Quartier le plus propre de Kin: un théâtre de mauvais goût !

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L’opération « Kinshasa-bopeto », une initiative du gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, dont le coup d’envoi avait été donné par le Chef de l’Etat, le samedi 19 octobre 2019, à partir de la commune de Bandalungwa, a largement montré ses limites, deux mois après. En lieu et place d’une mégapole qui devait être rapidement débarrassée de montagnes d’immondices, d’eaux puantes dans ses caniveaux, de boues nauséabondes au niveau de ses marchés et places publiques, de lits de rivières envahis par des bouteilles en plastique, sans oublier des cadavres de chiens, chats, poules… les Kinoises et Kinois ont l’impression de s’enfoncer davantage dans l’insalubrité.

         Du coup, la prime qui devait être octroyée, à la fin de chaque mois, au quartier le plus propre de la capitale, a tout l’air d’un théâtre de mauvais goût. S’il était demandé aux 10 ou 12 millions de résidents de Kinshasa de plébisciter un quartier propre dans cette ville, ce serait un zéro intégral. Comme si la nature était contre le gouverneur de la ville, qui s’est lancé dans une entreprise suicidaire, sans avoir évalué correctement les coûts en termes d’argent, de ressources et de logistique, les pluies diluviennes, avec leur cortège d’inondations, érosions, éboulements et sans-abri, sont venues compliquer davantage l’équation de « Kinshasa-Bopeto ».

         L’autre fait intriguant de cette campagne d’assainissement et d’embellissement de Kinshasa se trouve être la disparition pure et simple, de la circulation, des camions qui étaient chargés du ramassage des ordures. Que sont-ils devenus ? C’est la question que continuent de se poser des millions d’administrés de Ngobila, qui avait pourtant promis le renforcement de ce charroi au fil des mois.

         Par conséquent, les montagnes d’immondices ne cessent de prendre de la hauteur. Le « salongo » collectif de chaque samedi, pendant lequel bourgmestres, chefs de quartiers et de rues devaient mobiliser leurs administrés en vue de l’assainissement de leurs milieux de vie, a repris sa fonction originelle de structure de rançonnement des vendeurs et vendeurs des marchés urbains comme pirates par les policiers.

Les fêtes de Noël et de Bonana, qui auraient dû se tenir dans une ville scintillante de propreté, se passent dans un environnement urbain totalement insalubre. A Kinshasa, aucune commune ne répond aux normes de salubrité. S’il y a un vœu à émettre, c’est de suggérer au gouverneur de la ville soit de recadrer l’opération « Kinshasa-bopeto », soit de déclarer carrément sa « faillite » et de retirer, des places publiques, des enseignes qui énervent tous ceux qui ont déjà visité ou vécu dans des villes réellement « propres » à travers la planète.Kimp

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