Réforme des FARDC : Généraux et colonels formés : quel gâchis !

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Au moment où se poursuivent des affrontements à l’Est de la RDC, entre les éléments fidèles au général Bosco Ntaganda, et les Fardc, où les Mbororo, ces éleveurs venus du Sud Soudan, continuent à faire des incursions répétitives en Ituri, et où les rebelles de la LRA effectuent sporadiquement des promenades de santé dans certains territoires de la Province Orientale, les Congolais sont révoltés d’apprendre que ces petits groupes rebelles qui n’ont même pas la taille d’un bataillon continuent de narguer l’armée nationale, les Fardc.

 Pire, en leur sein, on ne compte que quelques caporaux et sergents non formés dans des centres d’instruction dignes de ce nom, ni dans des académies militaires. Pas d’adjudants, ni des lieutenants. Juste des adolescents, des volontaires et des éleveurs de poule incorporés de force dans ces groupes rebelles. Certains parmi eux étaient recrutés dans des champs de manioc, de maïs et d’arachides, d’autres embarqués dans les mouvements rebelles alors qu’ils se livraient à la chasse ou à la pêche. Pour la plupart, ils n’étaient que de pauvres paysans ne vivant que de leurs activités agricoles, et rarement de quelques exploitations minières. 

 
A leur tête, ces différents groupes rebelles sont commandés par des lieutenants auto-nommés ne disposant d’aucun passé militaire marqué par un quelconque haut fait d’armes. Même pas, une croix de guerre ou une simple médaille de bravoure. Parfois, on peut croiser des chefs guerriers érigés en Maï-Maï craints dans leurs territoires et localités pour leur cruauté et leur barbarie.
A l’exception du CNDP qui aligne des colonels, des majors et des capitaines, dont on ignore le cursus de formation militaire, tous ces groupuscules dépourvus des stratèges militaires, ne pouvaient pas logiquement tenir tête à notre armée nationale. Non seulement parce que cette dernière possède dans ses rangs, et peut réintégrer en son sein, des sous-officiers, des officiers subalternes et des officiers supérieurs formés et expérimentés, mais dispose également d’une puissance de feu à même de contraindre ces petits groupes mal dirigés, désorganisés et désorientés, à battre en retraire.
Et depuis qu’ils ont découvert des gisements des minerais dans la plupart des provinces de l’Est, ces «  hors la loi sans foi » ont installé leurs bases dans ces parties du territoire national où en seigneurs de guerre, ils administrent des localités et des villages entiers. Selon des informations en provenance de ces coins, des pistes de fortune tracées dans des clairières et sur quelques plaines, accueillent régulièrement des avions étrangers à atterrissages et décollages courts qui viennent embarquer des cargaisons des minerais et repartent vers des pays voisins. Voilà pourquoi les pillages des ressources naturelles de la RDC se portent bien, et les comptes de ces seigneurs de guerre sont régulièrement approvisionnés en devises fortes.
Les populations congolaises qui se rappellent non sans un brin de nostalgie, les hauts faits d’armes de défuntes Forces armées zaïroises, dont on n’oubliera pas de si tôt, les campagnes de Tchad, Centrafrique, Rwanda, Ouganda et Burundi, pour ne citer que celles-là, avaient apporté à ces pays amis, des renforts militaires qui avaient sauvé de la chute, la plupart des régimes politiques en place.
Partout où ils passaient, nos militaires inspiraient le respect. Ils s’étaient imposés dans la sous-région comme des troupes  de stabilisation et d’appui aux pouvoirs menacés par plusieurs rebellions.
 
Une nouvelle armée a besoin de toutes, ses têtes pensantes
 
 Avec la déliquescence de ces forces armées, aujourd’hui, les bourgeons d’une nouvelle armée sont en train de germer à la faveur de la réforme soutenue par plusieurs partenaires extérieurs. Après des programmes intensifs de formation, des brigades entières formées par la Belgique, des bataillons par la France, défendent le territoire national.
Un regard rétrospectif dans le passé, on va se rappeler aussi non sans larmes aux yeux, que notre pays avait consenti de gros investissements dans la formation des cadres de commandement de notre armée, tant au pays qu’à l’étranger. On citera la formation des jeunes officiers congolais à l’Ecole royale des cadets en Belgique, à Saint Cyr en France, à Sandhurst en Grande-Bretagne, en Chine, en Israël et aux Etats-Unis. Avec sa pléthore des techniciens d’état-major, des brevetés d’état-major, des brevetés de l’administration militaire, des commandos, pilotes, des marins, des médecins, des juristes de haut niveau, des ingénieurs de plusieurs disciplines, dont l’informatique, des spécialistes de renseignements militaires, notre armée faisait la fierté de notre pays, et même de l’Afrique tout entière où elle pouvait valablement défendre nos couleurs. 
L’histoire malheureuse de cette armée verra certains de ses officiers supérieurs relégués dans leurs villages natals ou territoires d’origine, sous l’étiquette d’«enveloppés». D’autres seront retraités prématurément pour des raisons ethniques. Les plus malheureux seront liquidés sous le régime dictatorial de Mobutu, sous le fallacieux prétexte de faux complots. Cette purge exécutée par vagues successives a fini par vider notre armée de sa crème intellectuelle, bref, de ses techniciens de hauit niveau. Que restait-il dans ses rangs ? Des jeunes sans expérience propulsés aux grades supérieurs et aux postes de commandement sans respect des critères de promotion. Les programmes de formation tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays n’étaient plus poursuivis. C’est l’ère des « grades gratuits ». La rigueur de la méritocratie au sein de l’armée n’était plus garantie.
Après les multiples agressions subies par la RDC de la part des groupes rebelles étrangers, marquées par quelques reconquêtes des villages, c’est le temps des jérémiades où l’on se demande pourquoi cela nous arrive t-il. La grande question que la population se pose aujourd’hui, est celle de savoir que sont devenus les anciens TEM, BEM et BAM et autres. A quoi se sont-ils convertis ? N’est-il pas possible de les récupérer pour éradiquer la pieuvre de légende constituée par des groupes rebelles étrangers, qui quand on coupe un bras, il en sort un autre ?
Que ne gagnerons-nous pas en temps, en organisation matérielle et en efficacité, en reconstituant une grande armée avec les nouveaux officiers pleins d’enthousiasme et de dynamisme, mais aussi avec les anciens TEM, BEM, BAM et autres rendus inactifs et à qui on reconnaît le savoir et le savoir-faire ?
Ce sont là des atouts indéniables qu’ils peuvent mettre à la disposition de nos forces armées, à la seule condition de les recenser, de les répertorier, et de procéder à leur remise à niveau, afin de les rendre utiles à la nation.   C’est peut-être là un des défis qui attendent le nouveau ministre de la Défense. N’est-ce pas là un filon que l’on pourrait exploiter à bon escient pour rebâtir une armée moderne, professionnelle, forte et digne de ce nom et qui verrait sa capacité opérationnelle décuplée, afin de mettre un terme à toutes ces aventures de John Kony, de Mbororo, de Bosco Ntaganda et des milices et groupes Maï-Maï ?                                
 
J.R.T. 

 

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