RAM : motion de défiance contre Kibassa

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Le FCC (Front Commun pour le Congo) a déposé hier mardi 12 octobre, au bureau de l’Assemblée Nationale, une motion de défiance contre Augustin Kibassa, ministre des PT/NTIC (Postes, Télécommunications/ Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Selon Didi Manara, président du Groupe Parlementaire PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) et Alliés, le document a recueilli 101 signatures.

Cette initiative parlementaire fait suite à la question orale avec débat adressée à ce membre du gouvernement au sujet du flou qui continue d’entourer le fondement juridique de la taxe dite « RAM » (Registre d’Appareil Mobile), la hauteur réelle des fonds collectés depuis son instauration, il y a plus d’une année, et leur utilisation. Des suspicions de détournement desdits fonds ne font que s’accumuler depuis la prestation, jugée peu convaincante, de l’intéressé devant la Représentation nationale, en date du mercredi 29 septembre 2021 et surtout à la suite du report, à deux reprises (vendredi 1er octobre et mercredi 6 octobre) des plénières qui devaient être consacrées à la réplique du ministre Augustin Kibassa aux interrogations des députés nationaux restées sans réponses ainsi qu’à la contre-réplique de l’auteur de la question orale.

         Les deux faux bonds faits par le ministre des PT/NTIC à la chambre basse du Parlement sont interprétés par une large portion des élus du peuple et de l’opinion comme une fuite en avant de sa part. D’aucuns soutiennent que les reports intempestifs et inexpliqués des plénières en rapport avec le dossier « RAM » s’inscriraient dans l’optique des manœuvres dilatoires destinées à contourner justement la motion de méfiance qui vient d’être finalement articulée contre lui. Plusieurs sources accusent les députés nationaux membres de l’Union Sacrée de la tenue des « messes noires » visant à soutenir Augustin Kibassa contre vents et marée.

         Alors que des flèches empoisonnées contre lui fusent de partout, l’entourage de ce membre du gouvernement ne reste pas silencieux. A en croire certains députés de la nouvelle majorité au pouvoir, le principal soubassement juridique du RAM serait la présence de la rubrique de ses recettes dans la loi des finances de l’exercice 2021 encore en pleine exécution.

         Quant à l’origine de cette taxe, elle remonterait au mandat de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo.

         S’agissant des recettes engrangées jusque-là, elles seraient de l’ordre de 25 millions de dollars américains et non de 260 millions, comme allégué par l’ODEP (Observatoire de la Dette Publique). Au chapitre de leur utilisation, il est fait état du financement des projets de connexion gratuite au réseau Internet de plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire, d’aéroports internationaux et de places publiques à Kinshasa comme en provinces, etc. Bref, contrairement aux rumeurs en circulation dans certains cercles politiques, le « RAM » ne serait pas une escroquerie d’Etat.

         Pour ce qui est de la plénière à réserver au second round d’explication du ministre des Postes, Télécommunications/ Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, annoncée pour ce mercredi 13 octobre par le bureau de l’Assemblée nationale, que l’on accuserait gratuitement de chercher à étouffer la vérité dans le dossier « RAM ». Sauf imprévu donc, le Palais du Peuple va vibrer demain aux sons du «RAM».

Kimp

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