Recherché à Punia, l’avion retrouvé à 814 kms

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Le crash de l’Antonov 72, survenu dans l’après-midi du jeudi 10 octobre 2019, vient de mettre une fois de plus à nu les graves carences technologiques de la République Démocratique du Congo dans le secteur aéronautique. En effet, quatre jours après l’accident, aucune équipe technique ni aucun expert n’a pu accéder au site concerné. S’il on a pu avoir une indication plus ou moins précise du lieu du drame, c’est grâce aux villageois de Kole, dans la province du Sankuru. Recherché à Punia, dans la province du Maniema, l’aéronef a été finalement retrouvé à 814 kilomètres de là, pratiquement à mi-parcours entre Goma et Kinshasa.

            En principe, cette localisation aurait dû intervenir plus tôt, dès lors que l’aéronef précité avait coupé tout contact avec les différentes tours de contrôle en possession de son rooting, à savoir celles de Goma (point de départ), de Kindu, de Kisangani, de Mbuji-Mayi et de Kinshasa (point d’arrivée). Dépourvu de la logistique nécessaire pour déterminer, avec précision, le rayon où est tombé l’Antonov 72, le pays a tourné en rond de jeudi à dimanche, alimentant au passage les rumeurs les plus folles.

            Sans l’alerte inattendue des villageois de Kole, des millions de Congolaises et Congolais seraient encore sous l’emprise d’une intolérable tension liée à l’absence d’information, et partant à la montée des rumeurs. On s’est mis à croire et ne pas croire à tout et à rien, face aux nouvelles faisant état tantôt d’un sabotage, tantôt du non respect du tonnage, ou encore de mauvaises conditions météorologiques.

            On a également tout entendu : les décès des quatre membres d’équipage, d’un des chauffeurs du président de la République et de trois éléments de la Garde présidentielle ; la découverte d’un rescapé en la personne de l’un des pilotes russes ; la disparition de la voiture blindée du chef de l’Etat  selon certaines sources ou de ses mitrailles pour d’autres ; la présence des rescapés blessée ; l’enterrement illico presto de quelques corps ; etc.

             Cette situation est anormale, d’autant que cet aéronef transportait des membres et des matériels de la sécurité rapprochée du Chef de l’Etat. La mobilisation instantanée des moyens technologiques nécessités par la gravité de la situation aurait été la réponse appropriée aux interrogations qui ont troublé et continuent de troubler de nombreux esprits.

            A l’heure du numérique mais aussi des hélicoptères, drones et autres avions de reconnaissance aérienne, un avion perdu dans une zone constituée de la terre ferme, même si c’est la forêt, aurait dû être localisé dans un délai raisonnable, à la limite 24 heures après l’accident. C’est le lieu de s’interroger sur les instruments et équipements de couverture aérienne du pays et d’intervention rapide en cas de catastrophe aérienne ou autre.

On rappelle que c’est dans ce pays que, sous Mobutu, avait disparu à jamais, dans un aéronef victime d’un crash, le tout premier PDG de la CNECI (Caisse Nationale d’Epargne et des Crédits Immobiliers), le regretté Biangala.

            La catastrophe aérienne de Kole devrait interpeller le nouveau pouvoir, victime de la mauvaise gouvernance de son devancier, pour doter la RDC des moyens logistiques et technologiques requis pour apaiser les consciences en cas de catastrophe aérienne. Et si l’Antonov était tombé dans un lac ou le fleuve Congo, quel villageois allait le découvrir au fond des eaux, à l’œil nu ?              Kimp

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