Programme des 100 jours : les précisions de Nicolas Kazadi

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L’ambassadeur Itinérant Nicolas Kazadi était cité par Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef, lors de la première audience foraine de son procès sur les détournements des fonds alloués au Programme de 100 jours, le lundi 11 mai 2020 à la Prison Central de Makala, parmi les personnalités chargées de la supervision des travaux. Par souci de transparence et de clarification de certaines idées reçues, Le Phare exhume le communiqué que l’intéressé avait, en son temps, fait diffuser dans les médias et les réseaux sociaux, pour circonscrire les contours de ses responsabilités.

            On retient des explications de ce proche collaborateur du Chef de l’Etat et de son Directeur de Cabinet qu’il a assumé, du mois de mars à celui de septembre/octobre 2019, avant l’investiture du gouvernement du Premier ministre Ilunga, les charges lui dévolues en tant que technocrates. S’agissant des aspects spécifiques du programme liés aux mouvements des fonds et à leur utilisation, il ne se reconnaît ni dans l’habit d’un ordonnateur, ni dans celui d’un percepteur.

            Bref, selon Nicolas Kazadi, s’il y a des problèmes de revisitation des contrats ou de justification des fonds décaissés par le Trésor Public, l’on devrait « creuser » en dehors de sa parcelle des pouvoirs. Que dire sinon qu’avec l’ouverture du procès de Vital Kamerhe, Samih Jammal et Muhima, les commérages devraient laisser la place aux 40.000 pièces du dossier rassemblées par le ministère public. Amoureux de la vérité dans cette affaire, des millions de Congolaises et Congolais espèrent qu’elle va éclater au grand jour.

                                                                                                         L.P.

Communique officiel de l’Ambassadeur Itinérant

J’ai pris connaissance d’une vaste campagne de calomnies, aussi mensongère qu’absurde, contre ma personne dans les réseaux sociaux, en rapport avec le programme dit des 100 jours. A ce sujet, je porte à l’information du public les clarifications suivantes:

1. Dès le mois de février 2019, le Chef de l’Etat m’a confié la responsabilité de coordonner l’équipe technique CACH en charge du Programme du quinquennat, lequel a été ensuite endossé par les négociateurs FCC-CACH puis porté par le Chef du gouvernement.

2. S’agissant du programme dit des 100 jours, n’ayant pas été associé à sa conception, ce n’est qu’après son lancement que j’ai été chargé, par Monsieur le Directeur de Cabinet, d’assurer la coordination de son suivi au sein d’une Commission ad hoc.

3. Ladite commission a travaillé sous l’autorité directe du Directeur de cabinet. Son travail a essentiellement consisté à :

– Compiler les rapports en provenance des entités en charge de l’exécution des travaux;

– Organiser les missions de suivi sur le terrain;

– Faciliter la bonne exécution du programme.

4. En ma qualité de Coordonnateur, je n’ai bien sûr pas eu de contact financier quelconque, ni avec les entreprises privées ou publiques retenues pour les différents projets, ni avec les ministères des Finances ou du Budget. Cela ne relevait aucunement de mes prérogatives.

5. Plus spécialement, je n’ai eu aucun rapport direct avec l’OVD et l’Office des Routes, ce rôle étant laissé aux personnes désignées par le Directeur de Cabinet, en sa qualité de Président de la Commission, dans le cadre de la division du travail en son sein.

6. En ce jour anniversaire de l’UDPS, conformément aux valeurs que nous prônons et à la vision du Chef de l’Etat en matière de lutte contre la corruption, je rappelle que j’ai été le premier à demander et à obtenir qu’un audit soit entrepris sur le programme des 100 jours, comme l’exigent les principes élémentaires de transparence et de gouvernance moderne, qui m’ont toujours caractérisé durant ma longue carrière nationale et internationale.

7. En septembre/octobre 2019, peu avant le transfert de la coordination du suivi au gouvernement, compte tenu de l’engagement politique pris en faveur de la gratuité de l’éducation primaire, la Commission avait déjà signalé à la hiérarchie et à nos partenaires, les risques encourus sur la bonne exécution financière du programme des 100 jours. Des actions fortes ont été aussitôt engagées par le Chef de l’Etat et par le gouvernement pour mobiliser davantage de ressources, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Alors que le programme de gratuité s’exécute de manière satisfaisante en dépit des lourdes contraintes, il est regrettable de constater que, faute d’une communication appropriée, ces efforts collectifs hautement louables se trouvent noyés par une forme  d’hystérie collective, du fait du retard enregistré dans certains travaux.

8. Je demande à nos bases respectives et à nos cadres de garder leur calme et leur sérénité ; d’éviter de ne fonctionner que sur la base de rumeurs et de s’abstenir de toute forme de lynchage médiatique. La qualité de notre démocratie en dépend. Comme j’ai eu à le dire, seuls de potentiels coupables peuvent s’offusquer ou s’agiter face à la demande d’un audit. Une fois de plus, j’en appelle à des audits professionnels, réalisés dans des délais raisonnables et aboutissent à des conclusions claires et crédibles.

9. Je me réserve le droit de poursuite contre tous ceux qui se plaisent de relayer des informations mensongères et diffamatoires.

Fait à Kinshasa, le 15 février 2020

Nicolas KAZADI

Ambassadeur itinérant

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