Réplique du Premier ministre aux préoccupations des députés

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Muzito déconseille le pessimisme et le défaitisme

Comme prévu, le Premier ministre a répondu hier mercredi 28 avril 2010 présent au rendez-vous avec la Représentation nationale pour essayer d’apporter de l’éclairage à leurs préoccupations lui posées en rapport avec la question orale de l’honorable Jean Lucien Bussa Tongba.
Adolphe Muzito Mfumutsi a regroupé les questions des députés, avant de tenter d’y répondre. Il a dit que les préoccupations lui adressées étaient liées à la situation politique et sécuritaire, sociale, économique et financière du pays. Donc à la politique générale de la nation.
A propos des allégations faisant état de l’existence d’un gouvernement parallèle, le Premier ministre a balayé du revers de la main ces accusations rappelant que la Constitution attribue au seul gouvernement qu’il dirige la plénitude de la gestion des affaires nationales.
Concernant les questions relevant du domaine politique et de la sécurité, il a dit que la Rdc n’est plus à ce jour en situation de guerre menaçant sa souveraineté, malgré son statut de pays post-conflit.
 La normalisation des relations diplomatiques avec les Etats voisins, la fin de la rébellion du CNDP, la traque des FDLR et LRA…constituent la preuve du retour de la paix.
 Quant à la réforme de l’armée, il a renseigné qu’elle est à sa première phase, avec la formation en cours, notamment d’un bataillon commandos au Maniema, de 20 autres bataillons grâce à la coopération multilatérale sous l’égide de la Monuc, la réouverture des écoles de formation et académies militaires, etc.
 Concernant les événements de Mbandaka à la base de la question orale, le chef du gouvernement a préféré ne pas s’expliquer en public à cause de la sensibilité de la question. Il a proposé d’aborder la question dans une commission ad hoc avec l’Assemblée nationale.
 D’autres questions notamment celles d’ordre économique et social, avec à l’affiche les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat ont également abordées par Adolphe Muzito.

 

J.L. Bussa sur sa soif !

 Invité à conclure sa question orale avec débat, Jean Lucien Bussa s’est déclaré non satisfait par les réponses fournies par le premier ministre.
 « En effet, les réponses que vient de donner le premier ministre aux préoccupations des députés ne m’ont pas convaincu et satisfait. Il suffit de les comparer aux objectifs de son propre programme et d’observer la réalité sur le terrain pour mesurer l’étendue des contre-performances ».
 Pour Bussa Tongba, l’échec est patent et ne fait l’ombre d’aucun doute s’il faut regarder la réalité sur le terrain par rapport aux discours politiques.
 Les qualifiant de non satisfaisantes, les réponses du premier ministre ont été regroupées par l’auteur de la question en six catégories. A savoir : des questions liées au domaine politique et réforme institutionnelle ; questions liées à la défense, sécurité et ordre public ; consolidation de la stabilité macroéconomique et de la croissance ; au développement des provinces ; au social et à la prise en charge des questions humanitaires ainsi que des questions liées à la mauvaise gouvernance, corruption et à l’enrichissement illicite.
 Pour ce qui est du domaine politique et réforme institutionnelle, il a dénoncé la rétrécissement de l’ordre démocratique caractérisé par la remise en question de l’équilibre entre le pouvoir politique et l’indépendance de la justice, l’incapacité ou le refus d’organiser les élections municipales et locales, l’absence de l’autorité de l’Etat pour organiser les services de sécurité ainsi que les faiblesses de l’exécutif d’exercer ses pouvoirs constitutionnels.
 Concernant les questions liées à la défense, sécurité et ordre public, J.L. Bussa relève que 4 ans après, le processus de la réforme de l’armée, police et services de sécurité est toujours à la phase embryonnaire et virtuelle.
Pour ce qui est de la stabilité macroéconomique, l’orateur indique que le taux de croissance du PIB est passé de 6,2%  en 2008 à 2,7% en 2009.
 Quant aux questions liées au développement des provinces, Bussa Tongba accuse le gouvernement central de jouer pour la déstabilisation de certaines provinces, notamment le Sud Kivu et l’Equateur.
Dans le secteur social, il a relevé l’effritement du pouvoir d’achat des agents et fonctionnaires de l’Etat. Une situation qui les met en mal pour nouer les deux bouts du mois.
 En ce qui concerne l’enrichissement illicite, l’auteur de la question orale a provoqué le froid dans le camp de la majorité avec des informations sur la fortune présumée du Premier ministre.
 « Je tiens le Premier ministre pour personnellement responsable de l’institutionnalisation de la corruption comme mode de gestion et d’instrumentalisation politique des acteurs », fait-il observer, avant d’éventrer le boa.
Selon Jean Lucien Bussa, Adolphe Muzito se serait enrichi à la vitesse vertigineuse endéans deux de pouvoir.
 En conclusion, J.L. Bussa a décidé de transformer sa question en motion de censure.
 La récolte des signatures a commencé aussi tôt après la suspension de la plénière.
 Selon la loi, pour qu’une motion de censure soit valable, l’initiateur doit recueillir ¼ des signatures des membres composant la chambre parlementaire.
Pour l’Assemblée nationale composée de 500 membres, il faudra alors 125 signatures.

La convocation des ministres remise sine die

 Il importe de rappeler que hormis la réplique du Premier ministre aux préoccupations des députés, trois membres de son équipe devaient répondre aux questions orales avec débat leur adressées.
 Il s’agit respectivement des ministres de l’Enseignement supérieur et universitaire sur la situation du CIDEP/UO suite à la question de l’honorable Mulamba Katoka, de l’Intérieur et sécurité sur le principe de la présomption d’innocence, à la demande de Takizala Masoso, et du Portefeuille sur le désengagement de l’Etat de certaines entreprises publiques de Fidèle Babala.
 On a enregistré aussi la motion de procédure de Brigitte Kalaba qui a relevé l’inopportunité d’entendre ou auditionner les ministres au même moment que leur chef.
 Après le vote favorable à la motion, Delly Sesanga a sollicité et obtenu la parole par motion pour dénoncer ce qu’il a qualifié de tendance à accorder l’immunité aux membres du gouvernement face à leurs actes de gestion.
 Pour l’élu de Luiza, au Kasaï Occidental, ne pas entendre ces ministres sous prétexte que le premier ministre pourra ramasser toutes les préoccupations équivaudrait à cautionner leur irresponsabilité face à leurs actes de gestion.  
 Position soutenue par le chef du groupe Mlc, François Muamba, qui a même menacé au nom de toute l’opposition de claquer la porte si on décidait de ne plus entendre les ministres concernés.
 Réaction du bureau à travers du président Evariste Boshab : lesdits ministres seront convoqués prochainement. 

Sandra Ntumba (Stg/Upn) & Dom

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