RDC-Angola : la déportation des Congolais a commencé…

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Le ciel de relations politiques entre la RDC et la république sœur d’Angola, vient une fois de plus de s’obscurcir avec de gros nuages.

    A la base : une nouvelle affaire d’incursion des troupes angolaises en territoire congolais, qui s’est soldée avec la déportation de 12 sujets congolais vers l’Angola. L’affaire qui révolte toute la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, et les compatriotes de la diaspora, n’a pas soulevé une vive protestation des dirigeants congolais, habitués à banaliser ce genre d’incidents à la frontière entre la République démocratique du Congo et la république d’Angola, et à reléguer le traitement de ce dossier à la commission mixte congolo-angolaise.

 

    L’alerte sur cette incursion doublée d’une déportation a été donnée, comme il faudrait le rappeler, lundi dernier, par les habitants du village Nkamuna, situé à 55 kilomètres à l’Est de Matadi, sur la Nationale n° 1 Kinshasa-Matadi.

    La délégation de ces habitants de Nkamuna, composée pour la plupart des membres des familles des déportés, a rencontré pour la circonstance, les responsables des bureaux de la Monusco à Matadi, auprès de qui ils ont fait part de leurs inquiétudes sur le sort incertain réservés à nos compatriotes. Selon des informations communiquées à ces derniers, les déportés seraient écroués dans des cachots de services de sécurité de la province angolaise de Do Zaïre, précisément à Mbanza-Kongo, chef-lieu de cette province, située comme on le sait, dans la zone frontalière du territoire de Songololo. Ce type de détention injustifiée en terre angolaise se termine généralement par le paiement des rançons allant de 25.000 FC, l’équivalant de 27 dollars, à 50.000 francs représentant plus au moins 54 dollars, avant que les «  otages congolais » soient remis en liberté et renvoyés dans leur pays.

    La même délégation des habitants Nkamuna a pu rencontrer également quelques autorités provinciales du Bas-Congo, afin qu’elles puissent s’impliquer dans ce dossier, pour obtenir la libération de leurs compatriotes.

    La confirmation de cette incursion des policiers angolais a été donnée par le ministre provincial de l’Intérieur,  Mbedi ya Kitembedi, qui croit savoir que les douze compatriotes déportés possèdent de vastes champs en territoire congolais. Et c’est sur la terre de leurs ancêtres qu’ils ont été enlevés par troupes angolaises.

    Au lieu de saisir sa hiérarchie, ainsi que les autorités nationales, nous apprenons que Mbedi ya Kitembedi attend de disposer des identités complètes des déportés pour engager des discussions avec le consul angolais.

 

Une fois de plus, les autorités congolaises surprennent par leur silence

 

    Alors que les habitants de Nkamuna et de ses environs se disent victimes de plusieurs  cas de déportations de la part des policiers angolais sur le territoire congolais, la réaction des officiels tarde à venir, comme pour dire que leurs préoccupations sont ailleurs.

    Pourtant, l’opinion nationale est non seulement indignée, mais révoltée de la manière dont évoluent les relations diplomatiques entre Kinshasa et Luanda.

L’histoire de ces relations est en effet, marquée par plusieurs cas d’incursions des policiers et des militaires angolais sur les territoires congolais. On rappellera à l’occasion, l’invasion du territoire de Kahemba en 2007 par des militaires angolais. L’affaire qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive, avait même opposé deux membres du gouvernement congolais. Le ministre congolais des Affaires étrangères de l’époque Mbusa Nyamuisi et quelques députés congolais qui s’appuyaient sur des plaintes de la population locale et de certains agents de l’administration, reconnaissaient que Kahemba était occupé. Cette version fut contestée par le ministre congolais de l’Intérieur de l’époque, Denis Kalume Numbi, dont les experts du ministère allèguaient que les policiers angolais se trouvent sur leur territoire et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.

    Certains médias congolais qui ont effectué une descente à Kahemba, à la demande du ministère de l’Intérieur, ont dévoilé

Images à l’appui, la véracité des accusations des habitants de Kahemba.

En 2008 et 2009, des militaires angolais sont revenus en RDC où ils ont occupé et planté le drapeau angolais dans deux villages du territoire de Mbanza-Ngungu. En 2009 et 2010, des plaintes des incursions angolaises sur le territoire congolais ont été enregistrées dans deux villages du territoire de Moanda.

    A la lumière de ces parades des troupes angolaises en RDC qui ressemblent à une provocation, tant elles sont répétitives, il y a lieu que les autorités congolaises prennent leurs responsabilités pour faire respecter les engagements pris par la partie angolaise, à l’issue des commissions mixtes entre les gouvernements de nos deux pays.  Il s’agit principalement du respect de l’intangibilité de nos frontières tel qu’établies depuis la colonisation belge et portugaise.

                                                                                         J.R.T.

 

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