Rapport Mapping de l’Onu : panique dans les états-majors politiques

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Interpellé le mardi 29 décembre 2020 à Paris par l’Office Centrale de Lutte contre les Crimes contre l’Humanité, en raison de sa « compétence universelle » sur de tels faits, réputés imprescriptibles, et mis en examen le samedi 02 janvier 2021, Roger Lumbala, ancien chef du mouvement rebelle RCD-N (Rassemblement Congolais pour la Démocratie- Nationale) va attendre, en prison, la suite de son dossier et sa fixation devant un tribunal français compétent. Selon les premiers griefs mis à sa charge, il est poursuivi pour massacres des civils, viols, tortures, cannibalisme et pillage, commis par les troupes du RCD-N dans les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé, entre 2002 et 2003, sous son commandement, ainsi que d’autres crimes de guerre commis par des rebelles du M23 en 2013 au Nord-Kivu, à l’époque où il était vice-président de ce mouvement rebelle.

         On rappelle que tous ces faits sont consignés dans le Rapport Mapping publié en 2010 par les Nations Unies, au terme d’une longue série d’investigations menées par des experts onusiens dans la partie Est du pays. A l’époque, une liste de plus de 400 personnalités, civiles et militaires, considérées comme des génocidaires, avait été établie. Il y a lieu de constater, à la relecture de cette liste, que Roger Lumbala ne représente, en réalité, qu’un petit poisson.

         Car, y sont cités, pêle-mêle, les présidents rwandais Paul Kagame et ougandais Yoweri Museveni, feu le président congolais Laurent-Désiré Kabila, le président honoraire de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, alors président du mouvement rebelle MLC (Mouvement de Libération du Congo), ainsi que plusieurs de ses anciens collaborateurs, dont François Muamba Tshishimbi, Olivier Kamitatu, Thomas Luhaka…

         On y retrouve également Vital Kamerhe, Antipas Mbusa Nyamwisi, ancien président du RCD-K-ML (Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Mouvement de Libération), Adolphe Onusumba, ancien président du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), etc.

         D’anciens officiers de l’armée, de la police et des mouvements rebelles sont également épinglés, notamment les généraux Gabriel Amisi Kumba « Tango Four », Raus Chalwe, Charles Bisengimana, Jean-Pierre Ondekane, etc.

La question de fond est de savoir quel sort va être réservé aux gros poissons, après que Roger Lumbala a été rattrapé par son passé. La thèse la plus probable est que les uns et les autres pourraient rattrapés rattrapés, eux aussi, par leur passé. D’ici quelques semaines ou quelques mois, tous ceux qui se croyaient intouchables devraient répondre de leurs crimes ou de leurs responsabilités comme donneurs d’ordres.

         Ainsi que l’avait déjà suggéré le Président de la République dans une de ses récentes adresses à la Nation, rejoignant en cela le vœu de millions de Congolaises et Congolais, il y a nécessité de mise en place, par les Nations Unies, d’un Tribunal Pénal International pour la RDC, en vue de connaître des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis au pays depuis des décennies, jusqu’à ce jour. Une revisitation de la longue histoire des violations graves et massives des droits de l’homme s’impose, afin que le peuple congolais ne revive plus jamais ça et que ceux qui continuent de semer et mort désolation à travers le territoire national soient arrêtés, jugés et condamnés.

Kimp

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