Rapport de Global Witness et PPLAAF :« Le Congo n’est pas à vendre’’ exige une enquête sur Dan Gertler

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Malgré les sanctions américaines et européennes depuis 2017, les sociétés de Dan Gertler continuent de fonctionner en République Démocratique du Congo sans être inquiétées. Ces sociétés sont essentiellement focalisées sur l’exploitation minière et pétrolière, au détriment de l’économie congolaise.

C’est le constat fait par l’Ong ‘’Le Congo n’est pas à vendre’’ au cours d’une conférence de presse tenue hier mercredi 08 juillet 2020 à l’hôtel Memling. A cette occasion, elle a invité les autorités congolaises à ouvrir une enquête transparente et libre sur le consortium de Dan Gertler en République Démocratique du Congo. Cette rencontre était animée par Jean-Claude Mputu (porte-parole résidant à Lubumbashi), Freddy Kasongo (expert en matière des mines basé à Lubumbashi), Jean-Jacques Lumumba (ex-agent de BGFI Bank actuellement enFrance) ; Emmanuel Umpula (expert) et Floribert Anzuluni (coordinateur de Filimbi).

            Les orateurs, tous membres de ‘’Le Congo n’est pas à vendre’’ estiment que les ressources naturelles (minières et pétrolières) congolaises devraient d’abord profiter à la population congolaise et non à des lobbys étrangers. Selon eux, un rapport publié en 2017 par la Fondation Koffi Annan et l’Ong Africa Progress Panel avait révélé qu’en cinq transactions minières, Dan Gertler avait fait perdre à la RDC 1,36 milliards de dollars américains.

            Par ailleurs, le même opérateur économique avait acheté à la Gécamines des parts dans un projet près de Likasi pour 15 millions de dollars. Quelque mois après, il avait revendu les mêmes parts à un investisseur étranger à 75 millions de dollars. Dan Gertler avait aussi réussi à acquérir, à 500.000 dollars américains, des blocs riches en pétrole au large de l’Océan Atlantique, pour ensuite les revendre à l’Angola à 150 millions de dollars américains, soit 300 fois la somme initiale payée au gouvernement congolais.

            Pour relever les défis de l’économie congolaise, « Le Congo n’est pas à vendre » recommande l’ouverture d’une enquête transparente sur le gel des actifs de Dan Gertler puisqu’il est formellement sanctionné depuis 2017 ; la mise en place des registres des propriétaires des sociétés minières et pétrolières, mais aussi veiller à la publication des rapports annuels ; la reforme et le renforcement du secteur bancaire, car  on a du mal à identifier les personnes comme les entreprises au niveau des banques rien qu’avec la carte d’électeur, étant donné que cette dernière est facilement falsifiable; et la mise en place d’une politique de gouvernance minière qui devrait permettre de contrôler toutes les sociétés présentes au Congo ; etc.

            Selon « Le Congo n’est pas à vendre », Dan Gertler est un homme d’affaire israélien actif en République Démocratique du Congo depuis plus de vingt ans. Très proche de l’ex-Président Joseph Kabila, il avait commencé dans le commerce des diamants, avant de se rendre, grâce à ses parrains politiques, incontournable dans les grands dossiers miniers et pétroliers du pays. 

Il est présent, directement ou par des sociétés-écrans, dans les diamants du Kasaï, le cuivre de Kolwezi, Likasi et Sakania, le zinc de Kipushi, le cobalt. Aujourd’hui, sa fortune est estimée à 1,2 milliard de dollars. 

 Dorcas NSOMUE

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