Procès des 100 jours du Chef de l’Etat : l’assistante de Hamida Shatur aux arrêts !

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Marie-Josée Mengi, l’assistante de madame Hamida Shatur, l’épouse de Vital Kamerhe Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, abondamment citée le jeudi 04 juin 2020, lors de la troisième et dernière audience du procès ouvert par le Tribunal de Grande Instance de Matete contre le précité et deux de ses co-prévenus, Samih Jammal et Jeannot Muhima, était curieusement absente dans le box réservé aux témoins.

         Pourtant, sa déposition était fort attendue dans l’affaire du détournement de 57 millions de dollars américains, ou plutôt 66 millions selon les révélations du témoin Bilomba, Conseiller principal du Chef de l’Etat en charge de l’Econome et des Finances, mis à charge de trois prévenus. On rappelle que la même juridiction avait également retenu, à leur charge, la prévention de corruption.

         Aussitôt après avoir été auditionnée hier lundi 08 juin 2020, indique-t-on, elle a été placée sous mandat d’arrêt provisoire, en dépit dans la présence, sur le 4ème rue Limete, de son avocat, Francis Kalombo.  Son tort serait peut-être d’avoir tenté de se soustraire momentanément à la justice et de ne pas avoir d’adresse connue. C’est ce qui avait conduit le Parquet général près la Cour d’Appel de Matete de lancer un avis de recherche contre elle, le samedi 06 juin.

         Se sentant traquée et incapable de sortir de Kinshasa, elle doit avoir certainement tiré une leçon utile de la fuite sans lendemain du nommé Daniel Nkingi Shangalume alias Massaro, cousin de Vital Kamerhe, lui aussi poursuivi par le Parquent général de Matete comme une des pièces maitresses des contacts entre le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Samih Jammal, ses deux enfants Jammal Jammal et Jammal Hussein, actuellement en fuite et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, madame Hamida, sa fille Soraya, ainsi que d’autres membres du réseau maffieux.

         S’agissant précisément de Marie-Josée Mengi, si l’on s’en tient aux questions du ministère public, jeudi dernier, en rapport avec des mouvements suspects de fonds dans les comptes de Hamida, il y a fort à parier que le Parquet général près la Cour d’Appel de Matete aimerait obtenir des éclaircissements sur les activités commerciales de l’épouse de Kamerhe, lesquelles lui ont permis d’alimenter ses comptes jusqu’à hauteur de plus d’un million de dollars américains en l’espace d’une année (2019). Ces versements de fonds sont d’autant suspects qu’ils ont été effectués durant la période correspondant aux libéralités faites par Samih Jammal au réseau des « relations » lui ayant permis de gagner les marchés de 1500 maisons préfabriquées, dont tout le monde ou presque connaît le sort réservé à l’argent ayant servi à leur financement.

         Présentée comme la gérante attitrée des affaires de Hamida et sa mandataire personnelle auprès de ses banquiers, elle devrait expliquer, dans les détails, les fonds qui tombaient dans les comptes de sa patronne comme la manne du ciel. Puisque celle-ci avait connu un trou de mémoire pour ne plus se souvenir du numéro de son registre de commerce, Marie-Josée Mengi devrait être en mesure de le communiquer à la justice.

         Lors de l’audience du jeudi 04 juin 2020, Hamida avait soutenu payer à son assistante un salaire de 500 dollars par mois. La question qui intrigue l’organe de la loi est de savoir comment elle a pu acquérir plusieurs biens immobiliers, dont deux maisons à Gombe et la concession connue sous le label de « Espace Ngindu », à l’Echangeur de Limete, en face du monument de Patrice Lumumba.

         Quel sort attend sa patronne, Hamida Shatur?

On ne tardera pas à le savoir.

                            Kimp

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