Réapparu lundi aux côtés de J. Olenghankoy : Ne Muanda Nsemi de nouveau porté disparu !

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Aussitôt après sa réapparition spectaculaire au cabinet du président du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre 2016, après deux ans de clandestinité, Ne Muanda Nsemi, chef spirituel du mouvement politico-mystico-religieux Bundu dia Mayala, est de nouveau porté disparu. A en croire plusieurs sources, des limiers de la police à sa recherche ne l’ont pas trouvé chez lui, à Ma Campagne, hier mardi 07 mai 2019.

 Selon le ministre intérimaire de l’Intérieur, Basile Olongo, la place de cet ancien député national, est la Prison Centrale de Makala, où il était placé en détention préventive sous le coup des infractions d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et d’incitation à la haine. A son avis, son dossier judiciaire devrait être rouvert en attendant qu’une éventuelle grâce présidentielle vienne y mettre un terme.

La sortie médiatique de ce membre du gouvernement vient de jeter un froid dans le microcosme politique congolais, où d’aucuns avaient cru que le dossier de l’attaque armée de la Prison Centrale de Makala ainsi que des cachots des parquets et de la police ainsi que du Marché central de Kinshasa par des miliciens de Bundi dia Mayala était clos du fait de la présence de ces derniers sur la liste des bénéficiaires des mesures de libération conditionnelle prises par le ministre de la Justice en février et mars derniers, dans la foulée de celles prises par le Chef de l’Etat pour la libération des prisonniers politiques et d’opinions.

A ce propos, le ministre intérimaire de l’Intérieur a fait remarquer que Ne Muanda Nsemi, né Zacharie Badiengila, n’est signalé ni sur la liste des prisonniers politiques et d’opinions, ni sur celle des personnes éligibles à la libération conditionnelle. Bref, son dossier reste ouvert au niveau des instances judiciaires tant qu’il n’y aura pas une décision contraire de la très haute hiérarchie du pays.

Les observateurs notent qu’au plan du droit, la position de ce membre du gouvernement tient la route. Car le chef spirituel de Bundu dia Mayala n’a pas encore été jugé au sujet des affrontements armés entre ses miliciens et les forces de l’ordre dans ses résidences de Ngiri-Ngiri et de Ma Campagne, en mars 2017, avant que la police finisse par mettre la main sur lui. Présumé également auteur moral des attaques de plusieurs lieux de détentions et publics à Kinshasa ainsi que de l’évasion des prisonniers de Makala le 17 mai 2017, il n’a jamais été entendu sur les faits à sa charge, car introuvable depuis deux ans.

Fâcheux précédent avec Gédéon Kyungu

                  L’option de ramener le gourou de Bundu dia Mayala en prison a ceci de gênant qu’elle risque de provoquer l’ouverture de la boîte de Pandore. Point n’est besoin de rappeler que dans ce pays, un nombre illimité de seigneurs de guerre et assimilés, coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, sont omniprésents dans les institutions de la République, les entreprises publiques, la territoriale, l’armée, la police et les services de sécurité depuis 2003, sans être inquiétés par qui que ce soit. Ces criminels avérés, en vestes comme en uniformes, se la coulent douce à Kinshasa ainsi que dans d’autres villes du pays, sans avoir été ni graciés, ni amnistiés, ni bénéficiés d’une libération conditionnelle. Par solidarité entre commanditaires et auteurs d’un génocide sans nom en RDC, ils se sont organisés pour « effacer le tableau ».

Les rares seigneurs de guerre ayant joué de la malchance sont ceux poursuivis par la Cour Pénale Internationale (CPI), pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Ce fut les cas de Germain Katanga, Mathieu Ngundjolo, Thomas Lubanga et Bosco Ntaganda.

                  On pense que le feuilleton le plus révoltant, au chapitre de l’impunité des seigneurs de guerre, est celui de Gédéon Kyungu alias « Tshinja Tshinja », condamné pour crimes de guerre et exactions sur les populations civiles, au niveau de Mitwaba, dans le « Triangle de la mort » de l’ex-Katanga, mais évadé de la prison de Kasapa, à Lubumbashi, en pleine journée. Rentré dans son fief, où il avait renoué avec la criminalité, toujours à la tête de ses combattants, sous le label de « Bakata Katanga », il allait être gracié par l’ancien pouvoir, accueilli en prince à Lubumbashi, intégré dans les rangs du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) et pris en charge par le trésor public.

                  Face à cette impunité grandeur-nature, des voix s’élèvent pour estimer que le dossier de Ne Muanda Nsemi devrait être examiné avec sérénité pour ne pas donner l’impression qu’en dépit du changement de gouvernance au sommet de l’Etat, la justice congolaise continue de fonctionner à double vitesse. On pense qu’une mesure de grâce présidentielle ou de libération conditionnelle en sa faveur serait la bienvenue. Kimp

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