RDC-SADC : les défis de la monnaie unique

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Une Afrique sans murailles monétaires, offrant à ses peuples une monnaie unique, sera, tous les observateurs en conviennent, une Afrique où les facteurs de croissance économique pourront jouer pleinement pour permettre à nos Etats respectifs de relever les cinq défis majeurs au développement durable, à savoir la stimulation des échanges commerciaux intra SADC, l’intégration de notre sous-région dans l’économie africaine et mondiale, l’intégration financière, la création de l’emploi et la lutte contre la pauvreté. 

            En ouvrant hier au Grand Hôtel Kinshasa, les travaux des experts des Banques centrales des pays membres de la SADC, regroupés au sein du sous-comité macro-économique lequel est placé sous la tutelle du comité des gouverneurs, le directeur général de la BCC, en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires, a émis le vœu de voir les délégués des Banques centrales de la SADC présents dans la capitale congolaise, relever le défi de la stabilité macro-économique au sein de la SADC par des propositions des mesures réalistes, efficaces et adaptées aux spécificités de nos économies, afin de promouvoir effectivement un développement harmonieux de l’Afrique australe dans son ensemble

            Au nom du gouverneur de la BCC empêché, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe a souligné l’intérêt que les experts doivent porter aux objectifs d’intégration des économies de la sous-région de la SADC et dont le rôle de monitoring à travers le suivi et l’évaluation du processus de convergence des indicateurs macro-économiques, est assuré par ce sous-comité. Il a rassuré les participants sur le fait que la Banque centrale du Congo, consciente des avantages économiques que la RDC peut tirer de ce regroupement régional, n’a ménagé aucun effort pour l’organisation matérielle de ces réunions.

            Le cadre de convergence mis en place ainsi que le train des mesures de réformes envisagées dans la perspective de l’intégration de nos économies, visent à corriger les rigidités institutionnelles qui créent des déséquilibres macro-économiques majeurs et freinent la croissance dans bon nombre des pays membres. C’est pourquoi le processus de convergence et les réformes structurelles vont permettre d’accroître dans les prochaines années, le potentiel de croissance de nos pays, de rendre l’allocation des ressources plus efficiente, d’assurer la viabilité des mesures de stabilisation et de réduire progressivement la pauvreté de nos populations. Et c’est dans cette optique que les gouverneurs des Banques centrales de la SADC ont défini les critères de convergence de 1er et 2 è rangs que le secrétariat du sous-comité macro-économique du comité des gouverneurs des Banques centrales de la SADC, suit et évalue le niveau de réalisation à intervalle régulier. Cette convergence est réputée constituer la condition préalable à l’émergence de l’intégration économique de toute notre sous-région, laquelle convergence constitue à son tour un préalable important à la mise en œuvre de différentes réformes de grande envergure, notamment celle relative à la mise en place de la zone de libre échange, l’avènement à terme de la monnaie unique et d’une institution tout aussi unique de gestion de cette monnaie. 

Des avancées significatives dans la voie de l’intégration financière africaine 

            Par voie de conséquence, les experts présents à Kinshasa, vont se charger également du volet promotion de la stabilité du cadre macro-économique au sein de la SADC. Point n’est besoin de rappeler le bénéfice que pourrait tirer l’Afrique d’une véritable intégration de ses économies, tout comme la mobilité des personnes et de leurs biens qu’elle induit.

Le directeur général de la politique monétaire et des opérations bancaires de la BCC a rappelé que dans le cadre de ladite convergence, le sous-comité macro-économique a défini et retenu des critères à réaliser par les économies de la sous-région au cours de la période de 2009 à 2012. Entre autres critères, il a cité le taux d’inflation annuel à 5 %, le déficit public limité dans l’intervalle de 1% à 3 % du PIB, la dette publique qui doit se limiter à 60 % du PIB, et les réserves internationales qui ne doivent pas être inférieures à six semaines des importations des biens et services. Et aussi, la croissance du PIB réel qui doit se situer autour de 7 % en vue de favoriser l’accroissement du revenu par tête d’habitant dans la perspective d’atteindre l’objectif de réduction de la pauvreté d’ici l’horizon 2015, ainsi que le solde de la balance courante qui ne doit pas dépasser le seuil de 9 % du PIB.

            Pour Jean-Louis Kayembe, la réalisation de ces critères par l’ensemble des pays membres constitue une condition sine qua non de l’intégration économique tant recherchée.

            Au sein de la communauté régionale de la SADC, il a noté que bon nombre de d’économies sont encore caractérisées par des disparités liées notamment au degré différent de développement des systèmes financiers, lesquels induisent de divergences importantes dans le comportement de taux d’intérêts appliqués par les institutions financières et qui peuvent être à la base de la mobilité à grande échelle des capitaux à l’effet de rendre plus ou moins instable les économies de la sous-région.

            La réunion de Kinshasa de ce sous-comité macro-économique sera l’occasion d’examiner l’opportunité d’instaurer la détermination d’une certaine fourchette de fluctuation desdits taux d’intérêts comme critère de convergence de deuxième rang, afin de renforcer la promotion d’une profonde intégration

Économique en général et monétaire en particulier.

Jean-Louis Kayembe a attiré l’attention de ses collègues experts sur le fait que le respect des critères de convergence n’est sans doute pas aisée et peut parfois requérir du temps du fait des pesanteurs liées à la diversité des structures économiques et politiques propres à chaque pays. D’où l’intérêt pour chaque pays membre de poursuivre les efforts dans le domaine des réformes structurelles. Car, à ses yeux, les enjeux de la sous-région de la SADC de nos jours résident dans la nécessité pour nos dirigeants de mettre en place des politiques économiques destinées à accroître le niveau de vie des populations en stimulant les déterminants de la consommation, de l’épargne et de l’investissement qui sont les principaux moteurs de la croissance.

            C’est dans cette optique que le directeur général de la politique monétaire et des opérations bancaires de la BCC entrevoit que la pertinence de la démarche, associée à la conviction et à l’intérêt porté aux mécanismes relevés ci-haut, peuvent réellement conduire la sous-région à réaliser des performances économiques sur un horizon à court, moyen et long terme en vertu du principe de l’effet de rattrapage économique.

            Dès lors, les potentiels économiques dont regorgent nos pays pourront agir en symbiose et procurer davantage de bien-être à nos populations.

            Pour Jean-Louis Kayembe, les conclusions attendues à l’issue des travaux, apporteront sûrement des réponses appropriées aux questions que soulèvent à la fois la convergence des indicateurs macro-économiques des économies de la sous-région et les différentes réformes qui sont en cours de réalisation. Ce qui favorisera certainement  des avancées sur le chemin de l’accélération du processus de l’intégration économique et monétaire tant recherchée.

                                                                           J.R.T.     

 

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