Recrutement des enfants soldats : la RDC en voie de sortir de la liste noire

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Selon le rapport mensuel d’août 2015 du bureau du représentant personnel du Chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfants soldats, la République Démocratique du Congo a consolidé ses efforts concernant ces deux problématiques. Il signale que l’atelier sur les activités prioritaires pour la lutte contre le recrutement des enfants, organisé du 24 au 25 août 2015 à Kinshasa, a abouti à l’élaboration d’une feuille de route devant tracer un itinéraire pour le « délistage » de la RDC parmi les pays recruteurs d’enfants dans les forces armées.

Dans ce rapport, Jeannine Mabunda, note qu’en matière de recrutement et d’utilisation d’enfants dans les forces armées et les services de sécurité, le contexte de la RDC de 2015 a beaucoup plus évolué positivement que celui de 2003, et que d’énormes progrès ont été accomplis.

Au cours de cet atelier, elle est revenue sur le fait que 10 ans après le fichage par l’ONU de la RDC comme pays recruteur d’enfants soldats, plusieurs programmes de démobilisation axée sur la séparation d’enfants dit soldats ont été exécutés avec succès. Il était impérieux, mentionne-elle, de faire le point et tirer les leçons d’une décennie d’efforts inlassables de la RDC.

C’est dans ce sens que Leila Zerragoui, Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations-Unies en charge des enfants en temps de conflits, s’était montrée réceptive au processus de sortie de la RDC de la liste des pays recruteurs d’enfants soldats, et a délégué son expert, Nelly Sabarthes, pour la représenter à cet atelier, qui avait réuni des participants des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), de la Police Nationale Congolaise (PNC) et des activistes de la Société civile de toutes les provinces du pays, afin d’apporter un appui technique aux travaux d’élaboration de la feuille de route.

VS : changement du narratif sur la RDC

Dans un autre registre, le rapport note un changement du narratif sur la RDC. Ce constat qui ressort de l’interview (publiée dans le blogue One Campaign) qu’a accordée Jeannine Mabuna au journaliste Michael Gerson, où elle a présenté le contexte de lutte contre les violences sexuelles en RDC et les progrès déjà réalisés.

Grâce à cette interview, l’opinion publique anglophone en général et américaine en particulier a été édifiée sur les efforts fournis par la RDC malgré la persistance des défis à relever. Elle démontre notamment l’amélioration de la perception sur la RDC avec la déclaration du Représentant du Premier ministre britannique en charge de la lutte contre les violences sexuelles, Joyce Anelay, qui mentionne dans un de ses tweets du 12 août 2015 : « J’ai rencontré beaucoup de personnes inspirées par le travail de lutte contre les violences sexuelles. Zainab Hawa Bangura, Jeanine Mabunda et le  Président du Kosovo en sont quelques-unes ».

            Le rapport revient également sur les allégations de viols commis en République Centre Africaine par des militaires du contingent congolais le 19 août 2015. Selon le ministre de la Défense Nationale et des Anciens combattants, la justice punira sévèrement les militaires accusés d’avoir commis des actes de viol sur des mineurs en RCA. A ce sujet, la RDC se veut exemplaire et intraitable sur les cas de violences sexuelles au sein de l’armée.

            Il convient de signaler que selon ce rapport, du 1er au 31 août 2015, le bureau a réceptionné une centaine d’appels relatifs à la dénonciation des cas de violences sexuelles en provenance de Kinshasa, Goma (Nord-Kivu), Boma (Kongo Central), Lisala (Equateur) et Kipushi (Katanga) pour une moyenne d’âge de 12 à 16 ans pour les victimes.

Myriam Iragi

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