Prisons : la «Fondation Bill Clinton pour la Paix» dénonce de vrais-faux malades

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Selon la «Fondation Bill Clinton pour la Paix», Dolly Makambo, ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement provincial de Kinshasa, condamné à dix ans de prison par la Haute Cour Militaire, dans l’affaire de l’assassinat du Directeur gérant du Centre Médical Ujana, à Lingwala, se trouve interné, depuis près d’une année, à la Clinique Ngaliema, pour des raisons de santé. Cette ONG soutient que des indiscrétions s’échappant des couloirs de cette formation médicale indiquent que l’homme se serait totalement remis, depuis belle lurette, du petit malaise qui lui avait valu son évacuation de la prison militaire de Ndolo, où il était placé pour purger sa peine. Ce prisonnier, bien que bien portant, indique-t-elle, n’a nullement l’intention de quitter sa chambre luxueuse de la Clinique Ngaliema, où il a pratiquement oublié son statut de prisonnier, pour sa cellule de Ndolo.

            La même ONG pense que Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, condamné au premier degré, au niveau du Tribunal de Grande Instance de Gombe, à 20 ans de travaux forcés pour détournement des deniers publics dans l’affaire de l’achat de 1.500 maisons préfabriquées confiées à la société Samibo de Samih Jammal, lui aussi condamné à la même peine, se trouve dans le même schéma que celui de Dolly Makambo. Transféré dimanche dernier au Centre Médical Nganda, à la suite d’un malaise apparemment anodin mais pour lequel ses proches exigent des examens approfondis, ce prisonnier risque de ne pas quitter, pour longtemps, cette formation médicale. Cela parait d’autant vraisemblable que ses avocats n’ont cessé d’exiger, tout au long de son procès organisé à la prison centrale de Makala entre les mois de mai et de juin 2020, son évacuation vers l’étranger, pour des soins spécialisés.

            S’agissant du bulletin de santé de Vital Kamerhe, il est présenté tantôt comme celui d’un malade à l’article de la mort, tantôt d’un patient convalescent qui doit absolument aller se faire soigner en dehors du pays.

            La Fondation Bill Clinton pour la Paix relève que Dolly Makambo et Vital Kamerhe ne constituent nullement des exceptions. Le pays a connu, avant eux, des prisonniers qui pissaient du sang chaque jour pour les uns ou dont les jambes ou intestins étaient en train de pourrir pour d’autres, ou encore qui étaient continuellement sous perfusion, retrouver la bonne santé le jour même de leur sortie de prison, et faire le tour  d’honneur de la ville en caravane motorisée. Elle persiste et signe  que la stratégie de prédilection de beaucoup d’acteurs politiques et opérateurs économiques en détention préventive ou emprisonnés dans des centres carcéraux consiste à s’autoproclamer malades, de manière à échapper à la chaleur de leurs cellules et être placées dans des chambres climatisées des hôpitaux.

Eddy Kapend, Georges Leta, Nono Lutula et consorts

            Ce qui est curieux , selon FBCP, est que des prisonniers apolitiques ne font pas de caprices. Durant leur période de détention préventive ou définitive, ils acceptent de purger leurs peines sans chercher des faux-fuyants. Elle cite les cas de Eddy Kapend, ancien Aide-de- Camp de feu le Président Laurent Désiré Kabila, Georges Leta, Ancien Administrateur général de l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), et Nono Lutula, ancien Conseiller Spécial de Mzee Kabila en matière de Sécurité, qui séjournent à la Prison Centrale de Makala depuis 19 ans. On n’a jamais appris, depuis leur condamnation dans le procès de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila, qu’ils seraient tombés malades au point que leur état exigerait un transfert à l’étranger.

            Enfin, elle s’interroge sur ce qui se trame derrière les vrais-faux malades qui refusent visiblement d’assumer les conséquences de leurs actes et se plaisent de passer le plus clair de leur temps en dehors des prisons.

                                    Kimp

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