Présidence de l’Assemblée Nationale : Mabunda déboulonnée

0
174

Jeanine Mabunda a été déboulonnée hier jeudi 10 décembre 2020, au Palais du Peuple, de la présidence du Bureau de l’Assemblée Nationale. La même vague a emporté son 2me vice-président, Balamage, le Rapporteur Musao, le Rapporteur Lungwama et la Questeure Matshiozi. La pétition déposée contre elle pour mégestion, attitude indélicate à l’égard du Président de la République et mépris envers ses collègues députés nationaux a recueilli 281 voix favorables à sa déchéance, contre 200 pour son maintien, une abstention et un bulletin nul sur un électorat chiffré à 483 participants.

            L’Union pour la Nation Congolaise, la nouvelle méga plateforme politique annoncée par le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, dans son message du 23 octobre 2020 à la Nation et à laquelle ont adhéré l’écrasante majorité des forces politiques et sociales qu’il a consultées du 2 au 26 novembre, a réussi une démonstration de force hier à l’hémicycle de Lingwala. La déchéance de présidente du Bureau de l’Assemblée nationale a consacré le naufrage de la vraie fausse majorité parlementaire de la famille politique de l’ancien Chef de l’Etat et l’émergence d’une nouvelle majorité parlementaire, contrôlée par la famille politique de l’actuel Président de la République et ses alliés.

Le Bureau provisoire de la chambre basse du Parlement, sous la conduite de son président, Mboso Nkodia Mpwanga, assisté du Rapporteur Gaël Busa et de la Rapporteuse Adjointe Aminata Amasiya est en train d’écrire une nouvelle et glorieuse page de l’histoire nationale, comme l’a relevé Félix Antoine Tshisekedi lorsqu’il l’a reçu le mercredi 09 décembre à la Cité de l’Union Africaine. Cette équipe a en effet organisé, comme promis à toute la Nation, lors de son installation, le mardi 08 décembre, des scrutins transparents, au terme desquels les urnes seules ont décidé du sort de Jeanine Mabunda et consorts.

            C’est une triste fin pour celle qui, pendant près de deux ans, a donné la nette impression de contester systématiquement les prérogatives constitutionnelles dévolues au Président de la République, en tant que Garant de la Nation et du bon fonctionnement des institutions de la République. En perpétuelle conflictualité avec le Chef de l’Etat, elle avait déclenché les hostilités au début de l’actuelle législature, en cautionnant, lors d’une séance plénière, des propos outrageants d’un député national de son parti, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), à l’endroit du Président de la République.

            Par la suite, elle s’était mise à chercher la faille, dans les ordonnances présidentielles relatives à la proclamation de l’état d’urgence sanitaire face à la pandémie du coronavirus, aux mises en place dans la magistrature et l’armée, à la nomination de trois juges à la Cour Constitutionnelle, pour l’accuser de violation de la Constitution et le mettre en accusation devant la Cour constitutionnelle, en vue d’obtenir sa destitution.

            Comme si cela ne suffisait pas, elle avait planifié, en plein confinement, un coup fourré contre son plus proche collaborateur au Bureau, l’ancien 1er vice-président Jean-Marc Kabund, par ailleurs numéro un du parti présidentiel, l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), au mépris de la procédure exigible dans l’examen d’une pétition.

            C’est encore elle qui avait tenté, en juin-juillet 2020, un passage en force pour imposer un certain Ronsard Malonda à la tête de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), contre la volonté des confessions religieuses et des organisations de la Société civile, détentrices du pouvoir de désignation du candidat à ce poste. On n’oubliera jamais l’outrage fait au Chef de l’Etat, avec le boycott de la cérémonie de prestation de serment de trois hauts magistrats de la Cour Constitutionnelle.

                                                                      Kimp

Pétition en vue de la déchéance de

l’Honorable Jeanine Mabunda Lioko,

présidente de l’Assemblée Nationale

            Nous, Députés nationaux, élus légitimes du peuple, décidons ce jour d’initier en toute responsabilité et en toute conscience une pétition en vue d’obtenir la déchéance de l’Honorable Présidente de l’Assemblée Nationale, Jeannine MABUNDA LIOKO, pour fautes graves et incompétence notoire, et ce, conformément aux dispositions des articles 25, 30 et 31 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

            Sur pied des dispositions réglementaires pré-rappelées, cette pétition est totalement recevable et amplement fondée (II).

I. DE LA RECEVABILITE

            Aux termes de l’article 31 alinéa 2, lorsque la pétition concerne le Président de l’Assemblée nationale, elle est signée par le quart au moins des membres composant l’Assemblée nationale.

            En l’espèce, la présente pétition initiée contre la Présidente de l’Assemblée nationale réunit 250 signatures.

            En conséquence, elle est amplement recevable au regard des conditions fixées à l’article pré-rappelé, étant donné que le nombre des signataires dépasse le seuil de un quart prévu par le Règlement intérieur. Aussi, la présente pétition a-t-elle le mérite de réunir plus de 250 signatures, soit au-delà de la majorité absolue. Ce qui équivaut à un désaveu total et absolu de la Présidente de l’Assemblée Nationale.

II. Du fondement de la pétitition

            L’article 25 alinéa 2 dispose ce qui suit : « Toutefois, en cas de faute grave ou d’incompétence constatée par la plénière dans l’exercice de ses fonctions, un membre du Bureau peut-être relevé par celle-ci suivant une procédure contradictoire ».

            A l’effet de justifier la rationalité de notre démarche, les griefs retenus à charge de l’Honorable Présidente Jeanine Mabunda Lioko se cristalisent autour des points ci-après :

1. De l’opacité de la gestion des Finances de l’Assemblée nationale

            Depuis la prise des fonctions de l’Honorable Présidente Jeanine Mabunda Lioko à la tête de l’Assemblée nationale, l’opacité de la gestion des finances de l’Assemblée nationale a été érigée en règne.

            En effet, les contreseings recommandés dans les opérations bancaires sur le compte de l’Assemblée nationale ont été supprimés. Ce qui dénote de la part de la Présidente, une volonté délibérée de soustraire l’Ordonnateur Délégué du circuit de finances de l’Assemblée nationale aux fins d’une gestion financière calamiteuse et prédatrice.

            Au regard de ce qui précède, la déchéance de Madame Jeanine Mabunda Lioko est une impérieuse nécessité devant épargner les finances de  l’Assemblée Nationale d’une gestion érosive et calamiteuse.

2. De l’absence d’un Règlement financier

            Le Règlement financier, outil indispensable pour une gestion saine et transparente, lequel renferme les modalités d’exécution de la dotation de l’Assemblée Nationale, n’a jamais été soumis à l’approbation de l’Assemblée plénière conformément à l’alinéa 1er de l’article 139 de son Règlement intérieur.

            Cette situation est à la base de la mégestion financière de notre chambre, visiblement organisée et entretenue par la Présidence du Bureau, et entraîne comme conséquence notamment le retard de paiement des factures des institutions hospitalières, l’accumulation d’arriérés des assistants parlementaires, des rentiers de la SESSOPA, etc.

Ainsi, ce refus délibéré et dolosif d’asseoir la gestion de l’Assemblée nationale, deuxième institution de la République, sur un Règlement financier, constitue une faute grave qui expose son auteur à la déchéance.

3. Du mépris à l’égard de la plénière, organe souverain de l’Assemblée Nationale

Aux termes de l’article 34 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le Président assure une mission générale de direction et de représentation de l’Assemblée nationale. Au point 26 de l’article précité, il a l’obligation de prendre des engagements pour le compte de l’Assemblée nationale et d’en faire rapport à la plénière.

            Contrairement aux dispositions impératives de l’article 34, l’Honorable Jeanine Mabunda Lioko s’est toujours illustrée par des initiatives personnelles, cavalières, conflictogènes et partisanes engageant l’Assemblée nationale sans que la plénière n’en soit informé ni en amont ni en aval.

            A titre illustratif, en date du 19 octobre 2020, le Président de la République a saisi le Bureau de l’Assemblée nationale, par sa lettre N°2087/10/2020, de l’organisation de la cérémonie de prestation de serment des juges de la Cour constitutionnelle dans la salle de Congrès du Palais du peuple. La présidente de l’Assemblée nationale, Honorable Jeanine Mabunda Lioko, sans en informer préalablement la Plénière, a répondu unilatéralement par écrit au Président de la République en des termes légers et discourtois, consacrant le boycott et le sabotage de cette cérémonie.

            Ce comportement indigne d’une animatrice de la deuxième institution de la République a, sans doute, jeté un discrédit sur le prestige de l’Assemblée nationale et a terni sensiblement l’image de celle-ci dans l’opinion publique.

            Ainsi, la seule façon de redorer l’image de notre Chambre et lui redonner ses lettres de noblesses c’est sans nul doute, la déchéance de l’Honorable Présidente de l’Assemblée nationale qui n’a donc pas d’égard à la plénière, organe souverain ainsi qu’à ses collègues, les députés nationaux.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •