Recrutement au ministère du Numérique : deux escrocs appréhendés

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« Affluez pendant qu’il est encore temps, frères et sœurs de Grand Bandundu ! Ne ratez pas cette occasion unique d’entrer dans l’ère du numérique ! Vous voulez un poste au ministère du Numérique et autres emplois dans les autres différentes institutions? Passez par nous !» C’est par ces messages accrochants que de nombreuses personnes tenant à briguer un emploi ces temps derniers, sont tombéesdans la masse d’un réseau d’escrocs bien outillé, qui opérait à Kinshasa et dans la province du Kwilu. Que de dossiers remplis et déposés! Que de fonds récoltés! Que des contacts téléphoniques suivis enregistrés depuis l’investiture du gouvernement Jean Michel Sama Lukonde !

            Mais comme tout a un début et une fin, par bonheur, des acteurs-clés du réseau sont tombés sur un membre de la famille élargie du ministre du Numérique, le professeur Kolongele Eberande Cashmir. De bouche à oreille, l’information a bien circulé d’abord, au niveau des ressortissants du Kwilu, et puis du clan du ministre. Grand a été son étonnement d’apprendre que des gens non identifiés et mus par le dessein de se renflouer les poches, avaient monté une organisation de soutien au professeur Kolongele Eberande, qui serait en pleine campagne de recrutement des membres de son cabinet, ainsi que des agents et cadres du secrétariat général de son ministère.

            Dans tous ses états, il a demandé qu’une enquête soit menée dans le but d’arrêter cette escroquerie. Car, à ce qu’il le sache, il n’a jamais mandaté personne pour procéder à un recrutement, ni pour soutenir ses actions. Les escrocs qui cherchent de l’argent sur son dos, en salissant sa réputation, devraient impérativement être mis hors d’état de nuire. C’est ainsi qu’une grande équipe d’investigateurs de la Police criminelle du Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, a été larguée sur le terrain. Première mission : rechercher et acheminer de toute urgence des malfaiteurs qui procèdent au recrutement des personnes aux différents postes pour le compte du ministère du Numérique, à la police.

            Ensuite, les soumettre à un interrogatoire serré afin qu’ils dévoilent leur organisation, leurs membres, leurs dirigeants, ainsi que les victimes. Quelques pistes ont fini par conduire à ces inciviques. Est tombé en premier lieu dans les filets de policiers, un certain Bope Mapitsali alias Giresse, habitant sur l’avenue Grand Séminaire n°45, quartier Jamaïque, dans la commune de Kintambo. Avec cette pièce, les investigations se sont accélérées jusqu’à orienter les limiers du Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants vers le chef du réseau, qui n’est autre que Monzeli Belafred, résidant sur l’avenue Lutendele n°3, quartier Musey, dans la commune de Ngaliema.

            A l’issue des interrogatoires, les OPJ sont arrivés à la conclusion que les deux individus s’étaient bel et bien livrés à la campagne de recrutement des candidats aux différents postes du ministère du Numérique et qu’ils avaient perçu des fonds à ce sujet. Des victimes ont mordu à l’hameçon en apprenant que c’était le ministre Kolongele Eberande qui les avait mandatés. Pourtant, tout cela était faux sur toute la ligne. D’ailleurs, les documents qu’ils trimballaient dans leurs mallettes, étaient faux. En outre, leur organisation  de faussaires inconnue du ministère, a été démantelée à temps, grâce à la vigilance des enquêteurs de la police. Avec les deux délinquants sous les verrous, le réseau décapité ne pourra plus nuire en prétendant être une structure connue du ministère du Numérique.

            Vendredi dernier, à 17 heures, le Commissariat provincial de la police a présenté à la presse, les deux mécréants. Par la voix de son porte-parole, le commissaire supérieur adjoint Alphonse Landu Mavinga, cette unité de la police a demandé à la population de Kinshasa et du Grand Bandundu de venir dénoncer ces inciviques, afin de rassembler davantage des preuves de leur dangerosité. Dans ses élucubrations, le prévenu Monzeli reconnait que lui et sa bande s’illustrent par la production de faux documents de voyage pour les candidats à l’émigration. «Je suis un acteur politique et aime débattre des questions politiques à la télévision», a-t-il ajouté, sollicitant qu’il y ait confrontation entre lui et les plaignants. Il oublie le fait que ses images publiées dans les médias allaient pousser les victimes à affluer au Commissariat provincial de la police pour le charger. Mais au moins, le ministre du Numérique qui a connu quelques insomnies, depuis que cette affaire s’est ébruitée dans l’opinion, a retrouvé sa quiétude avec  l’arrestation de ces deux malfaiteurs, et la poursuite des investigations. 

            Les prochains jours risquent de porter un coup dur à la carrière de ces deux fassaires. Affaire à suivre !

J.R.T. 

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