Présidentielle 2018 : MLC, Bazaiba dénonce un coup monté contre Bemba

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A huit jours de la publication de la liste provisoire des candidats à la présidentielle du 23 décembre 2018, la Secrétaire Générale du Mouvement de Libération du Congo (MLC), Eve Bazaiba, est montée au créneau hier jeudi 16 août 2018, au siège de l’Interfédérale, dans la commune de Kasa-Vubu, en présence de nombreux cadres et militants ainsi que des alliés de ce parti, pour dénoncer un complot ourdi contre le sénateur Jean-Bemba Gombo. Selon elle, le principe d’écarter la candidature du Président national du MLC se trouve au centre des messes noires. Pour réussir ce coup monté, ses architectes envisagent
de passer soit par la CENI (Commission Electorale Nationale
Indépendante) ; soit par la Cour Constitutionnelle, entre le 24 août
et le 19 septembre 2018.
La énième  bataille de 12 travaux d’Hercules ne fait que commencer
pour le MLC & Alliés qui, après celle remportée le 8 juin 2018 à la
Cour Pénale Internationale (CPI), avec son acquittement dans un
dossier où il était condamné au premier degré à 18 ans de prison.
En attendant la publication provisoire de la liste des candidats à la
présidentielle par la CENI, l’alerte est maximale au MLC, qui veille
au grain, en scrutant au quotidien les faits et gestes des animateurs
de la CENI et de la Cour Constitutionnelle.
Bonne pédagogue, Eve Bazaiba a rappelé comment le MLC a péniblement
négocié avec le pouvoir en place, à chaque étape, pour obtenir le 1er
et le 4 août 2018, le retour triomphal de Bemba à Kinshasa et à
Gemena. Séance tenante, elle a informé sa base de toutes les manœuvres
qui se trament jour et nuit pour écarter Jean-Pierre Bemba de la
course à la présidentielle du 23 décembre prochain.
Eve Bazaiba a cité le professeur Nyabirungu et Me Kilolo, ancien
avocat du Sénateur Bemba au procès à la CPI, comme des acteurs sur qui
le régime se focalise pour asseoir ses argumentaires juridiques sur la
prétendue inéligibilité du « Chairman ». Elle a indiqué que le premier
cité avait tenu dernièrement une conférence de presse à l’hôtel Invest
pour faire croire que la candidature de JP Bemba était frappée d’«
irrecevabilité » pour cause de subornation de témoin à la CPI.
En sa qualité de juriste, elle a relevé que le professeur Nyabirungu
fait tout simplement de l’analogie avant de rappeler que la
subornation et la corruption, sont deux concepts différents qu’on ne
doit pas confondre, quel que soit le cas.
Elle a aussi rappelé les articles de la CPI qui font le distinguo
entre d’un côté la « subornation » et de l’autre la « corruption »
(70.c et 70.1c.). Par rapport au Code pénal congolais, les articles
122 et 147 parlent respectivement de la subornation et de la
corruption.
La SG du MLC a renchéri que la subornation a son champ d’application
au sein de l’administration, tandis que la corruption se fait partout
dans la société. Une façon pour elle de répondre au propre comme au
figuré au professeur Nyabirungu que l’article 10  de la loi électorale
détermine les conditions pour être candidat. Et, dans ladite loi,
l’infraction de « subornation » de témoin ne figure nulle part.
Quant à Me Kilolo, elle l’a tout simplement renvoyé à la règle de
déontologie qui stipule que si tu as été avocat conseil d’un client,
tu ne peux pas avoir un intérêt opposé à lui.

Mise en garde
Tirant la sonnette d’alarme, elle a mis en garde le Président de la
Centrale électorale, Corneille Nangaa, pour qu’il cesse de se laisser
instrumentalisé par le régime et lui a rappelé qu’il a, dans ses
attributions, l’avenir de plus de 80 millions de Congolais.
Elle a conclu que le MLC a besoin de la justice et de l’équité dans
la gestion des élections sur lesquelles le peuple congolais fonde tous
ses espoirs. L’occasion faisant le larron, elle a demandé aux
confessions religieuses, sa composante d’origine, de lui tirer les
oreilles pour qu’il cesse de participer aux réunions occultes avec le
pouvoir.
Enfin, Eve Bazaiba a réitéré le vœu de Bemba de voir l’opposition
politique puisse présenter un candidat unique avec une seule stratégie
commune le moment venu.
Jr EKOFO

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