La RD Congo incorrigible !

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carte rdcSolidement installée, ces deux dernières années, dans la dernière case de l’Indice du Développement Humain, selon des rapports indiscutables du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), la République Démocratique du Congo trouve le moyen de briller de mille feux sur le terrain d’une anti-valeur mondialement décriée : la corruption. Selon le dernier classement de « Transparency International », une Ong dont la crédibilité est mondialement établie, le pays de Patrice Emery Lumumba et Mzee Laurent Désiré Kabila est une fois de plus très mal cotée en matière de gouvernance. Le classement 2015 signale en effet la RDC dans le wagon de la queue en compagnie de l’Ouganda, du Congo/Brazzaville, du Zimbabwe, de la Guinée Bissau, de l’Angola et du Soudan. Le partage des sept dernières places avec Kampala, Brazzaville et Luanda fait tiquer et renvoie aux dossiers noirs qui  entourent les mines et le pétrole en territoire congolais.
S’agissant du Top 10 des pays d’Afrique les moins corrompus, on trouve le Bostwana (1er), le Cap Vert (2me), les Seychelles (3me), le Rwanda (4me), la Mauritanie (5me), la Namibie (6me), le Ghana (7me), le Sénégal (8me), l’Afrique du Sud (9me), Sao Tomé et Principe (10me).
            La réputation de Kinshasa comme «lauréat» dans les anti-valeurs est un mauvais signal dans le domaine des investissements.
            Cela est d’autant malheureux qu’il existe, au niveau de la présidence de la République, un Conseiller Spécial chargé de la Bonne Gouvernance, de la Lutte contre la Corruption, le Blanchiment des Capitaux, et la Criminalité Transfrontalière. En poste depuis 2015, ce haut fonctionnaire avait reçu comme mission principale, l’assainissement des mœurs économiques et financières au pays, dans une sortie d’opération « mains propres ».
            Beaucoup ont cru que le Chef de l’Etat allait enfin traduire en actes la volonté qu’il avait exprimée en son temps devant le Parlement réuni en Congrès, à savoir ouvrir les portes des prisons aux « Kuluna » en cravate. Deux ans après l’entrée en fonction de Luzolo Bambi Lesa, force est de constater que ses initiatives visant la traque des détourneurs des deniers publics, des corrupteurs et corrompus à cols blancs, des fraudeurs douaniers et fiscaux, des pilleurs des minerais solides et liquides, des « couleurs » des recettes publiques…sont systématiquement étouffées dans l’œuf.
            A une époque bien lointaine, le Président de la République avait également martelé que la peur devait changer de camp. Les adeptes des antivaleurs, dont la corruption, qui fait perdre au pays d’importantes et précieuses ressources financières, allaient être soumis au régime de la tolérance zéro. Jusque-là, rien ne change. La corruption est pratiquement érigée en mode de gestion des affaires publiques. Protégés et impunis, les pratiquants de ce sport continuent de faire un pied de nez aussi bien au système judiciaire qu’au Conseiller spécial du Chef de l’Etat commis à la Bonne Gouvernance, à la Lutte contre la Corruption, au Blanchiment des Capitaux, à la Criminalité Transfrontalière…
            On rappelle qu’en 2015, Luzolo Bambi avait évalué à près de 15 milliards de dollars américains le manque à gagner que subit la RDC du fait des anti-valeurs telles que la corruption, les détournements des fonds publics, les fraudes douanières et fiscales. Dans des Etats « normaux », pareille statistique représentant plus du double du budget de la République devrait révolter les décideurs politiques et les pousser à lancer une chasse sans merci aux criminels économiques de tous bords.
Le pays peut-il prétendre aux progrès économiques, industriels et sociaux avec, attaché à ses pieds, un bourrelet aussi indélicat que celui de la corruption ? On a beau décrier la gangrène de la corruption et promettre la mise en œuvre de la tolérance-zéro en vue de son éradication, elle continue d’avoir la peau dure aux quatre coins de la République. Elle est tellement ancrée dans les esprits qu’on retrouve sa trace partout et surtout dans les postes frontaliers, marchés publics, contrats divers, justice, commerce, enseignement primaire, système éducatif, administration publique, services spéciaux, santé, sports, culture, armée, police, etc.
            Mauvaise élève en matière de corruption, la RDC est condamnée à une descente aux enfers irréversible dans le domaine du développement si ses gouvernants refusent de briser le cercle vicieux de l’achat des consciences. Les alertes en provenance de l’étranger visent à signifier à tous que le pays va mal et que si la spirale de la corruption n’est pas brisée, tout espoir d’émergence en 2030 ou plus tard est perdu.
Kimp
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