sur le site du barrage les  Inondations provoquées par les pluies torrentielles ont accéléré le risque sécuritaire à propos duquel  Monsieur  CAO GUANGJING, Directeur de la Corporation des Trois Gorges, la  plus orthodoxe et  la  plus  optimiste  des autorités  officielles chinoises  sur les bienfaits  du  barrage sous  sa direction  ,   avait fini par reconnaître  que : «  La capacité de  contrôle des flux du barrage n’est pas  sans limite »

            Ce qui est révélateur de la gravité de la situation en cette occurrence car la langue des Chinois communistes est souvent plus de bois que de sincérité.

            Dans le comportement  des Chinois  y  a-t-il une part du cynisme ? Les méchantes langues n’ont hésité   à le penser à haute voix.

            D’après  ces dernières  cet aveu à peine voilé et  anticipé d’imprévision ou de négligence de coupables, préparerait  déjà  l’opinion nationale et internationale  et au choc de  l’inévitable et à l’indulgence de la part des   contempteurs  habituels des communistes chinois.

            Et les critiques de conclure que les Trois Gorges est en fait un tsunami prémédité  qui sera sans précédent dans l’histoire, et par lequel  la Chine  entendrait régler  en partie son problème de surpopulation, un peu comme le 11 Septembre était donné pour  un complot de la CIA et Georges BUSH pour justifier  sa Guerre   contre  l’IRAK  de Saddam HUSSEIN! Pour le bénéfice de ses compagnies  et celles de ses amis Républicains.

            Sauf qu’ici les autorités chinoises  seront inexcusables  car  le bilan humain  si la  catastrophe se réalise  risque de dépasser celui qui a sanctionné  la construction de la Grande Muraille, il y a des milliers d’années. Et en plus elles auront été prévenues  des conséquences de leur  bêtise : des centaines des millions d’hommes vivent  en  effet  en aval du barrage.

Morale de l’Histoire : même si on est chinois communiste on en est pas moins homme. Prétendre  dominer la nature impunément et avec un risque éternellement  zéro  constitue   une arrogance  insupportable.

            Les calamités naturelles de tous  genres qui défraient la chronique quotidienne dans tous les continents sont là pour nous le rappeler.

            Le traitement  infligé à la Pépinière de Bandalungwa  est l’illustration type en micro de ce qui se fait  en  grand  sur les forêts nationales, en dépit de la vigilance des défenseurs de la Nature de chez nous et d’outre mer.

            La bêtise humaine  fait oublier à l’homme qu’il  fait partie de la Nature, à l’ égard de laquelle il faut savoir modestie garder .

 Respecter  et  avoir peur  de la Nature  est l’idéal car les offenses  délibérées ou pas   qui lui sont faites  préjudicient en fin de compte  l’Humanité donc l’Homme, vous et nous.

            C’est incertain que le comportement de l’homme soit un jour irréprochable  mais  c’est   sûr que  tout homme coupable d’attentat  à la Nature et à l’Homme  soit condamné à payer la facture  de  ses bêtises, tôt ou tard , sous quelque forme que ce soit . D’où cette réflexion de  GB SHAW  pour qui  « L’humanité serait depuis longtemps heureuse si tout le génie que les hommes mettent à réparer  leurs  bêtises, ils l’employaient à ne pas les commettre. » 

Léopold  MBUYI KAPUYA Meleka

Secrétaire Général de la Ligue pour la Qualité de la Vie Parti Politique».

 

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