RDC : encore et toujours un budget de misère

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Des députés de l’opposition congolaise, le 07/05/2012 au Palais du peuple à Kinshasa, lors de la présentation du programme du gouvernement à l’Assemblée nationale par le Premier ministre Matata Ponyo Mapon. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des députés de l’opposition congolaise, le 07/05/2012 au Palais du peuple à Kinshasa, lors de la présentation du programme du gouvernement à l’Assemblée nationale par le Premier ministre Matata Ponyo Mapon. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Malgré l’embellie des cours des matières précieuses sur les marchés
mondiaux, notamment le cuivre dont la tonne est évaluée à la somme de
8.000 dollars, le cobalt dont la RDC détient 60 % des réserves au
monde, l’or, le coltan et bien d’autres minerais convoités et fort
demandés, le Premier Ministre Bruno Tshibala Nzenze a déposé hier sur
le bureau du président de l’Assemblée Nationale un projet de budget de
l’ordre de cinq milliards 935 millions des dollars Us pour l’année
2019. Un véritable budget de misère, au regard de fabuleuses
ressources naturelles du pays.

A ce stade du débat, le commun des mortels se demande à quelle
hauteur s’élèvent les royalties du pétrole. Dès lors qu’un Chappe de
plomb  entoure ce secteur depuis des années. On ne sait pas où sont
versées ces recettes étant donné l’existence des compagnies
d’exploitation pétrolière se trouvant sur le littoral congolais, au
large de l’océan Atlantique. Des études effectuées par des
scientifiques ayant évalué les réserves pétrolières se trouvant au
large de Banana et Moanda avaient conclu qu’elles n’ont rien à envier
à celles produites par les principaux pays producteurs africains comme
l’Angola, le Nigéria, le Congo/Brazza, le Gabon, le Soudan du Sud et
d’autres Etats. D’aucuns se sont permis d’avancer et de proclamer à
haute voix qu’avec ses réserves se trouvant sur le littoral et au
large des eaux territoriales sur l’Océan Atlantique, dans la Cuvette
Centrale et les «Graben» du Lac Albert, la RDC peut faire partie des
grands producteurs membres de l’OPEP. La question est de savoir où
vont ces royalties versées par les sociétés pétrolières, notamment
dans les zones exclusives se trouvant dans les eaux territoriales
congolaises et les zones communes avec l’Angola voisin. Jusqu’à ce
jour, le gouvernement avait initié des négociations avec ce pays
voisin pour évaluer la part réservée à la RDC en ce qui concerne les
zones communes exploitées. Un Chappe de plomb couvre ces négociations.

Rapports des professeurs  Luzolo et Mukoko Samba

En sa qualité de conseiller spécial du chef de l’Etat chargé de la
bonne gouvernance, de  la lutte contre la corruption et le blanchiment
des capitaux, le professeur Luzolo Bambi avait rendu public, en 2017,
un rapport sulfureux faisant état de l’évasion annuelle des recettes
publiques de l’ordre de 15 milliards de dollars Us. Autant dire que le
budget global de l’Etat congolais devrait avoisiner les 20 milliards
de dollars Us par an.
A l’initiative du professeur Mukoko Samba, alors vice-premier
ministre et ministre du Budget dans le gouvernement de
l’indécrottable, Augustin Matata Ponyo, un atelier réunissant des
nombreux économistes, juristes, chercheurs et grands commis de l’Etat
ainsi que des invités de marque provenant des universités étrangères
de renommée mondiale, avait conclu à ce phénomène de coulage des
recettes publiques par an se chiffrant à la même somme que celle
avancée par son collègue Luzolo Bambi. Bref, en prenant en compte ces
deux études réalisées à Kinshasa, l’Etat congolais devrait fonctionner
avec un budget minimum de 20 milliards des dollars Us l’an.
Par ailleurs, l’on se pose la question de savoir à combien s’élèvent
les recettes des exportations forestières et agricoles, à savoir le
café, le thé, le quinquina, le bois et bien d’autres ? A-t-on oublié
que la RDC détient plus de la moitié des réserves forestières de
l’Afrique et le deuxième fleuve le plus long de la planète, à savoir
le fleuve Congo, après l’Amazonie au Brésil ? Des études scientifiques
estiment que pour sauver le Lac Tchad de l’assèchement qui se profile
à l‘horizon, il faudrait recourir aux eaux du fleuve Congo. Certains
esprits maléfiques avaient proposé le détournement des eaux de la
rivière Oubangui. Cette proposition a énervé les Congolais et les
scientifiques les plus avertis qui craignent de voir le fleuve perdre
son débit, entrainant des conséquences néfastes destructrices de
l’écosystème dans les provinces congolaises baignées par ce fleuve et
ses affluents. Surtout la réduction du niveau de débit des eaux
essentiellement sur le site du barrage hydroélectrique d’Inga. Alors
que c’est le chantier de la construction du troisième barrage qui
pourra alimenter en énergie électrique toute l’Afrique Australe et
même le Moyen Orient.

Programme d’action des candidats à la magistrature suprême : 80, 90,
140 milliards des dollars

La plupart des candidats à la magistrature suprême sont convaincus
que ce pays béni des dieux ne mérite pas un tel budget de misère.
D’ailleurs, si l’on prend le budget avoisinant 20 milliards des
dollars Us, en cinq ans, l’on peut atteindre 100 milliards Us. Les
acteurs politiques avertis n’ont donc pas tort de croire qu’avec un
peu de patriotisme, de sérieux et de rigueur dans la gestion  dans
tous les domaines de la vie,  la RDC peut produire par an plus de 20
milliards des dollars Us. Sinon l’émergence demeurera un rêve
lointain. Car, il est aujourd’hui établi, preuves à l’appui, que la
RDC est victime d’un pillage organisé de ses recettes minières,
pétrolières, agricoles, fiscales, douanières, domaniales et
administratives. Il est donc temps de briser ce cycle des budgets
ridicules, de la honte et de la misère. La RDC est devenue la risée de
la planète. Un pays très riche dans tous les domaines mais avec des
habitants très misérables, miséreux et minables, selon l’expression
d’un ministre.
F.M.

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