Pro et anti-dialogue s’empoignent avec la bénédiction de la CENCO

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Ceni_1 (1)A l’initiative du Bureau de Liaison avec le Parlement (BLP), un  organe de la CENCO,  les pro ( She Okitundu) et anti dialogue ( le député Mirindi de l’UNC)  se sont empoignés le vendredi 12 février 2016 au Centre Interdiocésain.   Leurs hôtes, à travers le Secrétaire général adjoint de la CENCO, l’abbé Donatien Nshole, ont adopté une position médiane.  Autre structure invitée à la Tribune d’Expression Populaire :  la CENI, par le biais de son  président, Corneille Nangaa. « Dialogue inclusif, une opportunité ou non pour la préparation aux échéances électorales » était l’intitulé de la dite TEP.

Le sénateur She Okitundu  a soutenu  que le dialogue est  une  nécessité, dans la mesure où ce forum va permettre d’avoir des élections apaisées et répondant aux standards internationaux. Il  a rappelé les violences post électorales enregistrées lors de deux cycles électoraux  de 2006 et 2011.  D’où, il est impérieux que les Congolais se retrouvent autour d’une même table pour mieux préparer le 3 ème cycle électoral.

            Reprenant la genèse du dialogue voulu inclusif, il s’est attardé sur l’annonce de l’UDPS, l’implication des partenaires, à travers l’Accord cadre d’Addis Abeba, la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ce cadre de la MP a souligné que dans l’Accord cadre, on parle clairement de la réconciliation, et que tout devrait se faire dans le cadre régional et celui du respect de la souveraineté de chaque  pays….. Le gouvernement congolais s’est engagé à faire siennes les recommandations des partenaires. En sa qualité de garant de la bonne marche des affaires du pays, le Chef de l’Etat a dans un premier temps  envoyé des émissaires et consulté les parties prenantes  à ce forum. Il  s’est formé deux camps, les pro et anti-dialogue.

Contrepied

            Le  député national Grégoire Mirindi a fait savoir qu’en RDC, chaque fois qu’il y a des « égarements » dans le discours politique, on essaie de trouver des justificatifs. Il a rappelé  les engagements pris lors du rendez- vous de SUN CITY au cours duquel, les participants à cette grande messe s’étaient convenus de ce qu’il ne fallait pas faire à l’avenir.

Après les ratés observés lors des élections de 2006 et 2011, l’opposition  avait réclamé la tenue d’un dialogue  mais le gouvernement l’avait jugé inopportun, a-t-il indiqué.

Il a martelé que l’exécutif a l’obligation de financer les élections,  de sécuriser les biens et les personnes et la CENI celle d’organiser les élections. Pourquoi alors organiser un dialogue en cette période ? s’est-il interrogé.

Depuis 2012, le gouvernement congolais est censé décaisser un important pactole pour financer les opérations électorales. Dans notre Constitution, il est fait état des élections anticipées (cas de la dissolution de l’Assemblée Nationale).  Comme ces cas de figure sont probables, il est clair que l’Etat dispose des moyens en permanence pour faire face aux défis électoraux.

            Entre autres preuves de mauvaise foi du gouvernement congolais, selon ce député national, la nomination des commissaires  spéciaux en lieu et place des élections des gouverneurs alors que le concept  des commissaires spéciaux n’a aucun soubassement juridique.

Position médiane

            Intervenant à son tour, l’abbé Donatien Nshole a résumé les grandes lignes de la position de la CENCO sur le dialogue. Depuis plusieurs années, a-t-il indiqué, l’Eglise catholique n’a cessé d’apporter sa contribution pour la résolution de certains problèmes qui se posent dans notre pays et même à la tenue d’un dialogue inclusif. Il a rappelé ensuite le discours du Chef de l’Etat  devant le Congrès en décembre 2015 et au cours duquel Joseph Kabila a insisté sur  la nécessité d’obtenir le consensus pour que le processus électoral connaisse un aboutissement heureux.

            Dans la situation de méfiance observée auprès des acteurs politiques congolais, le dialogue est interprété de diverses manières, a-t-il affirmé. Le dialogue « version » Kabila est rejeté par un groupe d’acteurs politiques car il va amener le glissement, ajoutent ces derniers. Pour d’autres, c’est la voie royale, censée contribuer à un atterrissage en douceur du cycle électoral en cours. La CENCO, soucieuse de voir la RDC sortir de la crise, milite pour le dialogue et invite les anti-dialogue à mettre un peu d’eau dans leur vin. Donatien Nshole est revenu à l’occasion sur le récent  message urbi et orbi du Pape. Il a fait savoir  que l’épiscopat congolais s’est inscrit dans cette logique. En conclusion, il a indiqué que le dialogue devrait se tenir dans le respect du cadre constitutionnel et ne pas occasionner le glissement tant redouté. Que tous les parties prenantes à ce forum respectent leurs engagements pour que tout se passe très bien, a dit Nshole.

            Bouclant la boucle, Corneille Nangaa n’a pas usé de la langue de bois pour fustiger la duplicité des acteurs politiques qui refusent de prendre leurs responsabilités pour faire face aux problèmes qui se posent dans notre pays.  Revenant sur les attributions de la CENI, il s’est attardé sur le fichier électoral établi en 2006 avec l’existence de 25 millions d’électeurs, celui de 2011 avec 7 millions des votants supplémentaires, les arriérés électoraux, la publication du calendrier de la CENI qui a occasionné des débats houleux, le budget global alloué à la CENI.

            Il a soutenu qu’en dépit de l’alinéa qui avait mis le feu aux poudres en janvier 2015, il est dit clairement que la CENI a besoin des chiffres précis sur la population congolaise pour répartir les sièges dans les différentes circonscriptions.

            Il a fait aussi état des cartes d’électeurs délivrées en dehors du circuit officiel, des problèmes nouveaux-nés du démembrement territorial.  Revenant sur les réunions de la tripartite, il a fait état de la réussite de la première réunion et du surnombre  ( 56 en lieu et place de 16 ) des délégués de l’opposition à la seconde réunion  et de la présence de 11 membres de la MP

            Il a exhibé à l’assistance le spécimen de la nouvelle carte d’électeur, et attend voir les décideurs politiques jouer pleinement leurs partitions pour que lui et ses pairs fassent leur part de travail.

              Jean- Pierre Nkutu

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