Processus électoral : l’état des lieux par «AETA»

0
117

A Dix jours  de la tenue des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales,  il apparait rassuré que la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, continue inlassablement à conjuguer les efforts pour l’organisation effective des scrutins le 23
décembre 2018. Dès lors, les incertitudes, les doutes, le scepticisme et les confusions autour d’un probable raté de ladite échéance procèderaient des stratagèmes des politiques de tout bord visant à démotiver les électeurs congolais. A l’issue du monitoring et de
l’analyse des faits et pesanteurs relatifs au processus électoral
réalisés par les membres de son  Hub Electoral, la plateforme AETA,
recommande ce qui suit :
a. La CENI devra davantage communiquer clairement, sincèrement et de
façon précise et rationnelle sur l’évolution des acquisitions et du
déploiement logistique des matériels électoraux, principalement les
Machines à Voter, ainsi que sur le financement des opérations restant
; Car ces questions sont prises  d’alibi  pour perpétrer des opinions
et affirmations défaitistes causant incertitudes et flou sur la tenue
des scrutins du 23 décembre prochain. Il s’agit pour  sa part
d’indiquer ce qui est fait, ce qui reste à faire et en combien de
temps ceci devra être fait. Informer également sur  les problèmes et
contraintes qui se posent en obstacles pour tenir à cette date
buttoir. Cette communication devrait s’adresser principalement aux
électeurs dans les quatre langues nationales.  Une sorte d’évaluation
fin-parcours des réponses données aux contraintes du début du
processus en déterminant bien sûr  les responsabilités. Cet exercice
engagera son devoir de transparence et de redevabilité et la
dédouanera de toute responsabilité d’un éventuel report des élections.
b. AETA souligne que toute option d’un éventuel report des élections
portera des incidences d’ordre institutionnel à l’avantage des
citoyens. Il est à réitérer ici le vœux ultime de la population
congolaise à avoir des élections sincères, honnêtes et de qualité qui
débouchent sur l’alternative de la gouvernance en lieu et place des
élections qui pourront réinstaurer le népotisme : une « prédocratie »
;
c. La CENI est appelée à publier et afficher sans tarder les listes
définitives des électeurs dans les bureaux de vote et du dépouillement
en vertu de l’article 8 de la loi électorale qui exige que cette
obligation soit tenue 30 jours avant  le vote. Or, il  s’avère à ce
jour que ce délai légal est déjà presque totalement  entamé. Au-delà
d’être légal, l’affichage de ces listes électorales aidera
efficacement les électeurs à localiser leur bureau de vote respectif
afin d’éviter de se désorienter et se perdre le jour du vote ;
d. De même, la CENI est appelée à publier dans le meilleur délai la
cartographie des bureaux de vote et du dépouillement, BVD ;
e. AETA constate que la problématique de l’utilisation de la Machine à
Voter et du fichier électoral continuent à maintenir les antagonismes,
les discordes et l’hostilité électorales de la majorité des acteurs
clé, d’une part, et justifient et enracinent la méfiance profonde et
la contestation anticipée de la fiabilité des résultats du vote,
d’autre part ;
f. La campagne électorale en cours développe deux discours ambivalents
très popularisés au sujet de la Machine à Voter. Cela n’augure guère
une période postélectorale pacifique. Cette situation crée une rupture
profonde de confiance au processus électoral dont la solution efficace
dépend de la ferme volonté réciproque de la CENI et des acteurs
politiques à s’harmoniser autour d’une concertation technique qui
poserait des mécanismes de confiance consensuels efficaces et justes
de sécurisation de la vérité des urnes.  Ce forum de consensus
technique devrait examiner  les questions liées à la fonctionnalité
des machines à voter, au transfert automatique des résultats du vote,
à la prise en compte exclusive des résultats des bulletins de vote,  à
la primauté  de la compilation des résultats, au délai de la
publication des résultats provisoires par la CENI ainsi que celle
relative au calcul du seuil de  représentativité.
L’application des recommandations formulées par le groupe d’experts
britanniques à l’issue de l’examen de la fonctionnalité de la machine
à voter ainsi que le défi relatif à l’appropriation de ladite machine
à voter par les électeurs devraient également faire objet des
discussions. Les options concrètes assorties desdites concertations
devront être coulées en Accord technique de crédibilité  et fiabilité
des scrutins : une sorte d’engagement à prendre par tous les acteurs
clé.  AETA recommande ainsi que cette rencontre technique s’élargisse
aux autres acteurs clé, politiques et sociaux du processus électoral,
au lieu de concerner limitativement les seuls candidats présidents de
la République. Car,  tous les trois scrutins prévus le 23 décembre
prochain sont sensibles et importants et sont exposés de la même
manière aux risques d’une éventuelle dysfonctionnalité technique ;
g. Au sujet de la sécurité, AETA recommande que le gouvernement et la
MONUSCO  coordonnent leurs efforts sur fond d’une cohabitation franche
et sincère, en faveur de la sécurisation efficace des provinces du
pays en proie de l’activisme des groupes armés, des rebellions et
conflits inter et intra-ethniques, d’une part, et, d’autre part, les
coins du pays dominés par la crise humanitaire et l’épidémie de la
fièvre hémorragique d’Ebola.  Prenant des ramifications sous des
formes diversifiées dans la quasi-totalité du territoire national,
l’insécurité tend à s’opposer  farouchement à la tenue des élections
crédibles et pacifiques sur l’ensemble du pays. Les électeurs, les
agents de la CENI, les matériels électoraux, les candidats
compétiteurs en sont autant  des victimes potentielles.  Avec plus de
780.000 personnes déplacées au Nord-Kivu, en Ituri et dans les Kasaï ;
plus de 300.000 expulsés de l’Angola, il sied de signaler que le vote
coure  le risque de  perturbation avec des  incidences  graves aussi
bien sur la fiabilité des résultats que sur la qualité de la future
démocratie ;
h. Les partis, regroupements et plates-formes politiques sont appelés
à mutualiser leurs efforts, stratégies et moyens pour une couverture
efficace et totale des bureaux de vote et dépouillement et des centres
de compilation des résultats par des témoins qui devront être, du
reste,  bien formés ;
i. AETA recommande au gouvernement de la République à adopter une
attitude non sélective quant à l’invitation des observateurs
internationaux. Le processus électoral actuel ayant été accompagné
techniquement et diplomatiquement depuis 2012 par l’ensemble de la
communauté internationale, il s’avère judicieux d’accepter sa
surveillance par toutes ces composantes afin de contribuer à la
plus-value de sa transparence et crédibilité ;
j. AETA appelle enfin toute la population congolaise à rester éveillée
et à exiger la tenue dans le respect du délai calendaire des élections
de qualité, honnêtes, sincères et véritablement crédibles.

Fait à Kinshasa, le 11 décembre 2018 Pour le HUB ELECTORAL AETA Les
organisations membres :
CODHOD
RECIC
ODEP
LIFCE
LIFDED
LINELIT
COLLECTIF 24
ACOTIC
CRONGD/KIN
OCAP
COCORICO
ELAÏS
FMJC

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •