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Rapport Mapping sur les crimes en RDC : Kagame remue le couteau dans la plaie congolais

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Après avoir salué la proclamation, par son homologue congolais, Félix Antoine Tshisekedi, de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, voyant en cela un signal fort vers le retour d’une paix durable en RDC et dans la sous-région des Grands Lacs, le président rwandais, Paul Kagame, est retombé dans ses travers de double langage. En effet, lors d’une interview sur France 24, il a non seulement remis une fois de plus en cause les conclusions des experts des Nations Unies épinglant l’armée rwandaise au nombre des auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en territoire congolais mais, bien plus, diabolisé le Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, l’accusant de soutenir ledit rapport sous la pression des manipulateurs hostiles à son pays.

            La réaction épidermique de Kagame étonne plus d’un Congolais, témoin vivant des safaris militaires de l’armée rwandaise et des mouvements rebelles à la solde du pouvoir de Kigali en terres congolaises, de 1996 à nos jours. On peut rappeler, pour les besoins de l’histoire, l’épopée de l’armée rwandaise d’Uvira à Kinshasa, entre octobre 1996 et mai 1997, sous couvert des « Kadogo » (petits soldats) de l’AFDL (Alliance des Forces de Libération du Congo), placé sous un paravent appelé Laurent Désiré Kabila.

            La mémoire collective congolaise se souvient, à ce propos, d’un double génocide, celui des réfugiés Hutu pourchassés et massacrés par les troupes rwandaises au Nord-Kivu, dans l’ex-Province Orientale et dans l’ex-Equateur d’une part, et d’autre part, celui des Congolais, victimes collatérales de cette armée d’occupation commandée par le général James Kabarebe, chef d’Etat-major de l’armée rwandaise, bombardé plus tard du titre de chef d’état-major de l’armée congolaise. L’implication totale des officiers et soldats de Kagame dans les massacres de Makobola, Kasika, Kisangani et Mbandaka ne fait l’ombre d’aucun doute. Pire, les armées rwandaise et ougandaise avaient eu l’outrecuidance de se battre, en avril 2000, en pleine journée et en pleine ville de Kisangani, faisant des milliers de morts parmi les civils congolais et causant des dégâts matériels difficiles à évaluer. A cet effet, la RDC avait du reste accusé les deux Etats au niveau de la Cour Internationale de Justice, dans le but d’obtenir réparation des préjudices humains et matériels enregistrés. Si le pouvoir de Kampala avait accepté de répondre à l’assignation de cette haute Cour, celui de Kigali l’avait simplement zappée.

            Par ailleurs, les Congolais gardent encore frais dans leurs mémoires les aventures militaires d’officiers rwandais en RDC, à la tête des mouvements rebelles instrumentalisés par Kigali. On peut citer, à ce sujet, le général Laurent Nkunda, le colonel Jules Mutebusi et le général Bosco Ntaganda, actuellement sous une lourde condamnation à la CPI, à la suite des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Ituri entre 2002 et 2003. On rappelle qu’avant de se rendre à la CPI, il s’était réfugié à l’ambassade américaine à Kigali, un signe qui ne trompe pas sur l’identité de son parrain politique et militaire, à savoir Paul Kagame.

Les Congolais prêts

à passer l’éponge sur

le passé

            Les Congolais sont prêts à passer l’éponge sur le passé. Mais des propos du genre de ceux tenus par Kagame sur France 24 ne sont pas de nature à favoriser l’oubli. Qu’à cela ne tienne, ils veulent bien fixer leurs regards sur un nouveau type de relations avec leurs voisins de l’Est, dont les Rwandais. Ils ont conscience, ainsi que ne cesse de le répéter le Président Félix Antoine Tshisekedi, d’être condamnés à partager, pour des siècles, la même aire géographique et la même conjoncture socio-économique. D’où, ils gagneraient plus à construire des ponts avec leurs voisins séculaires qu’à ériger des barrières. Ce qui les préoccupent au plus au point, ce n’est pas un sentiment de haine ou de revanche par rapport aux atrocités du passé, mais plutôt un esprit de construction d’un voisinage basé sur la paix, la fraternité et le développement. D’où, leur souci de voir les dirigeants des pays voisins se garder de tenir des propos ou d’afficher des attitudes susceptibles de remuer le couteau dans la plaie.                       Kimp