Primature, bureaux de l’Assemblée nationale et des Assemblées provinciales : les « gros poissons » en ordre de bataille

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Après l’euphorie de la proclamation des résultats au niveau de l’élection présidentielle et des législatives tant nationales que provinciales, le climat a pris une autre coloration au sein des différents  camps sociopolitiques du pays. On assiste à des débats houleux dans le microcosme sociopolitique national au sujet de la Primature et des bureaux de l’assemblée nationale et ceux des assemblées provinciales. Chaque camp aligne ses prétentions sur la
base des chiffres en sa possession et selon ses prévisions dans la recherche des strapontins pour faire partie de nouvelles institutions de la République, notamment la Primature, les bureaux des assemblées tant nationale que provinciales ainsi que les postes ministériels de
grande envergure.

FCC : plate-forme électorale ou regroupement politique ?
Selon les archives du Ministère de l’Intérieur et Sécurité déjà
publiées au Journal officiel, le Front Commun pour le Congo ne figure
pas dans la rubriqueréservé aux regroupements politiques. Il s’agit
tout simplement d’une plate-forme électorale qui selon sa dénomination
ne peut pas détenir une personnalité juridique. Cela, du fait qu’elle
est limitée dans le temps et l’espace. Raison pour laquelle, les
acteurs sociopolitiques rompus et connaissant bien les pratiques dans
la faune et la flore congolaise ne pouvaient pas se permettre de se
ranger derrière une telle plate-forme au risque de se mettre la corde
au cou et perdre leurs marges de manœuvre politique après les
dernières échéances électorales qui se sont déroulées durant une
journée comme, par extrapolation, pour une rose l’espace d’un matin.
Ainsi donc, a indiqué au Phare un observateur attitré de la scène
sociopolitique congolaise, il s’avère que face à une telle réalité et
malgré les rodomontades des partisans du Front Commun pour le Congo,
la recomposition de la majorité parlementaire est inévitable. Comme le
disait un confrère pendant la période électorale, on assiste à des
négociations en coulisses et dans les laboratoires des formations
sociopolitiques.

Nomination d’un
Informateur
Selon l’article 78 de la Constitution, si une majorité parlementaire
n’existe pas « le Président de la République confie une mission
d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition ».
Il s’agit là d’un impératif constitutionnel sur lequel le chef de
l’Etat ne peut transiger, entend-on dans les milieux proches de la
coalition électorale CACH et Alliés.

Les « gros poissons » en position de force
Dès lors qu’il existe déjà des forces sociopolitiques qui tiennent
mordicus à accompagner l’actuel Chef de l’Etat et ses alliés pour
former ce que Joseph Kabila avait prévu dans son discours d’adieu, à
savoir « une coalition des forces progressistes ». Le ministre d’Etat
Modeste Bahati, est l’un des gros poissons en position de force, car
son regroupement politique dénommé l’AFCD/A détient le plus grand
nombre des députés nationaux et provinciaux sur toute l’étendue du
territoire national, soit 41 députés nationaux et 68 provinciaux, a
déjà annoncé les couleurs par son schéma qui prône une coalition
sociopolitique pour le triomphe de la démocratie durable et
patriotique selon la vision et les vœux de Joseph Kabila. D’autres se
positionnent déjà en coulisses, a indiqué au Phare l’un des grands
observateurs de la faune et flore sociopolitique du pays.

L’Histoire se répète….
Depuis l’accession du pays à la souveraineté nationale et
internationale en 1960, il n’y a jamais eu une formation politique
avec une majorité parlementaire. Pour obtenir la majorité
parlementaire au lendemain de l’indépendance, Patrice Emery Lumumba
avait formé une coalition des nationalistes face aux fédéralistes
regroupés autour de l’Abako de Joseph KasaVubu. Après la réunification
du pays, au lendemain de la défaite cinglante des Mulelistes,  le
Cartel autour de feu Moïse Tchombé sous le vocable de Cartel des
fédéralistes avait recouru à une coalition avec certains partis
prônant la même idéologie. Cela face aux nationalistes dont la plupart
avaient pris le chemin de l’exil. Exit la longue période de la
dictature de feu Mobutu Sese, à la Conférence Nationale Souveraine
pourtant présidée par un religieux catholique du nom de Mgr Laurent
Monsengwo, le Premier Ministre élu avait choisi comme membres du
gouvernement de Salut Public des personnalités provenant des divers
milieux sociopolitiques, alors qu’il avait été élu brillamment avec 79
% face à feu Thomas Kanza.
Au regard des péripéties tumultueuses de la vie sociopolitique après
les négociations politiques inter congolaises de Sun City, le Congo a
encore une fois puisé dans des coalitions pour former les différents
gouvernements aussi bien dans le système de Transition de 1+4 que lors
du gouvernement issu des élections de 2006. Les élections tant
présidentielle à un tour  que législatives de 2011 n’ont pas sorti une
quelconque majorité parlementaire. Encore une fois, le pays a recouru
à des coalitions pour former le gouvernement.
Voilà autant des preuves qui démontrent que, chiffres à l’appui
provenant de la CENI, il n’existe pas de majorité parlementaire figée
à ce stade des débats. C’est dire que les tractations en cours seront
rudes et âpres entre les deux camps qui se disputent la formation du
futur gouvernement de la République. Le FCC aura du mal à imposer sa
thèse à l’actuel camp présidentiel. Car, ce dernier dispose
desplusieurs cartes dans ses manches. Dossier à suivre.
F.M.

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