Les radios communautaires revendiquent leur reconnaissance légale

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La Fédération des Radios de Proximité du Congo (FRPC) a tenu hier mercredi  25 janvier 2017 à l’hôtel Africana Palace, dans la commune de Lingwala,  un atelier de réflexion sur «  le statut des radios communautaires face à la proposition de loi en examen à l’Assemblée Nationale ». Il était question de faire l’état des lieux face aux innovations contenues dans ledit projet de loi, afin que ce secteur fonctionne normalement comme tous les autres médias à travers le pays.   
En effet, c’est depuis 2008 que le projet « Plaidoyer pour la reconnaissance des radios de proximité » a été initié. Ce projet de loi, déposé en 2013 à l’Assemblée Nationale, a pour but d’obtenir la reconnaissance légale du statut particulier des radios associatives et communautaires, qui ne sont pas prises en compte dans la législation en vigueur.
Selon Modeste Shabani, PCA de la FRDC, les radios communautaires méritent d’être reconnues par la loi au regard du travail primordial qu’elles abattent à travers le pays. Il a expliqué que ces médias, évalués à plus de 500, diffusent des programmes en langues locales, font la promotion de la liberté d’expression car elles donnent la parole même aux vulnérables gratuitement, désenclavent les villages au plan informationnel, éduquent et sensibilisent.
Ces radios de proximité, soutient-il, fournissent et traitent les informations qui ne sont souvent pas couvertes par les médias traditionnels. Ce secteur connait de nombreux problèmes aux plan contextuel, professionnel et également organisationnel. Modeste Shabani a fait savoir qu’elles sont nées comme  un effet de mode car pour exister, il suffit d’un émetteur, d’un ou de deux lecteurs de supports sonores, d’un mixer et de deux ou trois personnes pour faire fonctionner ce type de média.
Cet élan de volontarisme, a-t-il souligné, a crée une émulation et une cause qui valait la peine qu’on se batte pour elle. Mais très vite aussi est apparue une grande faiblesse de structuration et d’organisation pour faire face aux défis de la concurrence et de la durabilité. A l’entendre, ce mal persiste de manière générale et met souvent  en péril la crédibilité de plusieurs radios  communautaires ou qui se veulent telles. 
          Par ailleurs, ce haut cadre de la FRDC a souligné aussi que ces médias de proximité se trouvent face  à un destin technologique coûteux : les ressources numériques sont une denrée rare pour les radios communautaires en RDC.  L’équipement et son utilisation sont assez problématiques pour la plupart d’entre elles, a-t-il indiqué. C’est ce qui fait que de fois, cette faiblesse hypothèque un tout petit peu la qualité et la régularité de leur production. « La qualité des équipements de diffusion laisse aussi à désirer, et ceci est souvent dû à la précarité financière de nos radios,  lesquelles comptent sur de faibles revenus de cotisation ou des services rendus. Les personnels vivent dans une pauvreté difficile à expliquer… », a-t-il déploré.
          Face à ce tableau sombre, il a demandé aux autorités compétentes, notamment à l’Assemblée Nationale, d’initier des lois pour que les radios communautaires fassent leur travail comme il se doit.
Dans ce même ordre d’idées, Me Charles Mushizi, avocat et l’un des rédacteurs dudit projet de loi, a passé en revue ses différentes innovations. Il a assuré que ce texte a corrigé les lacunes de la présente loi sur la presse. Le nouveau texte, a-t-il ajouté, propose une description complète des radios communautaires. 
 
Proposition d’un délégué des radios communautaires au CSAC
 
          Face à l’actualité politique du pays relativement au processus de réforme des institutions d’appui à la démocratie, parmi lesquelles la CENI et le CSAC (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication), la FRDC a annoncé avoir proposé le nom d’Adelin Mboma Mangwanda comme son délégué au CSAC.
Perside DIAWAKU
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