Psychose autour de l’article 8 à Kinshasa

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Malgré les nombreux appels des autorités urbaines à la reprise normale des activités, la journée d’hier lundi 26 janvier 2015 a été fortement marquée par une psychose générale à travers la capitale.  Des écoles, instituts supérieurs,  universités, bureaux administratifs, magasins des expatriés, notamment ceux des Chinois et des Indo-pakistanais, n’ont pas ouvert leurs portes. Certains établissements scolaires, bien qu’ouverts, n’ont reçu que quelques élèves.  D’autres par contre ont tout bonnement renvoyé leurs élèves à leurs domiciles au moment où ces derniers se présentaient aux portes d’entrée. Nombre de parents, pour des raisons de sécurité, ont préféré garder leurs enfants dans leurs maisons. Bref, un nouveau feuilleton d’écoles mortes a marqué le quotidien des Kinoises et Kinois.

Au Marché central, tout le monde était sur le qui-vive. Marchands, acheteurs et autres visiteurs se pressaient pour réaliser à la sauvette quelques ventes ou achats, et s’éloigner à toute vitesse. Téléphones en mains, la plupart des Kinois attendaient apparemment un coup de fil d’alerte pour évacuer sur le champ. « Je ne devrais  en principe pas venir, suite aux rumeurs qui circulent concernant la journée d’aujourd’hui. Et si je suis là, c’est parce que nous n’avons plus rien à manger à la maison. Les quelques jours passés cloîtrés dans notre maison, nous ont plongés dans la sécheresse totale, étant donné que nous vivons au jour le jour. Je ne suis même plus en mesure de nourrir mes enfants. Toutefois,  je suis très prudente. Dès que ça barde, je vais me réfugier aussitôt chez ma tante qui habite les alentours », affirmait une vendeuse des tomates.

Selon les observateurs, cette psychose serait due aux appels de « l’UDPS extraparlementaire » et des FAC – Forces vives à une marche contre la loi électorale adoptée par le parlement. Car, pour ces deux formations politiques, ladite loi regorge encore des zones d’ombre.

Hormis cet aspect, ont noté des observateurs, la forte présence des militaires, notamment ceux de la Garde républicaine, dans différents « points chauds » de la ville, a installé la méfiance chez tous ceux qui voulaient sortir. D’autres sources parlaient d’une marche des Catholiques, pour protester contre la coupure du signal de leur télévision.

A en croire certains observateurs, tous ces facteurs alarmants ont fait croire à la population qu’un nouvel épisode de violences pouvait survenir d’un moment à l’autre. « J’ai jugé bon de garder mon fils à la maison, pour observer le déroulement de la journée, surtout avec les tristes événements survenus la semaine passée, qui ont provoqué tant des morts. Si tout va bien, je pourrais renvoyer mon enfant demain à l’école », a confié un parent.

Pour d’aucuns, les autorités devraient penser à rétablir totalement l’internet et les Sms, afin de rassurer la population qu’aucun danger ne les guette et que la situation est revenue normale.

Perside DIAWAKU

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