RDC : 2 scrutins sur 9 en 2016 pour ne pas glisser !

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Ceni_1 (1)A l’analyse des paramètres politiques, juridiques, techniques et financiers, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) ne peut plus exécuter son calendrier électoral global publié en février 2015. Tous ses regards sont tournés vers la classe politique, appelée à imaginer impérativement un cadre de concertation (Dialogue) afin de trouver un compromis en vue de l’allègement du calendrier électoral.

Au regard de la modicité des moyens disponibles pour faire face aux frais d’organisation d’au moins 9 scrutins et des contraintes de temps (13 mois d’ici le délai butoir de novembre 2016), le bon sens devrait obliger la CENI à privilégier les élections jugées prioritaires, à savoir la présidentielle, les législatives nationales et les législatives provinciales. Si l’on s’en tient aux recommandations de la Cour Constitutionnelle, qui a fait injonction à cette institution d’appui à la démocratie d’organiser en priorité l’élection des gouverneurs de nouvelles provinces issues du découpage territorial, le « glissement » serait intégral.

Afin de ne pas énerver les masses congolaises foncièrement opposées à toute prolongation des mandats de ceux qui siègent dans les institutions de la République depuis 2006 pour les uns (Sénateurs, gouverneurs de provinces, députés provinciaux) et 2011 pour les autres (Président de la République et Députés nationaux), le réalisme devrait commander aux différentes parties prenantes au processus électoral (Gouvernement, Parlement, CENI, Partis politiques, Société civile, Communauté internationale) de cibler les trois scrutins porteurs des germes du « glissement ».

Il s’agit des législatives provinciales (octobre 2015), de la présidentielle (novembre 2016) et des législatives nationales (novembre 2016). Selon des experts qui ont passé au peigne fin les obstacles à l’exécution du calendrier électoral, l’unique chance d’éviter le « glissement » de ces trois scrutins, c’est d’élaguer les six autres du chronogramme de 2016, à savoir : 1. Gouverneurs de Nouvelles provinces ; 2. Conseillers, Chefs de Secteurs et Chefs de Secteurs Adjoints ; 3. Conseillers de Communes, Bourgmestres et Bourgmestres Adjoints ; 4. Conseillers Urbains, Maires et Maires Adjoints ; 5. Gouverneurs de provinces : 6. Sénateurs.

Une telle option permettrait au gouvernement de faire l’économie des moyens et à la CENI celui du temps pour les opérations préélectorales (achat des kits électoraux, fiabilisation de la cartographie électorale, enrôlement de nouveaux majeurs, audit du fichier électoral). Ainsi, en termes de financement, au lieu d’un milliard deux cents millions de dollars à mobiliser pour l’exercice budgétaire 2016, le gouvernement pourrait s’en tirer à bon compte avec un tiers de dépenses. Mais, pour contenir un « glissement » qui menace l’ensemble du processus électoral, il faut une volonté politique affirmée de respecter les délais constitutionnels pour les élections verrouillées (présidentielle et législatives nationales).

Budget 2016 revu à la baisse : c’est inquiétant

Compte tenu de la non tenue, par la CENI, des scrutins prévus pour 2015, l’année 2016 devrait être celle des rendez-vous électoraux à ne pas manquer. Curieusement, le gouvernement a revu à la baisse le Budget 2016, c’est-à-dire en-déca de 8 milliards de dollars  américains par rapport aux exercices budgétaires 2014 et 2015 (plus de 9 milliards de dollars américains). En dépit de la promesse du Chef du gouvernement de respecter ses engagements vis-à-vis de la CENI, le pessimisme a gagné de nombreux esprits, d’autant que le flou persiste au sujet du plan des décaissements des fonds. Les difficultés évidentes de trésorerie au niveau de l’exécutif national font craindre un nouveau blocage du processus électoral en 2016, prélude à un « glissement » général.

Kimp

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