Rébellion de Lamuka : un ex-FAZ accuse Mbusa

0
1925

Antipas Mbusa Nyamwisi avait déclaré, après la proclamation, par la
Cour Constitutionnelle, des résultats définitifs de l’élection
présidentielle, qu’il allait rendre le pays ingouvernable. Ce qui
paraissait comme une saute d’humeur commence à être pris au sérieux
après les révélations d’un ancien élément des ex-FAZ (Forces Armées
Zaïroises) et ancien cadre politique du MLC (Mouvement de Libération
du Congo), le nommé Bisa Kembisa.

A l’en croire, Mbusa Nyamwisi, serait occupé à recruter dans les
milieux d’anciens combattants de l’ex-M23, ce mouvement rebelle qui
avait mis l’Est du pays à feu et à sang entre 2009 et 2013, sous la
conduite du général Bosco Ntaganda d’abord et du colonel Sultani
Makenga ensuite.
Cet exilé politique, membre actif de la coalition Lamuka, celle-là
même qui avait soutenu la candidature de Martin Fayulu pour la
présidentielle du 30 décembre 2018, compte s’appuyer sur un officier
supérieur ougandais dans son funeste projet de mise sur pied d’une
rébellion armée en vue d’envahir l’Est du pays et de déstabiliser les
institutions de la République. Selon l’ex-FAZ Bisa, plus de 750
éléments ex-M 23 seraient déjà mobilisés et équipes aux soins de
Mbusa, avec comme base arrière l’Ouganda.
Pas du tout chaud à l’idée de voir de nouveau couler le sang du
peuple congolais, après deux décennies ponctuées d’un génocide qui ne
dit pas son nom, suite aux safaris militaires des mouvements rebelles
internes et externes dans la partie Est du pays, Bisa condamne avec
force l’initiative d’Antipas Mbusa. Par ailleurs, il lance un appel à
Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, deux leaders de Lamuka, pour
qu’ils se désolidarisent de l’ancien président du RCD/K/ML
(Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Kisangani/Mouvement de
Libération), dans l’hypothèse où ils seraient contactés par le
précité.
De nombreux filles et fils de notre pays, acquis au principe de
l’alternance démocratique au sommet de l’Etat, en dépit des faiblesses
encore inhérentes au processus électoral, se demandent s’il faut
continuer à tuer des innocents pour conquérir le pouvoir. C’est le
lieu de rappeler, à la mémoire collective, que Jean-Pierre Bemba et
Mbusa Nyamwisa, anciens seigneurs de guerre entre 1998 et 2003,
avaient finalement accepter de s’asseoir à la table de négociations, à
Lusaka (cessez-le-feu entre belligérants en juillet 1999) puis à Sun
City et Pretoria (Dialogue Intercongolais) en vue de la résolution
pacifique des conflits armés qui déchiraient le pays.
Ils devraient donner aux Congolaises et Congolais le bilan de leurs
rébellions armées ainsi que celui de leur présence dans les
institutions de la République, sous le Régime 1+4 (2003 – 2006) avant
de proposer, une fois de plus, la recette de la conquête militaire du
pouvoir au sommet de l’Etat. Si leur retour aux affaires devrait
passer par un océan de sang et de misère, il n’est pas sûr qu’ils vont
bénéficier de l’adhésion populaire nombre dans ce pays où de nombreux
compatriotes ont comme préoccupations majeures, la paix durable,
l’intégrité territoriale et le bien-être social. S’imaginer qu’il est
possible de s’installer au pouvoir  en recourant aux armes est une
grosse erreur d’analyse.
Kimp

  • 17
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •